lundi 31 octobre 2011

'Melmoth réconcilié' par Honoré de Balzac


Honoré de Balzac publie Melmoth réconcilié en 1835, au début du tome VI du Livre des Conteurs, chez l'éditeur Lequien. L’œuvre paraîtra ensuite en 1846, dans le tome XIV de la Comédie humaine chez l’éditeur Furne.

Dans Melmoth réconcilié, on retrouve les sujets balzaciens:
·         Paris
·         Le mysticisme, la rédemption
·         Le monde de la banque (et même de la Banque)
·         Le portrait d’un personnage singulier (le caissier Castanier)
·         Les femmes, qui ne sont ici que libertinage et cupidité


Le personnage de Melmoth provient du roman gothique de 1820 Melmoth, l’homme errant de l’irlandais Charles Robert Maturin. Il raconte l’histoire d’un homme vendant son âme au diable contre 150 ans de vie et qui passe le reste de ces jours à chercher quelqu’un qui reprenne le pacte.
Oscar Wilde, parent de Charles Robert Maturin, se faisait appeler Sebastian Melmoth pendant ses voyages et suite à son séjour en prison.


Dans Melmoth réconcilié, Balzac nous raconte l’histoire du caissier Castanier, qui travaille dans la banque Nucingen rue Saint-Lazare à Paris.
Rue Richer, il a installé sa maîtresse, Aquilina, dans un logement qui lui coûte cher.
Il organise alors le vol d’une grosse somme d’argent auprès de son employeur mais c’est avant sa rencontre avec Melmoth…

Ce livre est avant tout une satire: le diable est personnifié, omniscient et hideux physiquement.

Melmoth Réconcilié - Honoré de Balzac

samedi 29 octobre 2011

Georges Brassens et les amoureux de Peynet

Cela fait aujourd'hui trente ans que Georges Brassens nous a quitté.

Georges Brassens s'est inspiré des célèbres amoureux de l'illustrateur Raymond Peynet, pour composer sa chanson Les bancs publics.



Dans la vidéo suivante, on peut découvrir quelques unes des illustrations de Raymond Peynet:




et une célèbre planche de Raymond Peynet

Les amoureux de Raymond Peynet


vendredi 28 octobre 2011

Vatel de Laurent Joffé

Vatel est un film de Roland Joffé de 2000.
La bande originale est d’Ennio Morricone

L’action se déroule en 1671 au château de Chantilly mais différents châteaux ont servi au tournage de ce film.
La scène où se réunissent Colbert, Louis XIV et le prince de Condé est quant à elle, tournée dans la Galerie Dorée de l’Hôtel de Toulouse.

La guerre contre la Hollande menace mais Colbert souhaite l’éviter.
En cas de guerre, Louis XIV juge le prince de Condé le plus à même de diriger les troupes.
Par ailleurs, le prince de Condé souhaite s’attirer les faveurs du Roi et le reçoit dans son château de Chantilly pour trois jours de festivités.
Toute l'organisation de ces trois jours, repose sur François Vatel, le maître d'hôtel du prince de Condé qui va au burn-out...

Le mélange de nationalités des acteurs est intéressant car inhabituel.
Néanmoins, lorsque Madame de Montausier envoie un billet à François Vatel, était-il besoin d’écrire en anglais « Beware Lauzun » ? Dommage…

Finalement, ce film nous décrit une cour du Roi, qui ne fait que jouir des plaisirs de la vie, qui ne paie pas ses dettes et qui n’a aucune considération pour le peuple.
Un terreau pour 1789 ?

Pour l’anecdote, François Vatel aurait effectivement inventé la crème Chantilly en émulsionnant de la crème avec du sucre.

La bande-annonce du film:


Vatel - Bande annonce FR par _Caprice_

L'affiche du film:

VATEL - Roland Joffé (2000)

Cet extrait de Louis XIV et le Grand Siècle de Gonzague Saint Bris:
De son vrai nom Fritz-Karl Watel, il était né à Paris en 1631. Le métier où il exerça à la perfection son talent fut celui de pâtissier-traiteur, intendant et maître d'hôtel français, successivement au service de Nicolas Fouquet, surintendant des finances, et du prince Louis II de Bourbon-Condé. Grand organisateur de fêtes et de festins fastueux, il se distingua à Vaux-le-Vicomte puis au château de Chantilly. La fête de 1661 à Vaux-le-Vicomte, qui aurait dû consacrer son triomphe et qui fut fatale à Fouquet, fut celle de toutes les saveurs souterraines: un dîner de quatre-vingt tables avec trente buffets et cinq services de faisans, cailles, ortolans, perdrix... le tout servi dans une vaisselle en or massif pour les invités d'honneur et en argent pour le reste de la Cour. Pour l'atmosphère, les violons jouèrent la musique de Lully, surintendant de la musique du Roi. Pour le divertissement, Molière et Lully mirent en scène Les fâcheux, une comédie-ballet spécialement composée pour l'événement. Pour le dessert, Vatel s'était surpassé en créant la surprise avec cette crème fouettée et sucrée connue aujourd'hui sous le nom de "crème Chantilly"! Il est passé à la postérité comme le martyr volontaire de sa conscience professionnelle.

Les premiers bancs publics de Paris

D’origine noble, Claude Philibert Barthelot, comte de Rambuteau (1781-1869) occupe de hautes fonctions de l’Etat telles que le poste de préfet de la Seine de 1833 à 1848.

Louis-Philippe 1er est alors roi des Français.

Le préfet Rambuteau fait percer la rue qui porte son nom, pour désenclaver le quartier des Halles.
Il multiplie les fontaines, les égouts, les lanternes et les arbres.
En 1840, le comte de Rambuteau fait installer des bancs publics sur les Grands Boulevards.

Ils seront connus pour être les premiers bancs publics de Paris mais en réalité les premiers bancs publics furent installés en 1605 place Royale, l’actuelle place des Vosges.


Bancs du jardin du Luxembourg - Paris

jeudi 27 octobre 2011

Dracula de Bram Stoker

Dracula a bien existé mais il n'a rien à voir avec le Comte de Dracula décrit par Bram Stoker dans le formidable roman publié en 1897.
Son vrai nom est Vlad Tepes et il a gouverné la Valachie sur 3 périodes allant de 1448 à 1476.
Vlad reçut de son père les insignes de chevalier de l'ordre du Dragon "Dracula".

L'instabilité politique que connait le pays pendant son gouvernement est réduite en 1459:
Vlad Tepes convoque dans son palais l'élite du pays, sous couvert de banquet, et fait massacrer tout ses invités.
Puis il ordonne le massacre de 10 000 saxons accusés aussi d'être à l'origine de l'instabilité de la Valachie.

Le château de Bran, au centre de la Roumanie, est devenu un lieu touristique en référence à Dracula.
En effet, Vlad Tepes y aurait séjourné mais il n'existe aucune donnée le confirmant.

Revenons au roman.

En 1492, Vlad Dracula combat les Turques.
Sa bien-aimée, Elisabeta, reçoit une missive qui lui annonce sa mort.
Croyant Dracula mort, elle se tue en se jettant dans une rivière.
L'Eglise n'acceptant pas une suicidée, Dracula renie Dieu et l'Eglise et pactise avec le diable...

La vision des femmes dans le roman est étonnante.
Nous avons:
- Lucy, choisie par le comte de Dracula. C'est une douce et belle jeune fille.
On assiste à sa métamorphose jusqu’aux deux morts de celle-ci.
Elle devient femme-vampire aux charmes envoûtants.
- Mina, sur qui le comte de Dracula porte ensuite son choix. Elle est intelligente et courageuse
mais reste dans le stéréotype de la femme de l’époque victorienne, par exemple,
lorsqu’elle évoque ‘la nouvelle femme’ avec beaucoup de distance.
- les trois femmes-vampires qui sont le fantasme masculin de la femme séductrice et dominatrice.
Ces femmes sont peu évoquées dans le roman : elles sont là pour envoûter Jonathan Harker puis leur deuxième mort est relatée.

Ces femmes-vampires, suceuses de sang, donnent une mauvaise image des femmes et on peut affirmer que le roman de Bram Stoker est misogyne.
Bien que les femmes soient au centre de l’intrigue, comment faut-il interpréter, par exemple
"Ma douce Mina, pourquoi les hommes sont-ils si nobles et pourquoi nous, les femmes, sommes-nous si peu dignes d'eux ?"
ou bien
"Ah ! l'étonnante madame Mina ! Elle a véritablement le cerveau d'un homme - d'un homme qui serait extraordinairement doué - mais le coeur d'une femme !"?

Vlad Tepes (1431-1476)


A noter: Comédie musicale Dracula au Palais des Sports de Paris du 27 Octobre 2011 au 01 Janvier 2012...

mercredi 26 octobre 2011

'Dans Paris...' de Paul Eluard

Dans Paris...

Dans Paris il y a une rue;
Dans cette rue il y a une maison;
Dans cette maison il y a un escalier;
Dans cet escalier il y a une chambre;
Dans cette chambre il y a une table;
Sur cette table il y a un tapis;
Sur ce tapis il y a une cage;

Dans cette cage il y a un nid;
Dans ce nid il y a un œuf,
Dans cet œuf il y a un oiseau.

L'oiseau renversa l'œuf;
L'œuf renversa le nid;
Le nid renversa la cage;
La cage renversa le tapis;
Le tapis renversa la table;
La table renversa la chambre;
La chambre renversa l'escalier;
L'escalier renversa la maison;
la maison renversa la rue;
la rue renversa la ville de Paris.

Paul Eluard (1895 - 1952) Les sentiers et les routes de la poésie 1954

Ce poème mis sous forme de dessins, ce qui paraît pourtant improbable:


Dans Paris par jelenglet

sur la délicieuse musique de Last Tango in Paris...

mardi 25 octobre 2011

La princesse de Montpensier de Madame de Lafayette

La princesse de Montpensier est une nouvelle de Mme de La Fayette (1634-1693) écrite en 1662.

La princesse de Montpensier n'est pas une nouvelle historique. Bien qu'elle fasse référence à des périodes et événements de l'Histoire de France, certains personnages sont imaginaires.

Marie de Mézières est promise au duc du Maine mais amoureuse de son frère le duc de Guise, elle se marie avec le prince de Montpensier, devient amie du comte de Chabannes et rencontre le duc d'Anjou futur Henri III.
Ces cinq hommes sont amoureux d'elle, il ne pouvait en être autrement.

L'histoire se déroule pendant les guerres de religions entre Catholiques et Protestants (Huguenots).
Il est fait référence à la Bataille de Saint-Denis 1567, à la bataille de Jarnac 1569, au Siège de Poitiers 1569, ...

Il est aussi fait mention du rappel des princes catholiques dans le but d'exterminer les Huguenots,
en particulier lors de la nuit de la Saint-Barthélémy 1572 au Louvre. Volontairement, le nom de la nuit n'est pas précisé dans le livre.

Le lecteur aurait pu se passer des quelques phrases moralisatrices, qui terminent l'ouvrage...

La princesse de Montpensier
Mme de Lafayette

Les Parisiens de Claude Lelouch

Les parisiens est un film de Claude Lelouch de 2004 (distribué par Films 13, la société de production de Claude Lelouch). Le titre précis du film est Le genre humain 1ere partie : Les parisiens.

Le film est composé d'un ensemble d'histoires de parisiens. Ceux-ci vivent des succès, des échecs, des histoires d'amour, des déceptions... Le spectateur s'y perd. Une scène de décadence est d'ailleurs présentée. Elle n'apporte rien au film, au contraire...

Même si le titre du film fait référence à Paris, les histoires qui nous sont présentées auraient pu se passer n'importe où ailleurs, ...

La bande originale est de Francis Lai, qui avait déjà composé la plupart des bandes originales des films de Claude Lelouch.

La bande annonce du film:




Les Parisiens de Claude Lelouch avec Mathilde Seigner, Arielle Dombasle, Claude Lelouch, Agnès Soral, ...

lundi 24 octobre 2011

Comment l'esprit vient aux filles de Jean de la Fontaine

Il est un jeu divertissant sur tous,
Jeu dont l'ardeur souvent se renouvelle:
Ce qui m'en plaît, c'est que tant de cervelle
N'y fait besoin, et ne sert de deux clous.
Or devinez comment ce jeu s'appelle.

Vous y jouez; comme aussi faisons-nous:
Il divertit et la laide et la belle:
Soit jour, soit nuit, à toute heure il est doux;
Car on y voit assez clair sans chandelle.
Or devinez comment ce jeu s’appelle.

Le beau du jeu n’est connu de l'époux;
C'est chez l'amant que ce plaisir excelle:
De regardants pour y juger des coups,
Il n’en faut point, jamais on n’y querelle.
Or devinez comment ce jeu s’appelle.

Qu'importe-t-il ? sans s'arrêter au nom,
Ni badiner là-dessus davantage,
Je vais encor vous en dire un usage,
Il fait venir l'esprit et la raison.
Nous le voyons en mainte bestiole.
Avant que Lise allât en cette école,
Lise n’était qu'un misérable oison.
Coudre et filer c’était son exercice;
Non pas le sien, mais celui de ses doigts;
Car que l’esprit eût part à cet office,
Ne le croyez; il n’était nuls emplois
Où Lise pût avoir l'âme occupée:
Lise songeait autant que sa poupée.
Cent fois le jour sa mère lui disait:
Va-t-en chercher de l'esprit malheureuse.
La pauvre fille aussitôt s'en allait
Chez les voisins, affligée et honteuse,
Leur demandant où se vendait l'esprit.
On en riait; à la fin l'on lui dit:
Allez trouver père Bonaventure,
Car il en a bonne provision.
Incontinent la jeune créature
S'en va le voir, non sans confusion:
Elle craignait que ce ne fût dommage
De détourner ainsi tel personnage.
Me voudrait-il faire de tels présents,
A moi qui n'ai que quatorze ou quinze ans ?
Vaux-je cela ? disait en soi la belle.
Son innocence augmentait ses appas:
Amour n’avait à son croc de pucelle
Dont il crut faire un aussi bon repas.
Mon Révérend, dit-elle au béat homme
Je viens vous voir; des personnes m'ont dit
Qu’en ce couvent on vendait de l'esprit:
Votre plaisir serait-il qu'à crédit
J'en pusse avoir ? non pas pour grosse somme;
A gros achat mon trésor ne suffit:
Je reviendrai s'il m’en faut davantage:
Et cependant prenez ceci pour gage.
A ce discours, je ne sais quel anneau
Qu'elle tirait de son doigt avec peine
Ne venant point, le père dit: Tout beau
Nous pourvoirons à ce qui vous amène
Sans exiger nul salaire de vous:
Il est marchande et marchande, entre nous;
A l'une on vend ce qu'à l'autre l'on donne.
Entrez ici; suivez-moi hardiment;
Nul ne nous voit, aucun ne nous entend,
Tous sont au choeur; le portier est personne
Entièrement à ma dévotion;
Et ces murs ont de la discrétion.
Elle le suit; ils vont à sa cellule.
Mon Révérend la jette sur un lit,
Veut la baiser; la pauvrette recule
Un peu la tête; et l'innocente dit:
Quoi c'est ainsi qu'on donne de l'esprit ?
Et vraiment oui, repart Sa Révérence;
Puis il lui met la main sur le téton:
Encore ainsi ? Vraiment oui; comment donc ?
La belle prend le tout en patience:
Il suit sa pointe; et d’encor en encor
Toujours l’esprit s’insinue et s’avance,
Tant et si bien qu’il arrive à bon port.
Lise riait du succès de la chose.
Bonaventure à six moments de là
Donne d'esprit une seconde dose.
Ce ne fut tout, une autre succéda;
La charité du beau père était grande.
Et bien, dit-il, que vous semble du jeu ?
A nous venir l'esprit tarde bien peu
Reprit la belle; et puis elle demande
Mais s'il s'en va ? s’il s'en va ? nous verrons
D’autres secrets se mettent en usage
N'en cherchez point, dit Lise, davantage;
De celui-ci nous nous contenterons
Soit fait, dit-il, nous recommencerons
Au pis aller, tant et tant qu’il suffise.
Le pis aller sembla le mieux à Lise
Le secret même encor se répéta
Par le Pater; il aimait cette danse.
Lise lui fait une humble révérence;
Et s’en retourne en songeant à cela.
Lise songer ! quoi déjà Lise songe !
Elle fait plus, elle cherche un mensonge,
Se doutant bien qu’on lui demanderait,
Sans y manquer, d’où ce retard venait
Deux jours après sa compagne Nanette
S’en vient la voir pendant leur entretien
Lise rêvait: Nanette comprit bien,
Comme elle était clairvoyante et finette,
Que Lise alors ne rêvait pas pour rien.
Elle fait tant, tourne tant son amie,
Que celle-ci lui déclare le tout.
L'autre n’était à l’ouïr endormie.
Sans rien cacher, Lise de bout en bout
De point en point lui conte le mystère,
Dimensions de I’esprit du beau père,
Et les encore, enfin tout le phébé.
Mais vous, dit-elle, apprenez-nous de grâce
Quand et par qui l'esprit vous fut donné.
Anne reprit: Puisqu'il faut que je fasse
Un libre aveu, c'est votre frère Alain
Qui m'a donné de l'esprit un matin.
Mon frère Alain ! Alain ! s’écria Lise,
Alain mon frère ! ah je suis bien surprise;
Il n'en a point; comme en donnerait-il ?
Sotte, dit l'autre, hélas tu n’en sais guère:
Apprends de moi que pour pareille affaire
Il n'est besoin que l'on soit si subtil.
Ne me crois-tu ? sache-le de ta mère;
Elle est experte au fait dont il s'agit;
Si tu ne veux, demande au voisinage;
Sur ce point-là l'on t’aura bientôt dit:
Vivent les sots pour donner de l'esprit.
Lise s’en tint à ce seul témoignage,
Et ne crut pas devoir parler de rien.
Vous voyez donc que je disais fort bien
Quand je disais que ce jeu-là rend sage.

'Au Royaume d'Alexandre le Grand' au Musée du Louvre

L' exposition Au royaume d’Alexandre le Grand au musée du Louvre présente l’histoire de la Macédoine antique. La période présentée va du XVe siècle av JC jusqu'au IIe siècle de notre ère.

Le musée du Louvre a réuni dans cette exposition des éléments provenant de:
-          la Bibliothèque Nationale de France (nombreuses pièces de monnaie)
-          le Musée archéologique de Thessalonique
-          le Musée archéologique de Pella
-          le Musée du Louvre, qui présente des stèles et urnes funéraires. Elles proviennent des missions de Léon Heuzey et d’Honoré Daumet (env. 1860).

Près de 500 objets sont présentés. Beaucoup sont liés aux arts funéraires car ils étaient placés dans les tombes: bijoux, épingles, boucliers, épées, gobelets, vases, ... et donc conservés.
On note la finesse des couronnes mortuaires présentées. L’une d’elles, découverte en 2008, proviendrait de la tombe d’Heraclès, fils d’Alexandre le Grand.

En fin d’exposition, le Louvre nous présente ce qu’était la Colonnade Incantada.
Les éléments proviennent, pour partie, de la mission d’Emmanuel Miller de 1865.

Hélas, du fait d’une panne, les visiteurs n’avaient pas accès aux films ce 23 octobre…
Enfin, l'exposition ne fait pas ressortir l'homme exceptionnel et le fin stratège qu'était Alexandre le Grand (ce qu'on pouvait espérer du fait du titre de l'exposition...).

Plus de détails sur cette exposition http://bit.ly/t8eEqU

Au Royaume d'Alexandre le Grand
Musée du Louvre - Paris

Au Royaume d'Alexandre le Grand
Musée du Louvre - Paris

Au Royaume d'Alexandre le Grand
Musée du Louvre - Paris


Exposition Au royaume d’Alexandre le Grand au Musée du Louvre du 13 octobre 2011 au 12 janvier 2012.

dimanche 23 octobre 2011

FIAC 2011 Paris

La FIAC 2011 (Foire Internationale d'Art Contemporain) s'est tenue au Grand Palais du 20 au 23 octobre 2011.

Pour la sixième année consécutive, la FIAC a installé une vingtaine d'oeuvres dans le jardin des Tuileries.



Cette année, la FIAC a aussi disposé une douzaine d'oeuvres au jardin des plantes.


Quelques photos de cette exposition Hors les murs:

Jardin des Tuileries FIAC 2011 Paris


Jardin des Tuileries FIAC 2011 Paris

Jardin des Tuileries FIAC 2011 Paris

Jardin des Tuileries FIAC 2011 Paris

Jardin des Tuileries FIAC 2011 Paris
Jardin des Tuileries FIAC 2011 Paris

Plus de détails sur les oeuvres présentées http://bit.ly/rrC2mh

samedi 22 octobre 2011

Molière de Laurent Tirard

Molière est une comédie de Laurent Tirard, réalisée en 2007.
Cette comédie présente une partie méconnue de la vie de Molière.
Il s'agit donc d'une fiction, qui fait référence à quelques éléments connus de la vie de Jean-Baptiste Poquelin.

L'histoire se déroule aux environs de 1645, Molière a 23 ans.
Il arrive dans la famille de M. Jourdain.
Les protagonistes habituels des pièces de Molière sont mis en scène: l'homme trompé, la jeune fille amoureuse qui subit un mariage forcé, le manipulateur, ...

Les noms des protagonistes sont aussi empruntés aux pièces de Molière: Monsieur Jourdain, Dorante, Celimène, Tartuffe, ...

On note la réticence de Molière pour la comédie
"la comédie (...) ne repose que sur de grossiers effets mécaniques
alors que la tragédie elle, explore l'infinie complexité de l'âme humaine"
et comment, convaincu par la femme qu'il aime, il se tourne pourtant vers ce type de théâtre.

Le film a été tourné dans divers lieux: Château de Versailles, Château de Courances (Essonne), Le Mans, Paris, ...

La bande annonce de Molière de Laurent Tirard



Les acteurs principaux:
Romain Duris joue Molière et se fait appeler Tartuffe
Fabrice Luchini joue Monsieur Jourdain
Laura Morante joue Elmire
Édouard Baer joue Dorante
Ludivine Sagnier joue Célimène

L'affiche du film:
Molière Laurent Tirard 2007
avec Romain Duris


A noter: exposition au Petit Palais La Comédie-Française s'expose du 13 octobre 2011 au 15 janvier 2012 http://bit.ly/oCIhQz



vendredi 21 octobre 2011

Les noces de Suse: Alexandre le Grand et Stateira

Dans le cadre de ses conquêtes de territoires orientaux, Alexandre le Grand ordonne en 325 av JC des noces, entre ses troupes macédoniennes et des femmes perses ou iraniennes.
Ces noces ont pour but de rapprocher les populations et ainsi légitimer l'unité du royaume.

Il épouse alors Stateira, une fille de Darius III. Celui-ci avait été tué cinq ans auparavant.
Alexandre se marie aussi, lors de ces noces, avec Parysatis, une fille du roi de Perse Artaxerxès III.

Stateira connaît un destin tragique. Dès la mort d'Alexandre le Grand en juin 323 av JC, elle est exécutée sur ordre de Roxane, autre épouse d'Alexandre.
Stateira est peut-être enceinte et Roxane, l'étant aussi, souhaite seule, mettre au monde
l'héritier d'Alexandre le Grand.

Les noces de Suse dans le cadre des conquêtes d'Alexandre le Grand:



Une fresque pompéienne représentant le mariage de Stateira et d'Alexandre:

Alexandre le Grand et Stateira - Fresque Pompéienne


A noter: exposition 'Au royaume d'Alexandre le Grand' au musée du Louvre du 13 octobre 2011 au 16 janvier 2012

jeudi 20 octobre 2011

La bataille de Gaugamèles: Alexandre le grand contre Darius III

Alexandre le Grand a livré, dans sa courte vie, quatre batailles fameuses:
- Granique
- Issos
- Gaugamèles
- Hydaspe.

La bataille de Gaugamèles eut lieu en 331 av JC dans un territoire qui correspond aujourd'hui au Nord de l'Irak.
L'armée d'Alexandre le Grand, forte de 40 000 hommes, vaincut celle de Darius III, composée elle de 300 000 hommes.

La victoire reposa sur la formation des fantassins mais aussi et surtout sur les compétences stratégiques d'Alexandre.


Cette victoire marqua la chute de Darius III.

Bataille d'Arbèles - Lebrun - Musée du Louvre - Paris

A noter: exposition 'Au royaume d'Alexandre le Grand' au musée du Louvre du 13 octobre 2011 au 16 janvier 2012

mardi 18 octobre 2011

Alexandre le Grand de Jean Racine

Alexandre le Grand est une tragédie de Jean Racine.
Elle fut écrite en 1665 et présentée au Théâtre du Palais-Royal à Paris, la même année.

Alexandre le grand dans sa marche vers l'Indus, livre la bataille de l'Hydaspe en 326 av JC contre le roi Porus.

Voici quelques extraits de cette tragédie.

Les personnages
Alexandre
Porus, roi dans les Indes. Il aime Axiane.
Taxile, roi dans les Indes. Il aime aussi Axiane.
Axiane, reine dans les Indes.
Cléofile, sœur de Taxile. Elle aime Alexandre.
Éphestion

La tragédie
Alexandre jouit d'une réputation de conquérant absolu.






Cléofile
"Quoi ? vous allez combattre un roi dont la puissance
Semble forcer le ciel à prendre sa défense,
Sous qui toute l’Asie a vu tomber ses rois,
Et qui tient la fortune attachée à ses lois ?
Mon frère, ouvrez les yeux pour connaître Alexandre :
Voyez de toutes parts les trônes mis en cendre,
Les peuples asservis, et les rois enchaînés ;
Et prévenez les maux qui les ont entraînés."


La bataille d'Hydaspe va avoir lieu.
Taxile propose à Porus d'éviter la bataille en flattant Alexandre.





Taxile
"Taxile propose à Porus d'éviter la bataille:
Seigneur, sans se montrer lâche ni téméraire,
Par quelque vain hommage on peut le satisfaire.
Flattons par des respects ce prince ambitieux"


Porus, par honneur et amour, souhaite livrer bataille.





Porus
"Afin que par moi seul les mortels secourus,
S’ils sont libres, le soient de la main de Porus,
Et qu’on dise partout, dans une paix profonde :
« Alexandre vainqueur eût dompté tout le monde ;
Mais un roi l’attendait au bout de l’univers,
Par qui le monde entier a vu briser ses fers."


Porus à Axiane
"C’est vous, je m’en souviens, dont les puissants appas
Excitaient tous nos rois, les traînaient aux combats,
Et de qui la fierté, refusant de se rendre,
Ne voulait pour amant qu’un vainqueur d’Alexandre."


La bataille a lieu, Alexandre est vainqueur et Porus est compté pour mort.
Taxile rencontre Alexandre et lui abandonne sa soeur.





Taxile
"Oui, ma sœur, j’ai vu votre Alexandre.
D’abord ce jeune éclat qu’on remarque en ses traits
M’a semblé démentir le nombre de ses faits.
Mon cœur plein de son nom, n’osait, je le confesse,
Accorder tant de gloire avec tant de jeunesse ;
Mais de ce même front l’héroïque fierté,
Le feu de ses regards, sa haute majesté,
Font connaître Alexandre ; et certes son visage
Porte de sa grandeur l’infaillible présage,
Et sa présence auguste appuyant ses projets,
Ses yeux comme son bras font partout des sujets.
Il sortait du combat. Ébloui de sa gloire,
Je croyais dans ses yeux voir briller la Victoire.
Toutefois à ma vue oubliant sa fierté,
Il a fait à son tour éclater sa bonté.
Ses transports ne m’ont point déguisé sa tendresse :
« Retournez, m’a-t-il dit, auprès de la princesse,
Disposez ses beaux yeux à revoir un vainqueur
Qui va mettre à ses pieds sa victoire et son cœur. »
Il marche sur mes pas. Je n’ai rien à vous dire,
Ma sœur : de votre sort je vous laisse l’empire ;
Je vous confie encor la conduite du mien."


Alexandre offre le territoire conquis à Taxile.





Alexandre
"Seigneur, est-il donc vrai qu’une reine aveuglée
Vous préfère d’un roi la valeur déréglée ?
Mais ne le craignez point : son empire est à vous ;
D’une ingrate à ce prix fléchissez le courroux.
Maître de deux États, arbitre des siens mêmes,
Allez avec vos vœux offrir trois diadèmes.
Alexandre décrit la mort de Porus au combat.
Porus était sans doute un rival magnanime :
Jamais tant de valeur n’attira mon estime ;
Dans l’ardeur du combat je l’ai vu, je l’ai joint,
Et je puis dire encor qu’il ne m’évitait point :
Nous nous cherchions l’un l’autre. Une fierté si belle
Allait entre nous deux finir notre querelle,
Lorsqu’un gros de soldats, se jetant entre nous,
Nous a fait dans la foule ensevelir nos coups."


Porus est finalement vivant car Alexandre a demandé sa protection.





Cléofile
"Allez donc, retournez sur le champ de bataille ;
Ne laissez point languir l’ardeur qui vous travaille.
À quoi s’arrête ici ce courage inconstant ?
Courez : on est aux mains, et Porus vous attend."


Taxile
"Quoi ? Porus n’est point mort ? Porus vient de paraître ?"


Alexandre à Axiane
"Non, Madame, mes soins ont assuré sa vie.
Son retour va bientôt contenter votre envie.
Vous le verrez."


Taxile est tué au combat.





Axiane
"Oui, Seigneur, écoutez les pleurs de Cléofile.
Je la plains. Elle a droit de regretter Taxile :
Tous ses efforts en vain l’ont voulu conserver ;
Elle en a fait un lâche, et ne l’a pu sauver.
Ce n’est point que Porus ait attaqué son frère ;
Il s’est offert lui-même à sa juste colère."


Etonné par le courage de Porus, Alexandre lui offre l'ensemble des territoires qu'il vient de conquérir.






Alexandre
"Eh bien ! c’est donc en roi qu’il faut que je vous traite.
Je ne laisserai point ma victoire imparfaite ;
Vous l’avez souhaité, vous ne vous plaindrez pas.
Régnez toujours, Porus : je vous rends vos États ;
Avec mon amitié recevez Axiane"


Porus
"Seigneur, jusqu’à ce jour l’univers en alarmes
Me forçait d’admirer le bonheur de vos armes ;
Mais rien ne me forçait, en ce commun effroi,
De reconnaître en vous plus de vertu qu’en moi.
Je me rends ; je vous cède une pleine victoire.
Vos vertus, je l’avoue, égalent votre gloire.
Allez, Seigneur : rangez l’univers sous vos lois ;
Il me verra moi-même appuyer vos exploits.
Je vous suis, et je crois devoir tout entreprendre
Pour lui donner un maître aussi grand qu’Alexandre."


Alexandre, fils de Philippe de Macédoine
Musée du Louvre Paris 

Quelques aphorismes d'Oscar Wilde

"Tout portrait qu'on peint avec âme est un portrait, non du modèle mais de l'artiste."

"Vous, vous aimez tout le monde; autant dire que vous n'aimez personne."

"Vous savez que je ne suis pas un champion du mariage. Il a le grand tort de tuer en nous l'égoïsme. Sans l'égoïsme, les gens sont incolores."

"Les émotions des gens qu'on a cessé d'aimer paraissent toujours un peu ridicules."

"Seules ont la vie longue les peines légères et les légères amours. Les amours et les peines profondes succombent à leur propre plénitude."

"Les mots ! Rien que des mots ! Mais qu’ils étaient donc redoutables ! Qu’ils étaient clairs, vifs et cruels ! On ne pouvait leur échapper. Et pourtant ils contenaient une magie subtile. Ils semblaient capables de donner une forme plastique à des choses informes et de répandre une musique à eux, aussi douce que celle de la viole ou du luth. Rien que des mots ! Y a-t-il rien de plus réel que les mots ?"

"Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais"


Oscar Wilde

Le portait de Dorian Gray d'Oscar Wilde - Extrait

Ci-dessous un extrait de l'ouvrage Le portrait de Dorian Gray.

Il se mit à étudier les parfums, et les secrets de leur confection, distillant lui-même des huiles puissamment parfumées, ou brûlant d'odorantes gommes venant de l'Orient. Il comprit qu'il n'y avait point de disposition d'esprit qui ne trouva sa contrepartie dans la vie sensorielle, et essaya de découvrir leurs relations véritables; ainsi l'encens lui sembla l'odeur des mystiques et l'ambregris, celle des passionnés; la violette évoque la mémoire des amours défuntes, le musc rend dément et le champac pervertit l'imagination. Il tenta souvent d'établir une psychologie des parfums, et d'estimer les diverses influences des racines douces-odorantes, des fleurs chargées de pollen parfumé, des baumes aromatiques, des bois de senteur sombres, du nard indien qui rend malade, de l'hovenia qui affole les hommes, et de l'aloès dont il est dit qu'il chasse la mélancolie de l'âme.

D'autres fois, il se dévouait entièrement à la musique et dans une longue chambre treillissée, au plafond de vermillon et d'or, aux murs de laque vert olive, il donnait d'étranges concerts où de folles gypsies tiraient une ardente musique de petites cithares, où de graves Tunisiens aux tartans jaunes arrachaient des sons aux cordes tendues de monstrueux luths, pendant que des nègres ricaneurs battaient avec monotonie sur des tambours de cuivre, et qu'accroupis sur des nattes écarlates, de minces Indiens coiffés de turbans soufflaient dans de longues pipes de roseau ou d'airain, en charmant, ou feignant de charmer, d'énormes serpents à capuchon ou d'horribles vipères cornues.

Les âpres intervalles et les discords aigus de cette musique barbare le réveillaient quand la grâce de Schubert, les tristesses belles de Chopin et les célestes harmonies de Beethoven ne pouvaient l'émouvoir.

Il recueillit de tous les coins du monde les plus étranges instruments qu'il fut possible de trouver, même dans les tombes des peuples morts ou parmi les quelques tribus sauvages qui ont survécu à la civilisation de l'Ouest, et il aimait à les toucher, à les essayer.

Il possédait le mystérieux juruparis des Indiens du Rio Negro qu'il n'est pas permis aux femmes de voir, et que ne peuvent même contempler les jeunes gens que lorsqu'ils ont été soumis au jeûne et à la flagellation, les jarres de terre des Péruviens dont on tire des sons pareils à des cris perçants d'oiseaux, les flûtes faites d'ossements humains pareilles à celles qu'Alfonso de Olvalle entendit au Chili, et les verts jaspes sonores que l'on trouve près de Cuzco et qui donnent une note de douceur singulière.

Il avait des gourdes peintes remplies de cailloux, qui résonnaient quand on les secouait, le long clarin des Mexicains dans lequel le musicien ne doit pas souffler, mais en aspirer l'air, le ture rude des tribus de l'Amazone, dont sonnent les sentinelles perchées tout le jour dans de hauts arbres et que l'on peut entendre, dit-on, à trois lieues de distance; le teponaztli aux deux langues vibrantes de bois, que l'on bat avec des joncs enduits d'une gomme élastique obtenu du suc laiteux des plantes; des cloches d'Astèques, dites yolt, réunies en grappes, et un gros tambour cylindrique, couvert de peaux de grands serpents semblables à celui que vit Bernal Diaz quand il entra avec Cortez dans le temple mexicain, et dont il nous a laissé du son douloureux une si éclatante description.

Le caractère fantastique de ces instruments le charmait, et il éprouva un étrange bonheur à penser que l'art comme la nature, avait ses monstres, choses de formes bestiales aux voix hideuses.

Cependant, au bout de quelque temps, ils l'ennuyèrent, et il allait dans sa loge à l'Opéra, seul ou avec lord Henry, écouter, extasié de bonheur, le Tannhauser, voyant dans l'ouverture du chef-d'oeuvre comme le prélude de la tragédie de sa propre âme.

La fantaisie des joyaux le prit, et il apparut un jour dans un bal déguisé en Anne de Joyeuse, amiral de France, portant un costume couvert de cinq cent soixante perles. Ce goût l'obséda pendant des années, et l'on peut croire qu'il ne le quitta jamais.

Il passait souvent des journées entières, rangeant et dérangeant dans leurs boîtes les pierres variées qu'il avait réunies, par exemple, le chrysobéryl vert olive qui devient rouge à la lumière de la lampe, le cymophane aux fils d'argent, le péridot couleur pistache, les topazes roses et jaunes, les escarboucles d'un fougueux écarlate aux étoiles tremblantes de quatre rais, les pierres de cinnamome d'un rouge de flamme, les spinelles oranges et violacées et les améthystes aux couches alternées de rubis et de saphyr.

Il aimait l'or rouge de la pierre solaire, la blancheur perlée de la pierre de lune, et l'arc-en-ciel brisé de l'opale laiteuse. Il fit venir d'Amsterdam trois émeraudes d'extraordinaire grandeur et d'une richesse incomparable de couleur, et il eut une turquoise de la vieille roche qui fit l'envie de tous les connaisseurs.

Il découvrit aussi de merveilleuses histoires de pierreries.... Dans la «Cléricalis Disciplina» d'Alphonso, il est parlé d'un serpent qui avait des yeux en vraie hyacinthe, et dans l'histoire romanesque d'Alexandre, il est dit que le conquérant d'Emathia trouva dans la vallée du Jourdain des serpents «portant sur leurs dos des colliers d'émeraude.»

Philostrate raconte qu'il y avait une gemme dans la cervelle d'un dragon qui faisait que «par l'exhibition de lettres d'or et d'une robe de pourpre» on pouvait endormir le monstre et le tuer.

Selon le grand alchimiste, Pierre de Boniface, le diamant rendait un homme invisible, et l'agate des Indes le faisait éloquent. La cornaline apaisait la colore, l'hyacinthe provoquait le sommeil et l'améthyste chassait les fumées de l'ivresse. Le grenat mettait en fuite les démons et l'hydropicus faisait changer la lune de couleur. La sélénite croissait et déclinait de couleur avec la lune, et le meloceus, qui fait découvrir les voleurs, ne pouvait être terni que par le sang d'un chevreau.

Léonardus Camillus a vu une blanche pierre prise dans la cervelle d'un crapaud nouvellement tué, qui était un antidote certain contre les poisons; le bezoard que l'on trouvait dans le coeur d'une antilope était un charme contre la peste; selon Democritus, les aspilates que l'on découvrait dans les nids des oiseaux d'Arabie, gardaient leurs porteurs de tout danger venant du feu.

Le roi de Ceylan allait à cheval par la ville avec un gros rubis dans sa main, pour la cérémonie de son couronnement. Les portes du palais de Jean-le-Prêtre étaient «faites de sardoines, au milieu desquelles était incrustée la corne d'une vipère cornue, ce qui faisait que nul homme portant du poison ne pouvait entrer.» Au fronton, l'on voyait «deux pommes d'or dans lesquelles étaient enchâssées deux escarboucles» de sorte que l'or luisait dans le jour et que les escarboucles éclairaient la nuit.

Dans l'étrange roman de Lodge «Une perle d'Amérique» il est écrit que dans la chambre de la reine, on pouvait voir «toutes les chastes femmes du monde, vêtues d'argent, regardant à travers de beaux miroirs de chrysolithes, d'escarboucles, de saphyrs et d'émeraudes vertes». Marco Polo a vu les habitants du Zipango placer des perles roses dans la bouche des morts.

Un monstre marin s'était enamouré de la perle qu'un plongeur rapportait au roi Perozes, avait tué le voleur, et pleuré sept lunes sur la perte du joyau. Quand les Huns attirèrent le roi dans une grande fosse, il s'envola, Procope nous raconte, et il ne fut jamais retrouvé bien que l'empereur Anastasius eut offert cinq cent tonnes de pièces d'or à qui le découvrirait.... Le roi de Malabar montra à un certain Vénitien un rosaire de trois cent quatre perles, une pour chaque dieu qu'il adorait.

Quand le duc de Valentinois, fils d'Alexandre VI, fit visite à Louis XII de France, son cheval était bardé de feuilles d'or, si l'on en croit Brantôme, et son chapeau portait un double rang de rubis qui répandaient une éclatante lumière. Charles d'Angleterre montait à cheval avec des étriers sertis de quatre cent vingt et un diamants. Richard II avait un costume, évalué à trente mille marks, couvert de rubis balais.

Hall décrit Henry VIII allant à la Tour avant son couronnement, comme portant «un pourpoint rehaussé d'or, le plastron brodé de diamants et autres riches pierreries, et autour du cou, un grand baudrier enrichi d'énormes balais.»

Les favoris de Jacques Ier portaient des boucles d'oreilles d'émeraudes retenues par des filigranes d'or. Edouard II donna à Piers Gaveston une armure d'or rouge semée d'hyacinthes, un collier de roses d'or serti de turquoises et un heaume emperlé.... Henry II portait des gants enrichis de pierreries montant jusqu'au coude et avait un gant de fauconnerie cousu de vingt rubis et de cinquante-deux perles. Le chapeau ducal de Charles le Téméraire, dernier duc de Bourgogne, était chargé de perles piriformes et semé de saphyrs.

Quelle exquise vie que celle de jadis! Quelle magnificence dans la pompe et la décoration! Cela semblait encore merveilleux à lire, ces fastes luxueux des temps abolis!

Puis il tourna son attention vers les broderies, les tapisseries, qui tenaient lieu de fresques dans les salles glacées des nations du Nord. Comme il s'absorbait dans ce sujet—il avait toujours eu une extraordinaire faculté d'absorber totalement son esprit dans quoi qu'il entreprît—il s'assombrit à la pensée de la ruine que le temps apportait sur les belles et prestigieuses choses. Lui, toutefois, y avait échappé....

Les étés succédaient aux étés, et les jonquilles jaunes avaient fleuri et étaient mortes bien des fois, et des nuits d'horreur répétaient l'histoire de leur honte, et lui n'avait pas changé!... Nul hiver n'abîma sa face, ne ternit sa pureté florale. Quelle différence avec les choses matérielles! Où étaient-elles maintenant?

Où était la belle robe couleur de crocus, pour laquelle les dieux avaient combattu les géants, que de brunes filles avaient tissé pour le plaisir d'Athéné?... Où, l'énorme velarium que Néron avait tendu devant le Colisée de Rome, cette voile titanesque de pourpre sur laquelle étaient représentés les cieux étoilés et Apollon conduisant son quadrige de blancs coursiers aux rênes d'or?...

Il s'attardait à regarder les curieuses nappes apportées pour le Prêtre du Soleil, sur lesquelles étaient déposées toutes les friandises et les viandes dont on avait besoin pour les fêtes, le drap mortuaire du roi Chilpéric brodé de trois cents abeilles d'or, les robes fantastiques qui excitèrent l'indignation de l'évêque de Pont, où étaient représentés «des lions, des panthères, des ours, des dogues, des forêts, des rochers, des chasseurs, en un mot tout ce qu'un peintre peut copier dans la nature» et le costume porté une fois par Charles d'Orléans dont les manches étaient adornées des vers d'une chanson commençant par

Madame, je suis tout joyeux....

L'accompagnement musical des paroles était tissé en fils d'or, et chaque note ayant la forme carrée du temps, était faite de quatre perles....

Il lut la description de l'ameublement de la chambre qui fut préparée à Rheims pour la Reine Jeanne de Bourgogne; «elle était décorée de treize cent vingt et un perroquets brodés et blasonnés aux armes du Roi, en plus de cinq cent soixante et un papillons dont les ailes portaient les armes de la reine, le tout d'or».

Catherine de Médicis avait un lit de deuil fait pour elle de noir velours parsemé de croissants de lune et de soleils. Les rideaux en étaient de damas; sur leur champ or et argent étaient brodés des couronnes de verdure et des guirlandes, les bords frangés de perles, et la chambre qui contenait ce lit était entourée de devises découpées dans un velours noir et placées sur un fond d'argent. Louis XIV avait des cariatides vêtues d'or de quinze pieds de haut dans ses palais.

Le lit de justice de Sobieski, roi de Pologne, était fait de brocard d'or de Smyrne cousu de turquoises, et dessus, les vers du Koran. Ses supports étaient d'argent doré, merveilleusement travaillé, chargés à profusion de médaillons émaillés ou de pierreries. Il avait été pris près de Vienne dans un camp turc et l'étendard de Mahomet avait flotté sous les ors tremblants de son dais.

Pendant toute une année, Dorian se passionna à accumuler les plus délicieux spécimens qu'il lui fut possible de découvrir de l'art textile et de la broderie; il se procura les adorables mousselines de Delhi finement tissées de palmes d'or et piquées d'ailes iridescentes de scarabées; les gazes du Dekkan, que leur transparence fait appeler en Orient air tissé, eau courante ou rosée du soir; d'étranges étoffes historiées de Java; de jaunes tapisseries chinoises savamment travaillées; des livres reliés en satin fauve ou en soie d'un bleu prestigieux, portant sur leurs plats des fleurs de lys, des oiseaux, des figures; des dentelles au point de Hongrie, des brocards siciliens et de rigides velours espagnols; des broderies georgiennes aux coins dorés et des Foukousas japonais aux tons d'or vert, pleins d'oiseaux aux plumages multicolores et fulgurants.


Oscar Wilde

lundi 17 octobre 2011

Alexandre le Grand et Bucéphale

Bucéphale est le nom du cheval d'Alexandre le Grand.
Plus qu'un cheval, il fut le compagnon d'Alexandre lors des conquêtes qui le menèrent de la Grèce
à l'Indus.

Bucéphale meurt, à l'âge de 30 ans, en 326 av JC, lors d'une bataille contre le roi indien Porus.

Plutarque et Arrien ont laissé des écrits faisant référence à Bucéphale.
Ce passage reprend ces écrits pour nous présenter le domptage de Bucéphale par Alexandre le Grand:



A noter: exposition 'Au royaume d'Alexandre le Grand' au musée du Louvre du 13 octobre 2011 au 16 janvier 2012

dimanche 16 octobre 2011

Fulgence Bienvenüe, père du métro parisien

Fulgence Bienvenüe (1852 Uzel - 1936 Paris) fut le créateur du métro parisien.

Polytechnicien et ingénieur des ponts et chaussées, Fulgence Bienvenue démarre sa carrière dans l'Orne et en Mayenne. Il perd un bras lors d'un accident sur un chantier SNCF.

En 1884, il décide de revenir à Paris. Affecté à une section de contrôle de l’exploitation des chemins de fer de l’Est, il fait construire la ligne Paris - Strasbourg jusqu’à Épernay.
Affecté ensuite au service municipal de la ville de Paris, il devient en 1886 responsable d'une section du service municipal de la voie publique. Il fait percer l’avenue de la République dans le 20e arrondissement et aménage le parc des Buttes-Chaumont.
Il conçoit le tramway funiculaire de Belleville et l'inaugure en septembre 1890.

En 1895, il réalise avec Edmond Huet une ébauche de projet de réseau de chemin de fer métropolitain pour Paris.
L’exposition universelle de 1900 nécessite la concrétisation rapide du projet de métro, pour le transport des visiteurs. Les travaux sont lancés dès 1898.
La première ligne relie la porte de Vincennes à la porte Maillot. Elle est inaugurée le 19 juillet 1900 par Fulgence Bienvenüe.

En 1933, le conseil de Paris donne son nom à la station 'Montparnasse – Bienvenüe'.

Les salariés de la RATP ont rendu hommage au "père du métro" à l'occasion du centenaire de l'inauguration de la ligne 1:




samedi 15 octobre 2011

Arrêt de mort contre Louis Capet par Olympe de Gouges

Olympe de Gouges (1748 Montauban - 3 novembre 1793 Paris) est une femme de lettres et femme politique.

Elle a laissé de nombreux écrits sur:
- l’instauration du divorce (qui fut alors adopté)
- l'abolition de la peine de mort
- le droit de vote pour les femmes
- l'abolition de l'esclavage (elle créa une pièce de théâtre L'esclavage des noirs)
- l'association des femmes aux débats politiques
- le remplacement du mariage religieux par un contrat civil signé entre concubins et prenant en compte les enfants naturels (un pacs?)...

En 1791, en s'adressant à Marie-Antoinette, elle rédige une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, à l'image de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789.

En 1792, Olympe de Gouges propose, sans succès, d'aider Malesherbes dans la défense de Louis XVI devant la Convention.

Par l'intermédiaire du marquis de Condorcet, elle rejoint les Girondins en 1792.

En janvier 1793, elle compose Arrêt de mort contre Louis Capet dans lequel elle demande la mort de Louis XVI et de sa famille mais évoque aussi la possibilité de lui laisser la vie sauve:
'offrez la grâce de ce criminel, à la condition [que les puissances ennemies] reconnaitront par une démarche solennelle à la république française indépendante'
Ce document est contradictoire avec l'idée de l'abolition de la peine de mort qu'elle a pourtant défendu.
Le texte complet ici http://bit.ly/pv2Bdt .

En 1793 et en pleine Terreur, elle s’en prend aux Montagnards (Marat, Robespierre, ...) qui voudraient instaurer une dictature montagnarde.
Ceux-ci profitent d'une de ses affiches nommée Les Trois urnes ou le Salut de la patrie pour
l'envoyer à la guillotine le 3 novembre 1793.

Olympe de Gouges

vendredi 14 octobre 2011

'Allons-y chochotte' par Erik Satie

Erik Satie (1866 Honfleur, 1925 Paris) est un compositeur et pianiste français.
En 1887, il s’installe à Montmartre et rencontre différents cercles d'artistes écrivains (Stéphane Mallarmé, Paul Verlaine, ...), musiciens et peintres.
En particulier, en 1890,  il fait la connaissance de Claude Debussy, qui restera son ami proche.

En 1893, Erik Satie est amoureux de l’artiste peintre Suzanne Valadon mais cette relation ne dure que quelques mois.

En 1915, il rencontre Jean Cocteau. Leur amitié donne naissance à un groupe de compositeurs dit Groupe des Six:
Georges Auric, Louis Durey, Arthur Honegger, Darius Milhaud, Francis Poulenc et Germaine Tailleferre.
Ce groupe sera à l'origine de deux oeuvres: l'Album des Six et les mariés de la Tour Eiffel.

On connait les Gymnopédies (1888) et les Gnossiennes (1890) mais Erik Satie a aussi écrit, en tant qu'artiste de cabaret, des mélodies frivoles accompagnant des textes humoristiques.

C'est le cas de Allons-y chochotte composé en 1905.



Lorsque je vis Chochotte,
Elle me plut carrément
J’lui dis: “Êtes-vous mascotte ?”
“Mais monsieur certainement.”

“Alors sans plus attendre
Je veux être votre époux.”
Elle répond d’un air tendre :
“Je veux bien être à vous,
Mais pour cela, il vous faudra
Demander ma main à papa.“

Allons-y Chochotte, Chochotte... Allons-y Chochotte, Chochotte allons-y.

Le soir du mariage,
Une fois rentrés chez nous,
J’prends la fleur de son corsage
Je fourre mon nez partout.
”Alors” me dit ma femme,
“Avant tout écoute-moi
J’vais couronner ta flamme.
Puisque tu m’aimes, prends-moi.
Mais pour cela il te faudra
Ne pas m’chatouiller sous le bras.”

Allons-y Chochotte, Chochotte... Allons-y Chochotte, Chochotte allons-y.

V’là qu’au moment d’bien faire,
On entend sur l’boul’vard
Un refrain populaire
Et comme un bruit d’pétards
C’est une sérénade
Que donnent en notre honneur
Une bande de camarades
Qui travaillent tous en choeur,
S’accompagnant des instruments
En carton, à cordes ou à vent.

Allons-y Chochotte, Chochotte... Allons-y Chochotte, Chochotte allons-y.

Le lendemain, Chochotte
Me dit : “Mon p’tit Albert,
J’veux un fils qui dégote
Mozart et Meyerbeer.
Pour en faire un prix de Rome
T’achèteras un phono
Que tu r’mont’ras mon petit homme
Au moment psycholo et l’on march’ra
De ce moment là, comme ton cylindre
L’indiquera.”

Allons-y Chochotte, Chochotte... Allons-y Chochotte, Chochotte allons-y.

Neuf mois après, Chochotte
Me rend papa d’un garçon.
“Ah !,” s’écrie “Saperlotte !”
La sag’femme
“Que vois-j’donc ?”
“Qu’avez-vous donc, Madame ?
Pourquoi crier si haut ?”
Lui demanda ma femme.
N’a-t-il pas tout ce qu’il faut ?“
“Oui, mais voilà, on peut lir’là
Sur son p’tit nombril c’refrain-là :

Allons-y Chochotte, Chochotte... Allons-y Chochotte, Chochotte allons-y.




Erik Satie peint par Suzanne Valadon
lors de leur histoire d'amour - 1893


jeudi 13 octobre 2011

'Une rue de Paris et son habitant' par Honoré de Balzac

Ecrit en 1845 par Honoré de Balzac, ce texte nous fait visiter Paris et découvrir un parisien du XIXe siècle.

L'auteur situe l’action en 1827.
"Paris a des rues courbes, des rues qui serpentent ; mais peut-être ne compte-t-il que la rue Boudreau, dans la Chaussée-d’Antin, et, près du Luxembourg, la rue Duguay-Trouin, qui figurent exactement une équerre.
La rue Duguay-Trouin étend une de ses deux branches sur la rue de l’Ouest, et l’autre sur la rue de Fleurus.
En 1827, la rue Duguay-Trouin n’était pavée ni d’un côté ni de l’autre ; elle n’était éclairée ni à son angle rentrant, ni à ses bouts. Peut-être encore aujourd’hui n’est-elle ni pavée ni éclairée."

Balzac décrit ensuite son parisien, le professeur Marmus.
L'auteur joue entre le comique et le sérieux, en utilisant pour une description physique grotesque des termes et des détails précieux.

Le professeur Marmus décrit un parcours dans Paris. Peut-être était-ce une aventure en 1827?
"Tu as raison, répondit le savant comme s’il eût tracé des instructions pour un voyage au pôle,
je prendrai le Luxembourg, la rue de Seine, le pont des Arts, le Louvre, la rue du Coq,
la rue Croix-des-Petits-Champs, la rue des Fossés-Montmartre ; c’est le plus court pour aller au faubourg Poissonnière."

Balzac fait, par ailleurs, référence à Napoléon Bonaparte et à la Campagne d’Egypte (1798-1801) à laquelle son personnage aurait participé.

Balzac Une rue de Paris et son habitant

'Coco Chanel & Igor Stravinsky' par Jan Kounen

Coco Chanel & Igor Stravinsky est un film français réalisé par Jan Kounen et sorti en 2009.

Le film commence par la première représentation du Sacre du Printemps en 1913 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.
Igor Stravinsky décrira ainsi cette scène:
« [J'ai] quitté la salle dès les premières mesures du prélude, qui tout de suite soulevèrent des rires et des moqueries. J'en fus révolté. Ces manifestations, d'abord isolées, devinrent bientôt générales et, provoquant d'autre part, des contre-manifestations, se transformèrent très vite en un vacarme épouvantable. »

Quelques années plus tard, le premier rendez-vous de Coco Chanel et d'Igor Stravinsky a lieu au Museum d'Histoire Naturelle. Le choix d'un tel lieu, pour un premier rendez-vous, interroge.

Une séquence rapide présente le Pont Alexandre III. Ce pont fut offert à la France en 1891 par le Tsar Alexandre III de Russie pour marquer l'alliance franco-russe. Il a donc toute sa place ici.

La suite des événements se déroule à Garches, dans la maison de Coco Chanel.
On notera, en particulier, la sensualité d'une partie de piano à quatre mains entre les deux futurs amants.

Comme il se devait, la musique d'Igor Stravinsky accompagne divinement les différentes scènes du film.

La bande annonce de Coco Chanel & Igor Stravinsky


Plus d'informations sur le film ici http://bit.ly/oVgNBC

mercredi 12 octobre 2011

Paris de Cédric Klapisch

Paris est un film français de Cédric Klapisch sorti en 2008.
Ce film nous présente la vie de parisiens, qui se croisent au hasard de leur vie, sans se connaître.

Assis dans un café du Palais Royal, Roland (Fabrice Luchini) en historien spécialiste de Paris nous donne son point de vue sur l'Histoire à la télévision:
"L'idée de la vulgarisation de l'Histoire me déprime complètement. Je ne suis pas sûr qu'on rende un grand service à l'Histoire et d'ailleurs aux spectateurs avec cette volonté de tout démocratiser. Ne prenez pas cela pour un caprice d'expert mais lorsque je vois toutes ces émissions de télévision sur les chaines nationales où l'on voit des collègues expliquer la vraie nature de Louis XVI, l'histoire de la Commune, la Révolution française, l'histoire de la deuxième guerre mondiale, je ne suis pas sûr que cela serve à grand chose".

En devenant lui-même présentateur d'une émission sur l'Histoire, il nous parle de Baudelaire:
"C'est dans cet hôtel Pimodan ou hotel Lauzun qui date du XVIIe siècle que Baudelaire écrivit son célèbre poème 'Invitation au voyage'. C'est dans cet hôtel Pimodan que se rencontrait le club des haschichins dans lequel Gérard de Nerval, Théophile Gautier, Daumier, Balzac se rencontraient pour réunir ivresse et création. C'est ici même sous l'égide de Baudelaire que peut commencer notre portrait de Paris, ville éternelle"

Enfin, sur la Gnossienne n°1 d'Erik Satie, le film nous offre une vue de Paris sous les flocons de neige ainsi qu'une balade en taxi qui présente l'entrée du Père Lachaise, la statue de Jules Dalou place de la Nation, l'Opéra Bastille, l'Ile de la Cité.

La bande annonce du Paris de Cédric Klapisch:

mardi 11 octobre 2011

Le Pont Mirabeau de Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire (1880 - 1918) nous offre avec Le Pont Mirabeau, l'un des plus beaux poèmes qui soit sur Paris.
En quelques vers, on retrouve de nombreux thèmes: l'Amour, la mélancolie, la nostalgie, la fuite du temps, ...
Ce poème fut écrit par Guillaume Apollinaire après une rupture amoureuse...

Le Pont Mirabeau

Sous le pont Mirabeau coule la Seine
Et nos amours
Faut-il qu'il m'en souvienne
La joie venait toujours après la peine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Les mains dans les mains restons face à face
Tandis que sous
Le pont de nos bras passe
Des éternels regards l'onde si lasse

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

L'amour s'en va comme cette eau courante
L'amour s'en va
Comme la vie est lente
Et comme l'Espérance est violente

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Passent les jours et passent les semaines
Ni temps passé
Ni les amours reviennent
Sous le pont Mirabeau coule la Seine

Vienne la nuit sonne l'heure
Les jours s'en vont je demeure

Guillaume Apollinaire
Alcools 1912



Le pont Mirabeau est situé dans le 15eme arrondissement de Paris. Il date de 1897.

Le pont Mirabeau porte quatre statues allégoriques qui représentent:

La Ville de Paris
Le Pont Mirabeau Paris 15e
Statue allégorique de la Ville de Paris

La Navigation
Le Pont Mirabeau Paris 15e
Statue allégorique de la  navigation

L'Abondance
Le Pont Mirabeau Paris 15e
Statue allégorique de l'Abondance

et le Commerce...

lundi 10 octobre 2011

'Au jardin du Luxembourg' par François Coppée

François Coppée (1842-1908) est un poète, dramaturge et romancier français.
Inspiré par Paris dans ses compositions, il nous offre ici une balade au jardin du Luxembourg.

Au Jardin Du Luxembourg

Cher et vieux Luxembourg! C'est vers cinquante-six
Que, dans les environs du palais Médicis,
S'étaient logés mes bons parents, dans la pensée
Que je serais ainsi tout proche du lycée
Dont alors j'étais l'un des mauvais écoliers;
Et le jardin royal, aux massifs réguliers,
Aux vastes boulingrins de verdure qu'embrasse
Le gracieux contour de sa double terrasse,
M'accueillit bien souvent, externe paresseux.
Parmi mes compagnons j'étais déjà de ceux
Qui ne supportent pas la routine ordinaire
Et font sécher des fleurs dans leur dictionnaire;
Et, poète futur, quand les rayons derniers
Du soleil s'éteignaient sous les noirs marronniers
Et que je m'attardais, rêveur, au pied d'un arbre,
Il me semblait parfois que les dames de marbre,
Clotilde aux longs cheveux, Jeanne écoutant ses voix,
Et la fière Stuart et la fine Valois,
Me jetaient des regards et me faisaient des signes.
Parfois encore, auprès de la maison des cygnes,
Quand les bateaux d'enfants, inclinant leurs agrès,
Fuyaient sur le bassin ridé par un vent frais,
Pour moi ces bricks mignons et ces frégates naines
Évoquaient l'Océan et les courses lointaines.
Ah! depuis ce temps-là, j'ai revu bien souvent
L'escadre en miniature enfuie au gré du vent,
Et bien souvent revu les belles dames blanches,
Dressant leurs sveltes corps sous l'épaisseur des branches;
Mais je sais maintenant combien il est amer
De chérir une femme et de tenter la mer,
Et songe que c'était un grand enfantillage
De désirer ainsi l'amour et le voyage!
L'amour! ce fut aussi sous tes rameaux flottants,
Jardin chéri, que j'ai tant souffert à vingt ans.
T'en souviens-tu, vieux banc sur qui j'allais l'attendre,
La petite blondine au regard fin et tendre
Par qui mon coeur naïf voulait se croire aimé?
Quand je passe par là, dans certains jours de mai
Où l'haleine des fleurs semble plus odorante,
Je revis les bons jours de notre idylle errante.
J'habitais en famille, elle avait un jaloux,
Et souvent pour abris, vieux parc, ces rendez-vous,
Où l'amour me brûlait de ses ardeurs premières,
N'eurent que tes lilas et tes roses trémières.
Je n'obtenais, toujours au moindre bruit craintif,
Qu'une rapide étreinte et qu'un baiser furtif.
Pour effleurer son front de ma bouche affolée
Il fallait profiter du tournant d'une allée
Et reprendre aussitôt l'air distrait et flâneur
Devant le vieux gardien avec sa croix d'honneur.


Mais nous avions vingt ans et c'était une fête!
Et cette éternité d'amour que le Prophète
Promet aux vrais croyants au sein du paradis,
Oui! je la donnerais toute, je vous le dis,
Pour le moment si court où, dans la Pépinière,
Avec sa caressante et mignonne manière,
Se serrant sur mon coeur, elle me demanda
Ce long baiser que seul a vu la Velleda.


O parc royal, tu vis finir sa fantaisie,
Et lorsque la douleur m'apprit la poésie,
- Car on ne sent tout son bonheur qu'en le perdant, -
C'est toi qui fus encore mon premier confident!
Triste enfant de Paris, né loin de la nature,
C'est grâce à ton charmant asile de verdure
Que je l'ai devinée et que je la connais;
C'est par toi que, jeune homme à la chasse aux sonnets,
Qui passais sans les voir près des joueurs de paume,
J'ai su que l'oiseau chante et que la fleur embaume;
Et sous tes noirs rameaux je reviens aujourd'hui
Pour toutes ces raisons, je t'aime, ô Luxembourg!
Car ma jeunesse, hélas! depuis longtemps passée,
Sur ton sable a semé son coeur et sa pensée,
Et mes premiers baisers comme mes premiers vers
Ont pris leur libre essor sous tes vieux arbres verts.
Chercher la rime rare ou le mot juste enfui,
Et dans les voluptés du rêve je m'enfonce,
A l'heure où le couchant saigne sous le quinconce
Et quand pour le départ roule au loin le tambour.


A toi je suis lié par un secret arcane.
Et quand je reviendrai, vieillard traînant ma canne,
Par quelque doux matin d'un automne attiédi,
Sur tes bancs, au soleil, me chauffer à midi,
Promets-moi, vieux jardin, témoin de mon aurore,
Quelque déception que me réserve encore
La volupté qui blase ou la gloire qui ment,
Que, devant une amante au bras de son amant,
Ou devant un rêveur qui va lisant un livre,
Le souvenir encore me rendra le coeur ivre
De ce qui l'enivrait en son doux floréal,
Et que je bénirai l'amour et l'idéal!

François Coppée



Le Palais du Luxembourg
dit 'Palais Médicis' dans le poème de François Coppée
Jardin du Luxembourg  - Paris