mercredi 30 novembre 2011

Les loups de Paris

Le loup a été le symbole de la sauvagerie, de la virilité et de la fécondité, de la lumière (il voit la nuit), de la guerre.

Dans la mythologie romaine, le loup est le symbole de Mars, dieu de la guerre.
Aujourd'hui encore la Louve, mère nourricière du premier roi de Rome, est l'emblème de Rome.

Chez les Grecs anciens, le loup est l'emblème du dieu solaire Apollon.
Zeus mis Léto enceinte et pour la protéger, il transforma Léto en louve et l'emmena sur l’île de Délos pour qu'elle mette au monde Apollon et Artémis.

Malgré sa disparition dans la plupart des pays qu'il occupait jadis, le loup continue d'alimenter l'imaginaire des peuples grâce aux contes et fables (Pierre et le loup - Sergueï Prokofiev, Le petit chaperon rouge - Charles Perrault, Le loup et l'agneau - Jean de la fontaine, ...)


Louve romaine allaitant Rémus et Romulus
Réplique de la louve du Capitole
offert par la ville de Rome en 1962
lors du jumelage avec Paris
Square Paul-Painlevé (près du Musée de Cluny)
Paris 5e 

Loup
268 bd Saint-Germain (Solférino) - Paris 7e

Une présentation de l'exposition Les loups d'Olivier Estoppey au Palais-Royal en 2008:


Les loups d'Olivier Estoppey au Palais-Royal

lundi 28 novembre 2011

Le jardin du Luxembourg des travaux d'Haussmann jusqu'à nos jours

Au XIXe siècle, le jardin du Luxembourg subit les travaux du baron Haussmann.
La rue de l'Abbé-de-l’Épée est prolongée et ampute le jardin de quelques hectares dont une pépinière à laquelle les parisiens étaient attachés.

Guy de Maupassant évoque ainsi cette pépinière:
« J'ai cinquante ans. j'étais jeune alors et j'étudiais le droit. Un peu triste, un peu rêveur, imprégné d'une philosophie mélancolique, je n'aimais guère les cafés bruyants, les camarades braillards, ni les filles stupides. Je me levais tôt ; et une de mes plus chères voluptés était de me promener seul, vers huit heures du matin, dans la pépinière du Luxembourg.

Vous ne l'avez pas connue, vous autres, cette pépinière ? C'était comme un jardin oublié de l'autre siècle, un jardin joli comme un doux sourire de vieille. Des haies touffues séparaient les allées étroites et régulières, allées calmes entre deux murs de feuillage taillés avec méthode. Les grands ciseaux du jardinier alignaient sans relâche ces cloisons de branches ; et, de place en place, on rencontrait des parterres de fleurs, des plates-bandes de petits arbres rangés comme des collégiens en promenade, des sociétés de rosiers magnifiques ou des régiments d'arbres à fruit.

Tout un coin de ce ravissant bosquet était habité par les abeilles. Leurs maisons de paille, savamment espacées sur des planches, ouvraient au soleil leurs portes grandes comme l'entrée d'un dé à coudre ; et on rencontrait tout le long des chemins des mouches bourdonnantes et dorées, vraies maîtresses de ce lieu pacifique, vraies promeneuses de ces tranquilles allées en corridors.

Je venais là presque tous les matins. Je m'asseyais sur un banc et je lisais. Parfois je laissais retomber le livre sur mes genoux pour rêver, pour écouter autour de moi vivre Paris, et jouir du repos infini de ces charmilles à la mode ancienne.  »
Guy de Maupassant (Menuet - Contes de la bécasse 1894)

Les tracés de la rue de Médicis et de la rue de Rennes modifient aussi les limites du jardin. De nouvelles grilles sont alors conçues par l'architecte Gabriel Davioud.

Aujourd'hui le jardin du Luxembourg abrite un théâtre de marionnettes, un kiosque à musique, des serres, une orangerie, une roseraie, un rucher, ...

Kiosque à musique du jardin du Luxembourg

dimanche 27 novembre 2011

Paris nous appartient de Jacques Rivette

Paris nous appartient est le premier film de Jacques Rivette, réalisé en 1958 et sorti en 1961.

À Paris, en 1957, quelques jeunes se retrouvent lors d'une soirée et évoquent le suicide d'un compositeur espagnol qui aurait été victime d'un complot. Par ailleurs, un petit groupe de quelques jeunes monte une pièce de théâtre Périclès de Shakespeare...

Parmi les comédiens on découvre tout jeunes Jean-Claude Brialy, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol et Jacques Demy.

Les thèmes abordés dans ce film sont divers: la théorie du complot, les sociétés secrètes, la société, le théâtre, l'amour et la jalousie, ...

La liberté de la caméra met ce film parfois à la limite du documentaire.

Hélas, certaines scènes traînent en longueur et l'intrigue est parfois d'une compréhension difficile.
Le scénario insiste beaucoup sur la fascination d'Anne pour la folie et les délires paranoïaques de l'américain.

Le film nous fait découvrir quelques lieux du Paris des années 60: la place de la Sorbonne, la place Saint-Sulpice, la rue des canettes dans le 6e arrondissement, le théâtre du Châtelet, le café Royal Saint-Germain, ...


La pochette du film:

Paris nous appartient
Jacques Rivette

Réalisation : Jacques Rivette
Production : François Truffaut et Claude Chabrol
Sociétés de production : Ajym Films - Les Films du Carrosse

Le jardin du Palais-Royal

Dans les siècles passés, le Palais-Royal a été le lieu le plus agité de Paris.
Il est aujourd'hui au contraire, un lieu de calme, amène et isolé des rues parisiennes....

Afin de se rapprocher du Louvre, le cardinal Richelieu acquiert en 1624 l’hôtel d'Angennes et fait construire le Palais-Cardinal en 1627.
A sa mort en 1643, le cardinal Richelieu lègue au roi le Palais-Royal.
En 1692, il devient la propriété de Monsieur, frère de Louis XIV, duc d'Orléans.
A partir du milieu du XVIIIe siècle, le Palais-Royal voit ses fréquentations changer avec l'arrivée de femmes de petite vertu.

Le Palais-Royal a été un lieu de rencontre fondamental pour les agitateurs qui ont poussé les parisiens à la Révolution. C'est là que, la nuit du 14 juillet 1789, les parisiens ont disposé comme un trophée la tête du gouverneur de la Bastille, le marquis de Launay.

Le jardin du Palais-Royal est bordé de galeries. Celles-ci furent louées à partir de 1781 à divers commerçants.

A la Restauration, le duc d'Orléans Louis-Philippe, récupère le Palais-Royal. Après avoir éliminé les commerces douteux, il mène de nombreux travaux d'amélioration du site.

Le jardin du Palais-Royal est aujourd'hui composé d'un bassin à jets d'eau, de quatre rangées de tilleuls, de monuments tels que le Charmeur de serpents d'Adolphe Tabard (1875).
Chaque vendredi à douze heures précises, un coup de canon est tiré dans le jardin.

Bassin à jets d'eau du jardin du Palais-Royal


Outre les expositions temporaires, l'art contemporain est entré au Palais-Royal en 1986 avec les très contestées colonnes de Daniel Buren et les boules de Pol Bury.

Colonnes de Buren, qui servent
donc de bancs publics aux touristes :)

Colonnes de Buren
et ses cours d'eau souterrains

Voici une vidéo de 1967 qui nous parle de l'arrivée de l'art contemporain dans les jardins du Palais-Royal:

samedi 26 novembre 2011

Gaston Fébus au musée de Cluny

Gaston Fébus (1331 - 1391)

Source: Musée de Cluny Programme Septembre 2011 Février 2012
http://www.musee-moyenage.fr/

Figure haute en couleurs de la deuxième moitié du XIVe siècle, Gaston III de Foix, comte de Foix et vicomte de Béarn, s'auto-proclame « Fébus » (selon la graphie occitane), c’est à dire « Soleil ». Réputé pour sa richesse, son goût de l'indépendance et le lustre de sa cour, il est devenu sous la plume de Jean Froissart l'exemple du prince idéal.
L'homme apparaît complexe, munificent et autoritaire, cruel et retors en politique; il s'est comporté comme un "roi sans couronne". Il a reçu à sa table les plus grands personnages de son temps. Or Gaston Fébus est aussi un lettré qui a non seulement collectionné des livres mais en a également écrit. Chasseur expérimenté, amoureux des chiens, il est l'auteur d'un Livre de la Chasse. Cet ouvrage, dont sont conservés de nombreux exemplaires enluminés et qui constitue la pièce maîtresse de l'exposition, se distingue par une très fine connaissance du monde animal.

Agenda:
  • Présentation de l'exposition par le commissaire Sophie Lagabrielle (5 janvier 2012)
  • Rencontre débat: Fébus, une personnalité complexe (18 janvier 2012 à 18h30)
Craint et redouté, Gaston Fébus s'est comporté en stratège avisé et a su s'imposer sur l'échiquier politique. On connait ses passions pour la musique, les chiens et la chasse, le goût des livres sans doute.
Mais il existe aussi une face noire, celle, inédite, du pêcheur qui, à l'automne de sa vie, implore la grâce divine.
  • Lecture: Deux lettrés à la cour d'Orthez: le prince chasseur et le poète (30 janvier et 13 février 2012 à 19h)
Textes lus par Eric Ruf, sociétaire de la Comédie-Française
Dans son Livre de la Chasse, Gaston Fébus cherche à faire partager sa grande expérience du monde animal et de la chasse. En 1388, il accueille le poète Jean Froissart qui, par sa science du récit, dresse un inoubliable portrait du comte.


>> Une exposition organisée par le Musée de Cluny, la Bibliothèque nationale de France, le Musée national du château de Pau, la Rmn-Grand Palais.

Exposition Gaston Fébus du 30 novembre 2011 au 5 mars 2012
Musée de Cluny - Musée national du Moyen-Âge
6 place Paul-Painlevé
75005 Paris
Métro Cluny-La Sorbonne

Statue de Gaston Fébus
Château de Pau

Le jardin du Luxembourg créé par Marie de Médicis

En 1611, Marie de Médicis qui est alors régente, achète l'hôtel du Luxembourg afin de faire construire un château à l'image du Palais Pitti de Florence.

Salomon de Brosse est alors chargé des travaux de construction du château ainsi que de la fontaine.
En 1612, Marie de Médicis fait planter deux mille ormes.

Thomas Francini, un jardinier florentin, conçoit les terrasses, balustrades et autres parterres. C'est aussi Francini qui dessine le bassin circulaire du jardin.

A partir de 1630, le jardin a une superficie de trente hectares. Jacques Boyceau de la Barauderie, intendant des jardins du roi, est alors chargé des jardins.

Fontaine Marie de Médicis
Jardin du Luxembourg

Le nymphée conçu par Salomon de Brosse
Polyphème surprend Acis et Galatée

Après Marie de Médicis, le jardin du Luxembourg est négligé par ses différents propriétaires jusqu'au XIXe siècle. Le comte de Provence vendit la partie est en 1780.

Pendant le Directoire, le jardin connaît une extension majeure, suite à l'annexion du clos des Chartreux.
Sous l'Empire, l'architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin aménage une perspective vers l'Observatoire de Paris.

vendredi 25 novembre 2011

Jean de la Fontaine, le défi de Daniel Vigne

Jean de la Fontaine, le défi est un film historique de 2007.

L'historien et académicien Marc Fumaroli évoque ainsi les débuts de la Fontaine:
« Les facettes que le jeune la Fontaine a rencontré, expliquent en grande partie l’extrême variété de son oeuvre où on trouve à la foi des poèmes dévots, des poèmes extrêmement libertins, coquins et même érotiques.
Et puis où on trouve des souvenirs de sa forte culture humaniste, de ses fortes lectures d'adolescent.
Il a acquis une première idée de lui-même au contact de ses amis qui ont découvert d'abord ses dons poétiques et l'ont encouragé au point que l'un d'entre eux l'a présenté au puissant surintendant Fouquet (...) Fouquet était un homme qui aimait les livres, qui était cultivé. »

Fouquet est un mécène pour bon nombre d'écrivains et son arrestation sur ordre de Louis XIV, met fin aux subventions.
Chapelain constitue alors une liste des artistes que Louis XIV va subventionner et la soumet à Colbert.
La Fontaine refuse de demander l'aide financière du roi car il préfère connaître la misère que de subir une quelconque forme de censure.
En difficulté, la Fontaine devient serviteur pour la duchesse d'Orléans au Palais du Luxembourg.
Il est toujours soutenu par ses amis Molière, Boileau et Racine, son cousin, jusqu'à la reconnaissance de ses oeuvres par Louis XIV.

Jean de la fontaine est présenté comme un homme de principes alors qu'il en a si peu vis-à-vis de sa femme. Ce point laisse une certaine incompréhension sur le personnage.

Le film est un peu décevant pour ce qui concerne le jeu des acteurs.

La bande originale du film:


Jean De La Fontaine, Le Défi

L'affiche du film:

Jean de la Fontaine, le défi
Daniel Vigne 2007

Les lieux de tournage de Jean de la Fontaine, le défi sont divers.
On notera bien sûr le Château de Versailles mais aussi l'hôtel Lauzun et l'hotel de Sully à Paris.

Acteurs: Lorànt Deutsch, Philippe Torreton, Sara Forestier, Jean-Claude Dreyfus, ...

Contes libertins de Jean de la Fontaine

Jean de la Fontaine naît en 1621. A 26 ans, il se marie avec une jeune fille de 14 ans, Marie Héricart.
En 1658 il s’installe à Paris, où il va passer le reste de sa vie.
Il démarre alors sa carrière littéraire. Jean de la Fontaine est admis en 1684 à l’Académie Française et meurt à Paris en 1695.

On connaît les Fables, on connaît moins les contes libertins de Jean de la Fontaine.
La notion de libertinage doit être toutefois relativisée et mise en regard de la société au XVIIe siècle.
Ces contes étaient probablement osés à l'époque...

Jean-Pierre Cassel interprète avec truculence un recueil de contes, pour notre bonheur.

Dans ce recueil de contes, Jean de la fontaine fait danser les mots pour faire ressortir les vices et les vertus des personnages présentés. L'humour et l'ironie sont permanents.
Les thèmes évoqués sont divers: l'infidélité bien sûr mais aussi la 'chasteté' des religieux, la société, ...

Une certaine misogynie transparaît, hélas, dans ces contes libertins.
En effet, la Fontaine a un regard peu bienveillant sur les femmes: elles sont sottes, manipulables et très naïves.


Jean de la Fontaine
Hyacinthe Rigaud 1684
Musée Jean de la Fontaine


Contes Libertins de Jean de la Fontaine, lus par Jean-Pierre Cassel
  • Comment l'esprit vient aux filles
  • La servante justifiée
  • Le cuvier
  • Le villageois qui a perdu son veau
  • Le faiseur d'oreilles et le raccommodeur de moules
  • La clochette
  • Le cocu, battu et content
  • L'anneau d'Hand Carvel
  • Pâté d'anguilles

jeudi 24 novembre 2011

L'anglaise et le duc d'Eric Rohmer

L'anglaise et le duc est un film historique de 2001 basé sur les Mémoires de Grace Elliot.
Il nous présente quatre années d'Histoire qui vont de la fête de la Fédération (14 juillet 1790) à la chute de Robespierre (10 thermidor An II).

Grace Elliot est une aristocrate écossaise. Elle reçoit son ancien amant le duc Philippe d'Orléans, cousin du roi. « Le duc avait à Paris deux résidences, l'une au Palais Royal, l'autre à l'emplacement de l'actuel parc Monceau, non loin de la rue de Miromesnil. »

Dès lors, le film évoque quelques grands jalons de la Révolution:
- la fête de la Fédération, le 14 juillet 1790
- l'emprisonnement de Louis XVI au Temple, le 10 août 1792
- les massacres de septembre 1792
- la Terreur
- le vote de la mort de Louis XVI, le 15 janvier 1793 et auquel participe le duc d'Orléans en tant que député jacobin à la Convention
- l’exécution de Louis XVI, le 21 janvier 1793

L'anglaise et le duc, dans le jeu des acteurs et l'utilisation de toiles peintes dans les décors, est plus une pièce de théâtre qu'un film.

Eric Rohmer évoque ainsi son utilisation de toiles peintes:
« Mon objectif était de renforcer l'impression de vérité. Dans la mesure où je montre des toiles peintes, je voulais établir ce parti pris d'emblée. Ensuite, j'ai fait comme si mes personnages étaient des êtres picturaux, des êtres de tableaux, qui accèdent à la vie. »

Ce film se regarde avec beaucoup de plaisir...

La bande-annonce de L'anglaise et le duc:


L'Anglaise et le Duc par imineo

L'affiche du film:

L'anglaise et le duc
Eric Rohmer 2001

Réalisateur: Eric Rohmer
Acteurs: Jean-Claude Dreyfus, Lucy Russell, ...

Un phare à la Défense

Qu'est-ce qui fait que la Défense est un lieu à ce point désagréable?
Serait-ce le béton?
La hauteur des tours?
L'absence de rues aux noms poétiques ou historiques?
Les cadres marchant en fil comme des fourmis?
... ah non! pardonnez-moi les fourmis se touchent les antennes lorsqu'elles se croisent. Ici pas de contact!

Comme toutes les tours de ce quartier d'affaires n'étaient pas suffisantes... une nouvelle tour intitulée Le Phare est en cours de construction près du CNIT.
Le projet a été conçu par l'américain Thom Mayne et son cabinet en 2006. Une petite exposition au CNIT permet de prendre connaissance du projet qui devrait aboutir en 2012...

Quelques photos du quartier de la Défense...


Parvis de la Défense
et marché de Noël

CNIT


La tour Phare sur la gauche
et le Pouce de César au centre 


Le dôme de la Défense au centre

La voûte du CNIT record du monde...

mercredi 23 novembre 2011

Très sage Héloïse de Jeanne Bourin

Jeanne Bourin publie en 1966 Très sage Héloïse.
Ce roman nous présente le destin du couple mythique que forment Héloïse et Pierre Abélard.

Nous sommes en 1117, Héloïse a 16 ans et Pierre 38.
Elle quitte le monastère Sainte-Marie d'Argenteuil pour rejoindre son oncle Fulbert à Paris.
Héloïse aime à se promener dans le Paris du XIIe siècle: rue de la Vieille Juiverie, rue de la Parcheminerie, ...
Un jour, en promenade, elle rencontre Pierre Abélard.

Pierre Abélard, professeur et théologien adulé, devient son précepteur et la séduit.
Héloïse tombe enceinte et part à Pallet en Bretagne, le temps de sa grossesse. Elle accouche de Pierre-Astralabe, qu'elle abandonne à la soeur de Pierre.

Malgré leur mariage secret, le courroux de son oncle Fulbert va croissant et il fait émasculer Pierre au fer rouge, la plus sauvage et la plus ignominieuse des mutilations.
Pierre fait alors cette demande à Héloïse: Je me ferai moine, tu te feras bénédictine.

Pendant dix ans, Pierre ne tentera aucun contact avec Héloïse. Celle-ci l'idéalise...
Comme j'ai souffert Pierre, de la soif et de la faim de toi.

Un jour, au fait des difficultés d'Héloïse et de sa communauté religieuse, Pierre lui offre le sanctuaire du Paraclet, près de Troyes.
Héloïse se construit un mythe autour de l'amour qu'elle a pour Pierre et cela sans réciprocité.

Dès lors, démarre une correspondance abondante entre les deux anciens amants.
La première lettre d'Héloïse débute ainsi:
A son maître ou plutôt son père,
à son époux ou plutôt son frère,
à sa servante ou plutôt sa fille,
à sa femme ou plutôt sa soeur,
à Abélard, Héloïse.

Comme une réponse au titre du roman, Jeanne Bourin fait préciser à Héloïse la teneur de sa sagesse:
Ce ne fut point là, sagesse de ma part; en ce qui touchait [Pierre] je n'en avais aucune.
C'est ainsi plus clair...

Olivier Barrot nous présente ici une édition Gallimard de la correspondance entre Héloïse et Pierre Abélard.

Abélard et Héloïse surpris par Fulbert
Jean Vigaud - 1819
Joslyn art museum - Omaha - Nebraska

Très sage Héloïse
Jeanne Bourin
Editions Le livre de poche


lundi 21 novembre 2011

Lettres à Lou de Guillaume Apollinaire

On est en décembre 1914. Guillaume Apollinaire s’engage dans l'armée française. Quelques semaines auparavant, il a rencontré Louise de Coligny-Châtillon, sa Lou.

Guillaume Apollinaire est amoureux mais Lou n’a pas les mêmes sentiments. Il part au front, la revoit une dizaine de jours et entame une correspondance avec elle.
Ce couple éphémère rompt en mars 1915 mais ils restent amis, d'où la poursuite de leur correspondance.

Les lettres de Guillaume Apollinaire sont d'une délicatesse infinie. Les mon Lou et les mon chéri sont d'une grande tendresse.
Par moments, on ressent un certain malaise à la lecture de ces lettres. Le lecteur prend connaissance de ce qu'un couple a de plus intime... ses ébats.
A la fin de ce recueil, une question me taraude, comment une femme peut-elle s’éloigner d’un homme qui lui écrit de telles lettres ?

Par les réponses de Guillaume Apollinaire, on devine quelque peu les lettres de Lou, qui a un tempérament plus qu'affirmé…

Après leur rupture en mars 1915, le ton des lettres change : l’érotisme n’est plus, le quotidien et la guerre sont alors les sujets principaux des lettres.
Guillaume Apollinaire raconte sa vie de sous-officier pendant cette Grande Guerre qu'il nomme la plus grande bataille d'artillerie de tous les temps.

Guillaume Apollinaire pratiquait parfois dans ses poèmes et lettres, ce qu'il appelait des calligrammes.


Lettres à Lou - Lettre 81
Guillaume Apollinaire

Guillaume Apollinaire décède peu de temps après, en 1918. Sa tombe se trouve à Paris au cimetière du Père-Lachaise.

samedi 19 novembre 2011

Les lions de Paris

Les représentations de lions à Paris sont nombreuses.

Les qualités du lion en ont fait de tout temps, le symbole de la puissance, de la vigilance et du courage.
Le lion fut aussi symbole de l'amour, probablement, de par l'ardeur de ses transports amoureux...

L'image que l'on a aujourd'hui du lion est plus négative car elle renvoie d'avantage au prédateur qu'il est, qu'à des qualités imaginaires.

Dans son ouvrage Le Paris de mes amours Abécédaire sentimental, Régine Deforges consacre un paragraphe au lions de Paris intitulé Paris est une ville pleine de lions (du titre du livre de Geneviève Dormann):


« Le nombre de lions que l’on croise à Paris est impressionnant. Le plus célèbre d’entre eux domine la place Denfert-Rochereau de toute sa masse imposante. On en trouve sur les portes, les réverbères, les balcons, aux frontons des édifices publics, dans les cimetières. Ils alimentent en eau les fontaines, soutiennent de leur gueule des verrières, se promènent sur le socle de la colonne de la Bastille, montent la garde sur le pavillon de Flore au Louvre, n’en finissent pas de dépérir au pied de la tour Saint-Jacques, chantent place Daumesnil, dorment à l’hôtel de Fieubet, sont ailés sous un balcon de l’avenue de Tourville, tristes à la porte Saint-Martin, et montrent les crocs sur la fontaine Saint-Sulpice. »


Lion de l'Hôtel de ville de Paris
3 rue Lobau - Paris 4e
Henri-Alfred Jacquemart

Lion de l'Hôtel de ville de Paris
5 rue Lobau - Paris 4e
Auguste Cain


Lions du Louvre
quai des tuileries - Paris 1er
Antoine-Louis Barye

Fontaine aux lions - 1862
Place Félix Eboué - Paris 12e
Sculpteurs Henri-Alfred Jacquemart
et Louis Villeminot
Architecte Gabriel Davioud

Lion et lionne se disputant
un sanglier - 1884
Jardin des Tuileries - Paris 1er
Auguste Cain

Le triomphe de la République - 1899
Jules Dalou
place de la Nation - Paris 12e
Lion de Belfort
Frédéric Bartholdi
Place Denfert-Rochereau - Paris 14e

Tête de lion
256 bd Saint-Germain - Paris 6e

Têtes de lion
Candélabres du jardin
des grands explorateurs
av de l'Observatoire - Paris 14e 


Tête de lion
37 avenue de l'Opéra
Paris 1er


Blason de l'hôtel Edouard VII
Lion et cheval
39 avenue de l'Opéra
Paris 1er
Têtes de lion
Bourse de commerce
rue de Viarmes
Paris 1er

Lions
Hôtel des finances publiques
rue de la Banque
Paris 1er

Tigre terrassant un crocodile 1869
Bronze
Auguste Caïn
Jardin des Tuileries Paris 1er

Tigresse portant un paon à ses petits 1873
Bronze
Auguste Caïn
Jardin des Tuileries Paris 1er

Autres lions:

  • Lion au 17 avenue de Villars Paris 7e
  • Fontaine des Quatre-Evêques architecte Louis Visconti Sculpteurs Feuchère Lanno Fauginet Desprez Derré 1847 place Saint-Sulpice Paris 6e
  • Fontaine aux Lions 1815 avenue Jean-Jaurès Paris 19e


Etre français sous la Révolution

Avant 1791, Louis XVI avait seul le pouvoir de naturaliser français les individus étrangers.

Le 3 septembre 1791, la Constitution réduit les prérogatives de Louis XVI et définit alors précisément la nationalité française:

TITRE II - Article 2. - Sont citoyens français :
- Ceux qui sont nés en France d'un père français ;
- Ceux qui, nés en France d'un père étranger, ont fixé leur résidence dans le Royaume ;
- Ceux qui, nés en pays étranger d'un père français, sont venus s'établir en France et ont prêté le serment civique ;
- Enfin ceux qui, nés en pays étranger, et descendant, à quelque degré que ce soit, d'un Français ou d'une Française expatriés pour cause de religion, viennent demeurer en France et prêtent le serment civique.

TITRE II - Article 3. - Ceux qui, nés hors du Royaume de parents étrangers, résident en France, deviennent citoyens français, après cinq ans de domicile continu dans le Royaume, s'ils y ont, en outre, acquis des immeubles ou épousé une Française, ou formé un établissement d'agriculture ou de commerce, et s'ils ont prêté le serment civique.

D'une façon assez étonnante, il est fait référence au droit du sang, dans certains cas, par le biais du père seul, dans d'autres cas par le biais de l'un ou l'autre des parents.
Dans la même logique, il faut avoir épousé une française... et pas un français?
Pourquoi cette étonnante discrimination?

La Constitution définit par ailleurs les modalités de la naturalisation française:

TITRE II - Article 4. - Le Pouvoir législatif pourra, pour des considérations importantes, donner à un étranger un acte de naturalisation, sans autres conditions que de fixer son domicile en France et d'y prêter le serment civique.

TITRE II - Article 5. - Le serment civique est : Je jure d'être fidèle à la Nation à la loi et au roi et de maintenir de tout mon pouvoir la Constitution du Royaume, décrétée par l'Assemblée nationale constituante aux années 1789, 1790 et 1791.

Enfin, la Constitution prévoit également les modalités de déchéance de la naturalisation française:

TITRE II - Article 6. - La qualité de citoyen français se perd : 
1° Par la naturalisation en pays étranger ;
2° Par la condamnation aux peines qui emportent la dégradation civique, tant que le condamné n'est pas réhabilité ;
3° Par un jugement de contumace, tant que le jugement n'est pas anéanti ;
4° Par l'affiliation à tout ordre de chevalerie étranger ou à toute corporation étrangère qui supposerait, soit des preuves de noblesse, soit des distinctions de naissance, ou qui exigerait des voeux religieux.


vendredi 18 novembre 2011

1789, les amants de la Bastille

Les auteurs de Mozart, l'Opéra rock préparent un nouveau spectacle musical 1789, les amants de la Bastille. Quand on sait que tous les prisonniers de la Bastille ont été lynchés par les parisiens en colère, on a hâte...

Le premier single du spectacle 1789, les amants de la Bastille


'Ca ira...' n'était-ce pas un titre un peu facile?

L'affiche du spectacle:


1789, les amants de la Bastille au Palais des Sports de Paris à partir de Septembre 2012.

Le portrait de Dorian Gray d'Oscar Wilde

Le Portrait de Dorian Gray, le chef d'oeuvre d'Oscar Wilde fut publié en 1890.
Quelques années auparavant Oscar Wilde fréquentait un ami artiste peintre, Basil Ward, qui fit le portrait d'un beau jeune homme.
Wilde dit alors "Quel dommage qu'il doive vieillir et une telle beauté se faner !" et son ami Basil lui répondit "Si seulement son portrait pouvait vieillir et lui rester éternellement jeune !"

Le portrait de Dorian Gray est tout d'abord une satire du microcosme londonien, d'une caste de privilégiés vaniteux et superficiels.

Au delà de l'histoire, le roman fait réfléchir le lecteur sur beaucoup de thèmes: l'amour, la beauté et sa recherche, l'art (la peinture, la musique, la littérature, ...), l'Histoire, la morale et les moeurs, la jeunesse, l'idéal, l'influence et la manipulation, le Bien et le Mal, l'égoïsme, la tentation...

Le portrait de Dorian Gray est un feu d'artifice permanent de phrases somptueuses et raffinées,
de traits d'esprit, de réflexions sur l'existence et dont la légèreté apparente contraste avec une réelle profondeur.
Et ce feu d'artifice de belles phrases connaît un bouquet final éclatant avec la sublime disparition du personnage principal.

La misogynie des personnages est certaine:
« Je crois bien que les femmes apprécient la cruauté, la cruauté pure et simple, plus que tout autre chose. Elles ont des instincts merveilleusement primitifs.
Nous les avons émancipées, mais elles restent tout de même des esclaves cherchant des maîtres. Elles adorent être dominées. »
Sibyl Vane, quant à elle, ne devient intéressante aux yeux de Lord Henry, que lorsqu'elle est morte...

Les nombreuses références à l'art et aux oeuvres littéraires de l'époque ainsi qu'à la mythologie magnifient le récit.

Le portrait de Dorian Gray
Oscar Wilde
Editions Le livre de poche

Ici un extrait particulièrement appréciable en termes, entre autres, de références historiques.

Ici quelques aphorismes du maître Oscar Wilde.

Ici une émission radio sur la vie d'Oscar Wilde.

jeudi 17 novembre 2011

La Nuit de Varennes d'Ettore Scola

La Nuit de Varennes est un film franco-italien de 1982 réalisé par Ettore Scola.

L'action se déroule le 21 Juin 1791.

La nuit de Varennes évoque la fuite de Paris de Louis XVI et son arrestation à Varennes.
Louis XVI et la famille royale ne sont pas présentés. Du roi, on ne verra que les pieds...

L'événement est vu à travers les différents protagonistes du film:
un groupe de voyageurs hétéroclite et improbable se livre à des réflexions politiques, sociales, amoureuses, ...
Leur diligence suit la même route que la berline de Louis XVI.
En chemin, le groupe apprend la fuite du roi puis l'arrestation à Varennes de Louis XVI, Marie-Antoinette et leurs enfants.

Le film est drôle et surprenant mais on ne peut pas parler de reconstitution historique.
A mon sens, il s'agit plus d'une comédie de pure fiction et il convient d'aborder le film comme tel pour éviter toute déception.
De nombreux clichés sur la bourgeoisie, la noblesse et le peuple ainsi que des références à des faits historiques recherchent une légitimité historique qu'il n'y a pas. L'Histoire n'est ici qu'un prétexte. C'est dit.

Le personnage Restif de la Bretonne ajoute au film un côté racoleur, qui n'était pas nécessaire.


L'affiche du film:

La nuit de Varennes
Ettore Scola

Acteurs: Jean-Louis Barrault (Restif), Marcello Mastroianni (Casanova), Hanna Schygulla, Harvey Keitel, Jean-Claude Brialy, Daniel Gélin, Jean-Louis Trintignant

La fuite de Louis XVI le 21 juin 1791

Depuis octobre 1789, Louis XVI n'a plus la possibilité de se déplacer comme il le souhaite. Surveiller en permanence, il est l'otage de son propre peuple.

Il est minuit le mardi 21 juin 1791.
Une citadine attend la famille royale rue Saint-Honoré, près du château des Tuileries.
A la porte Saint-Martin, la famille embarque dans une grosse berline prévue pour cette fuite.

L'itinéraire est prêt. L'objectif est d'atteindre en quelques heures Montmédy, près de la Belgique. Dix mille soldats autrichiens seront là pour protéger Louis XVI et sa famille.

Bien vite la nouvelle de la fuite de Louis XVI s'est répandue dans Paris.
Les parisiens s'embrasent...
La Fayette, commandant de la Garde Nationale, envoie partout des courriers pour ordonner la capture de la famille royale.

A huit heures du soir, Drouet, le maître de poste du relais de Sainte-Menehould croit reconnaître la famille royale. Il a servi dans les dragons à Versailles.
Lorsque deux courriers venus de Paris, l'informent de la fuite du roi, Drouet s'élance et rejoint la berline à Varennes-en-Argonne.

La tentative de fuite de la famille royale vient d'échouer.
Le retour à Paris n'est qu'humiliations... et Louis XVI nie avoir tenté de s'enfuir.


Arrestation de Louis XVI et sa famille à Varennes en 1791

mercredi 16 novembre 2011

Rush revisite la prise de la Bastille

Rush, un groupe de rock canadien, nous offre en 1974 cette version décoiffante de la prise de la Bastille:

There's no bread, let them eat cake
There's no end to what they'll take
Flaunt the fruits of noble birth
Wash the salt into the earth

But they're marching to Bastille Day
La guillotine will claim her bloody prize
Free the dungeons of the innocent
The king will kneel, and let his kingdom rise

Bloodstained velvet, dirty lace
Naked fear on every face
See them bow their heads to die
As we would bow as they rode by

And we're marching to Bastille Day
La guillotine will claim her bloody prize
Sing, o choirs of cacophony
The king has kneeled, to let his kingdom rise.

Lessons taught but never learned
All around us anger burns
Guide the future by the past
Long ago the mould was cast

For they marched up to Bastille Day
La guillotine claimed her bloody prize
Hear the echoes of the centuries
Power isn't all that money buys



Le rythme de cette chanson est-il à l'image de l'excitation du peuple parisien lors de cette nuit sanglante?

A noter: There's no bread, let them eat cake fait référence à une boutade « S’ils n’ont pas de pain, qu'ils mangent de la brioche ! » attribuée par erreur à Marie-Antoinette alors qu’elle provient des Confessions de Jean-Jacques Rousseau.

La grande Terreur

La Terreur, violence d'exception, est d’abord une législation, un ensemble de textes de loi qui rend meurtres, lynchages et actes de barbarie légitimes… et ce, au nom de la défense de la nation et du peuple.

La pratique de la Terreur a débuté en juillet 1789.

Bien qu'au XIXe siècle des personnages tels qu'Adolphe Thiers identifient Robespierre comme le cerveau de la Terreur, cette thèse n'est plus d'actualité de nos jours.

Robespierre a, certes, voté des mesures radicales et a justifié son point de vue:
"(si) le peuple renverse le despotisme et l'aristocratie, les mesures révolutionnaires ne sont que des remèdes salutaires et des actes de bienfaisance universelle".
  • Robespierre a voté la création du tribunal révolutionnaire le 9 mars 1793
  • Au Comité de Salut Public, exécutif collectif, Robespierre joue un rôle d'arbitre mais aussi d’opposant aux autres membres. Néanmoins, il y entérine des décisions pour l'organisation de la Grande Terreur de mai 1794…
  • Son pouvoir, relativement réduit au Comité de Salut Public, était primordial au club des Jacobins, organisation qui contrôlait entre autres les comités de surveillance. Il avait donc les moyens d’agir contre cette violence…

Bien qu’il ait contesté en printemps 1793, la possibilité de mettre en accusation des députés de la convention, il a usé de cette possibilité pour finalement en devenir aussi la victime…
Sa mort, le 10 thermidor An II, avec 21 autres députés, n'a pas mis fin aux massacres et aux pratiques de la Terreur: vendéens, chouans et jacobins ont péri par la suite…

Maximilien de Robespierre
Musée Carnavalet Paris
Anonyme

mardi 15 novembre 2011

Le bestiaire de Paris de Bernard Dimey et Francis Lai

Bernard Dimey (1931-1981) est un poète et compositeur français.

Le Bestiaire de Paris est un poème de 66 quatrains en alexandrins datant des années 1960.
L'accompagnement musical à l'accordéon est de Francis Lai, un ami de Bernard Dimey.

Le Bestiaire de Paris passe en revue avec nostalgie les clichés d'un Paris populaire, nocturne et affreusement pauvre.

L'interprétation de 1962 par Pierre Brasseur et Juliette Gréco:


Quelques quatrains du Bestiaire de Paris:

Le barbu reviendra... j'entends encore son orgue,
Il reviendra vers nous quand il aura tout vu,
Il est allé cueillir les herbes de la sorgue,
La fleur des terrains vagues qui n'existent plus.


Les nuits blanches à Paris ont des couleurs atroces,
Ou de zinc ou de sang ou la couleur des yeux,
Les yeux jamais fermés des forçats de la noce
Qui bâfrent au hasard le Diable ou le Bon Dieu.


Je connais des putains qui crèchent aux Abbesses
Avec des vieux parents retraités sans pension,
Filles au coeur trop grand qui vivent de la fesse,
Quoi qu'ayant du principe et de la religion.


A l'entrée du métro dès qu'on ferme les grilles
D'étranges mendigots sortent nul ne sait d'où
Rappliquent aussitôt et ronflent en famille.
Ce soir tout va très bien, le fond de l'air est doux


Entre le square d'Anvers et les bars de Pigalle
On est un aristocrate une heure après minuit
Des barbots au coeur pur vont draguer en eau sale
Pour tirer leur épingle et passer leur ennui


(...)
La femme de léon est morte un beau dimanche
Sous le pont Saint-Michel, elle s'est trouvée mal
La camarde est venue la tirer par la manche
La tête enveloppée dans un papier journal

Le poème promène l'auditeur dans Paris: Charonne, rue du Temple, Notre-Dame, berges de la Seine, Saint-Germain, la ménagerie (du jardin des Plantes), les Halles, avenue Mozart, Montparnasse, Montmartre,  rue Saint-Vincent, rue Draguignan, ...

Une vision d'apocalypse est ensuite évoquée pour terminer sur un Paris qui n'existe plus:


Le barbu reviendra... vous entendrez son orgue,
Il vous racontera le pays qu'il a vu,
Il chantera pour vous le refrain de la sorgue,
Et vous vous souviendrez de Paris disparu...




lundi 14 novembre 2011

Paris vu par... Jean-Luc Godard (Montparnasse et Levallois)

Paris vu par... est un ensemble de six courts-métrages tournés par différents metteurs en scène en 1965.
Ces courts-métrages ont lieu dans différents quartiers de Paris... mais Paris n'est qu'un prétexte pour nous présenter différents milieux sociaux.

Jean-Luc Godard met en scène la cinquième séquence tournée pour partie à Montparnasse.

L'histoire début devant la gare Montparnasse, on aperçoit aussi le café La Coupole.
Le spectateur apprend qu'il y avait en 1965, une exposition de peintures Zen au Petit Palais...
Y avait-il réellement à l'époque des restaurants réservés aux artistes intellectuels?
Que peut signifier ce terme 'artistes intellectuels'?

Dans ce court métrage, on découvre peu le Paris de 1965...

Ce court-métrage complet:






L'affiche du film:

Paris vu par... 

dimanche 13 novembre 2011

Un américain à Paris de George Gershwin

An American in Paris est une œuvre du compositeur américain George Gershwin de 1928, écrite pour l’Orchestre philharmonique de New York.

Pour créer cette oeuvre, George Gershwin s'est inspiré de ses séjours à Paris.

Un américain à Paris a été joué pour la première fois au Carnegie Hall de New York en 1928, avec de vrais klaxons de taxis parisiens.

Selon George Gershwin "Chaque auditeur peut trouver les épisodes que son imagination lui suggère".

Pour autant George Gershwin participa à la description de Deem Taylor, critique musical américain:
Imaginez un américain visitant Paris, descendant les Champs-Elysées lors d'une matinée tiède et ensoleillée de Mai ou Juin.
Subitement, il part à toute allure, l'air donne l'impression de liberté et de gaieté gauloise. C'est la première promenade.
Réceptif aux bruits, notre américain écoute avec plaisir les bruits de la ville. Les taxis semblent l'amuser, un fait que l'orchestre souligne dans de brefs épisodes avec les quatre véritables klaxons de taxis parisiens.


S'éloignant des taxis, notre américain passe apparemment la porte d'un café où, si l'on en croit le trombone, la Maxixe est encore populaire. Exalté par ce rappel des années 1900, il reprend sa balade dans la deuxième promenade, annoncée par la clarinette. (...)
Lorsque début la troisième promenade, notre américain a franchi la Seine et se trouve sur la rive gauche. (...)
Le rythme est lent puis s’accélère progressivement, ce qui suggère que l'américain est sur une terrasse d'un café et explore les mystères de l'ouzo.(...)


Un violon solo s'adresse à notre héros dans un charmant anglais mais sa réponse est inaudible et inintelligible alors il se répète. Ce monologue continue quelque temps.
La transition musicale est difficile à croire: notre héros devient nostalgique, ce qu'exprime la trompette solo. Il réalise soudainement qu'il n'appartient pas à cet endroit, qu'il est la créature la plus misérable du monde, un étranger.
Cependant, la nostalgie n'est pas une maladie mortelle, ni, dans ce cas, de longue durée.
Par compassion, l'orchestre change subitement de thème. Deux trompettes exécutent le thème d'ouverture. Notre héros doit avoir rencontré un compatriote. Ce dernier est bruyant, gai et n'a pas une goutte de sang gaulois dans les veines.


Pour le moment, Paris n'est plus. (...) 
Il fait encore beau lorsque les deux américains se retrouvent.(...)
Paris n'est pas si mal, après tout. De fait, c'est un endroit grandiose!
Beau temps, pas d'occupations, de jolies filles...
(...) Dans un final tumultueux, notre américain décide de profiter d'une nuit de folie.
Le retour au pays sera formidable, mais en attendant, c'est Paris! 



"An American In Paris" Ballet with George Gershwin's Original Music from Mark on Vimeo.


samedi 12 novembre 2011

Le diable boîteux de Sacha Guitry - Extraits

Napoléon: "Vous avez déclaré que ma gloire appartenait à la Révolution"
Talleyrand: "Ce sont les soldats de la république qui vous ont fait empereur!"

Napoléon: "Talleyrand! vous êtes de la merde dans un bas de soie"
Talleyrand: "Quel dommage qu'un si grand homme, ait été si mal élevé"

Talleyrand: "L"Histoire est la lutte perpétuelle du mensonge contre la vérité"

Talleyrand: "Savez-vous ce que sont les émigrés? ce sont les étrangers de l'intérieur"

Talleyrand: "La parole a été donnée à l'homme pour déguiser sa pensée"

Talleyrand: "Plus vulgaire, c'est bourgeois"

Napoléon: "Pourquoi ne m'a-t-on pas laissé mourir cette nuit (...) je n'aurais pas connu la trahison de Marmont, l'abandon de Ney, l'infâme grossièrete de MacDonald"

Un valet de Talleyrand: "Il a un 'je ne sais quoi' qui fait qu'on le déteste et qu'on s'attache à lui"

Talleyrand à Napoléon: "Je suis peut-être le seul homme au monde à qui vous ne faites pas peur"

Le diable boîteux
Sacha Guitry
1948


Sempé, Un peu de Paris et d'ailleurs

L'Hôtel de Ville de Paris présente une exposition consacrée à Jean-Jacques Sempé.
Plus de 300 oeuvres de Sempé sont exposées. Elles vont de 1951 jusqu'en 2011.
Le visiteur a donc un aperçu de l'ensemble de l'oeuvre de Sempé.

Les oeuvres présentées nous montrent principalement Paris et parfois New-York.

La brochure de l'exposition détaille la vie parisienne de Jean-Jacques Sempé:
A Paris, après un bref passage dans le 18e arrondissement (...), Sempé s'installe rapidement rive gauche, dès qu'il est libéré de ses obligations militaires. Entre Montparnasse et Saint-Germain-des-Prés, à pied, en scooter ou à vélo, il promène sa curiosité et sa timidité dans des lieux qui l'apprivoisent (Chez Lipp, Le Flore, La Closerie des Lilas, Castel, le jardin du Luxembourg, etc), fréquente les clubs de jazz, rencontre et se lie d'amitié avec Françoise Sagan, Jacques Tati, Jacques Prévert, Savignac, Goscinny, etc. Paris l'impressionne, Paris l'éblouit, Paris le fascine.

On apprend en particulier que Jean-Jacques Sempé n'est pas que le père du Petit Nicolas mais aussi celui de Monsieur Lambert, de Catherine Certitude ou encore de Raoul Taburin.

L'élégance des croquis est accentuée par la délicatesse et la justesse des rares couleurs qui sont ajoutées. L'humour de la plupart des oeuvres est offerte en supplément...

Le public sort heureux de cette exposition.

Affiche Sempé Un peu de Paris et d'ailleurs
Hôtel de Ville de Paris
Une vidéo de la mairie de Paris (paris.fr) présentant l'exposition:



A noter: Sempé - Un peu de Paris et d'ailleurs
Exposition à l'Hôtel de Ville de Paris du 21 octobre 2011 au 11 février 2012.
Entrée 5 rue Lobau 75004 Paris
Ouvert du lundi au samedi de 10h à 19h (dernière entrée à 18h15)
Entrée libre





vendredi 11 novembre 2011

Le passage de Choiseul

Le passage de Choiseul est un passage couvert situé dans le 2e arrondissement de Paris.
Il mène de la rue des Petits-Champs à la rue Saint-Augustin.
Par des accès latéraux, il donne aussi sur la rue Dalayrac et la rue Sainte-Anne.
Il a donc quatre entrées.

Le passage et ses boutiques sont peu décorés. Bien qu'il s'agisse d'un passage habité, il semble avoir été peu maintenu.

Louis-Ferdinand Céline y vécut son enfance. Sa mère tenait une boutique d'antiquités au 67 passage de Choiseul.
En 1936, dans son ouvrage Mort à Crédit, Louis-Ferdinand Céline domicilie son héros dans le passage de Choiseul, qu'il nomme passage des Bérésinas...
Il décrit ce passage comme une petite province, avec toutes les connotations sociales que l'on imagine:

« Tout le monde se connaissait de boutique en boutique, comme dans une véritable petite province,
depuis des années coincée entre deux rues de Paris, c'est-à-dire qu'on s'y épiait et qu'on
s'y calomniait (...). Il faut avouer que le passage, c'est pas croyable comme croupissure. C'est fait pour qu'on crève, lentement mais à coup sûr, entre l'urine et les petits clebs, la crotte, les glaviots, le gaz qui fuit. C'est plus infect qu'un dedans de prison. Sous le vitrail, en bas, le soleil arrive si moche qu'on l'éclipse avec une bougie. Tout le monde s'est mis à suffoquer. Le passage devenait conscient de son ignoble asphyxie! »

Tout un programme!

Paris - Passage de Choiseul

Paris - Passage de Choiseul
Entrée par la rue Dalayrac

Paris - Passage de Choiseul
Entrée par la rue des Petits-Champs

A noter: une boutique dédiée à la sieste s'est installée depuis peu dans le passage de Choiseul...