mardi 15 novembre 2011

Le bestiaire de Paris de Bernard Dimey et Francis Lai

Bernard Dimey (1931-1981) est un poète et compositeur français.

Le Bestiaire de Paris est un poème de 66 quatrains en alexandrins datant des années 1960.
L'accompagnement musical à l'accordéon est de Francis Lai, un ami de Bernard Dimey.

Le Bestiaire de Paris passe en revue avec nostalgie les clichés d'un Paris populaire, nocturne et affreusement pauvre.

L'interprétation de 1962 par Pierre Brasseur et Juliette Gréco:


Quelques quatrains du Bestiaire de Paris:

Le barbu reviendra... j'entends encore son orgue,
Il reviendra vers nous quand il aura tout vu,
Il est allé cueillir les herbes de la sorgue,
La fleur des terrains vagues qui n'existent plus.


Les nuits blanches à Paris ont des couleurs atroces,
Ou de zinc ou de sang ou la couleur des yeux,
Les yeux jamais fermés des forçats de la noce
Qui bâfrent au hasard le Diable ou le Bon Dieu.


Je connais des putains qui crèchent aux Abbesses
Avec des vieux parents retraités sans pension,
Filles au coeur trop grand qui vivent de la fesse,
Quoi qu'ayant du principe et de la religion.


A l'entrée du métro dès qu'on ferme les grilles
D'étranges mendigots sortent nul ne sait d'où
Rappliquent aussitôt et ronflent en famille.
Ce soir tout va très bien, le fond de l'air est doux


Entre le square d'Anvers et les bars de Pigalle
On est un aristocrate une heure après minuit
Des barbots au coeur pur vont draguer en eau sale
Pour tirer leur épingle et passer leur ennui


(...)
La femme de léon est morte un beau dimanche
Sous le pont Saint-Michel, elle s'est trouvée mal
La camarde est venue la tirer par la manche
La tête enveloppée dans un papier journal

Le poème promène l'auditeur dans Paris: Charonne, rue du Temple, Notre-Dame, berges de la Seine, Saint-Germain, la ménagerie (du jardin des Plantes), les Halles, avenue Mozart, Montparnasse, Montmartre,  rue Saint-Vincent, rue Draguignan, ...

Une vision d'apocalypse est ensuite évoquée pour terminer sur un Paris qui n'existe plus:


Le barbu reviendra... vous entendrez son orgue,
Il vous racontera le pays qu'il a vu,
Il chantera pour vous le refrain de la sorgue,
Et vous vous souviendrez de Paris disparu...




3 commentaires:

  1. Bernard DIMEY
    Si ce nom vous est connu lisez la suite:

    Préface

       Annie Massy aime la chanson et sa Champagne. On pourrait même écrire que cela va de soi, car elle aime ce qui pétille chez les chanteurs, et ne pouvait donc trouver sujet plus approprié que Bernard Dimey.
       Un chanteur, c’est un corps, une voix, une inspiration et une histoire. Annie Massy avait déjà su planter les enjeux de la création chez un autre aventurier de la chanson ancré dans un territoire : Jacques Brel, dont elle avait su avec talent croquer la « brelgitude ». Être de quelque part, en tirer sa sève, ancrer son imaginaire dans les fils de l’enfance, voilà une méthode.
       Après Brel, Annie Massy s’attaque donc au massif Dimey par la même voie : celle du terroir.
       Pourtant, la tâche est plus complexe : l’ancrage de Brel à sa Belgique natale est une clé reconnue de son œuvre et de sa notoriété. L’aborder par ce biais, c’est conforter le regard du lecteur. Avec Dimey, Annie Massy entreprend une ascension bien plus périlleuse. Car, elle ne le cache pas, c’est à Montmartre que Dimey a bâti sa gloire. On sait qu’il adorait se présenter comme un célèbre « poète du XVIIIe »..., ajoutant après un temps d’arrêt, « arrondissement »...
       Or c’est en Champagne que tout se noue pourtant pour la compréhension de cette œuvre multiforme et foisonnante. Annie Massy l’établit avec brio. Le tour de force est magistral puisqu’il part d’un paradoxe, Dimey ayant plutôt voulu laisser dans l’ombre toute la première partie de sa vie. Mais notre auteur a du talent et de la vista : c’est en tressant le récit des premières années de Bernard Dimey, avec l’analyse rigoureuse de la plupart de ses chefs d’oeuvre, qu’elle emporte l’adhésion du lecteur. Du coup, on comprend que, comme chez Brel qui a su devenir lui-même en se libérant de sa Belgique, Dimey a su élaborer son succès par une forme de catharsis : il s’inspire de ses années de formation dans sa Champagne d’origine, de Nogent à Troyes, pour mieux sublimer ses rêves et ses déceptions en autant de morceaux que d’autres porteront au triomphe. Un voyage par procuration dont la matrice tirerait ses bulles de la Champagne, pour faire rayonner l’esprit de L’enfant maquillé, de Louxor à Syracuse...
       Intelligence, talent et générosité, la plume d’Annie Massy, en bonne champenoise, se met au diapason de son objet d’études : elle nous raconte simplement, de façon rythmée et vivante, le parcours de formation de Dimey, mais ne se limite pas à la biographie. Elle analyse avec précision mais aussi tout son savoir-faire de bonne pédagogue, comment les chansons reconnues sont élaborées. Adepte de la cantologie dont je fus naguère le pionnier, Annie Massy donne chair aux morceaux qu’elle évoque, décrit les interprétations, les musiques et les timbres, pour les faire résonner avec son récit biographique.
       Elle nous donne à comprendre, finalement, tout le charme longtemps insaisissable d’un créateur hors pair.
    Jeunesse champenoise, un très beau titre, et très juste, s’avère un très bel ouvrage, où se révèle une double inspiration en miroir : celle d’Annie Massy et celle de Bernard Dimey. Deux plumes généreuses, nourries des sèves d’un territoire dont l’intelligence et la générosité éclatent en pétillance dans ces pages à lire sans modération.

       Stéphane Hirschi
    Professeur de littérature et de cantologie à l’Université de Valenciennes


    Bernard DIMEY
    jeunesse champenoise, succès montmartrois
    Annie MASSY

    Livre 200 pages - N° ISBN 978 2 35208 083 1 – 17€

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    http://www.bordulot.fr/page25/page79/page79.html

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  2. je cherche le ou les titres interprétés à l'accordééon par francis lai que l'on entend dès le début du bestiaire de paris. Merci d'avance si vous avez la réponse

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  3. Bonsoir,

    Sur quel support les cherchez-vous?

    Bonne soirée

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