lundi 30 janvier 2012

Atelier blasons aux Archives Nationales

Hôtel de Rohan-Soubise

Hôtel de Rohan-Soubise

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Atelier Blasons

Atelier Blasons

Atelier Blasons

Archives Nationales

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Table du Parlement du XVIIe siècle

Hôtel de Rohan-Soubise

Hôtel de Rohan-Soubise
Tourelle de l'Hôtel d'Olivier de Clisson


Quadrille de Sacha Guitry

Quadrille est une pièce de théâtre de Sacha Guitry créée en 1937 et adaptée au cinéma, également par Sacha Guitry, en 1938.

Le quadrille est une danse de bal du XIXe siècle, composée de cinq figures aux noms étonnants: pantalon, été, poule, pastourelle et finale. Il peut être dansé par quatre couples sous la forme d'un carré ou par deux couples face à face... ce qui nous ramène au film Quadrille.

Dans l'entre-deux guerres, Carl Herikson, un irrésistible acteur américain, arrive à Paris.
Parmi ceux qui l'accueillent à l'Hôtel Ritz de la place Vendôme, la journaliste Claudine André, Philippe de Morannes, rédacteur en chef de Paris-Soir et sa compagne, la comédienne Paulette de Nanteuil qui joue au Théâtre du Gymnase.
Le quadrille est en place...

L'intrigue est classique cependant la mise en scène est captivante: un rythme virevoltant, des répliques spirituelles et acides, un humour certain, ...
Les personnages sont complexes et n'ont pas les réactions que l'on aurait pu envisager:
Philippe, blessé mais digne, ne se laisse pas emporter par la jalousie et finit par obtenir ce qu'il veut, Claudine, au départ méfiante et distante, accepte facilement une demande en mariage, ...

Quadrille fut d'abord une pièce de théâtre.
La mise en scène théâtrale est soulignée par les longs plans-séquence, le petit nombre de décors (Hôtel Ritz, appartement de Philippe), les pauses forcées, la spontanéité des acteurs, ...

Sacha Guitry mène la danse avec brio.
Léger, en apparence, dans certaines de ses répliques, il s'avère particulièrement profond et réfléchi voire fin stratège ou tout simplement sensible:
« Dis-moi chérie, dis-moi que tu aimes l'automne! - Ah oui mais pourquoi? - Regarde-moi! J'en fais une question absolument personnelle! »

Son écriture est rythmée, les dialogues sont incisifs et justes. C'est tout l'esprit et la fantaisie de Sacha Guitry que l'on retrouve dans ce film.

C'est aussi, hélas, les généralisations récurrentes sur les femmes: « les petites garces, vous ne valez pas mieux les unes que les autres ».





Les thèmes de Quadrille sont variés:
- l'amour et la passion
- l'infidélité, le mensonge, la trahison (les deux lettres écrites par Paulette)
- la critique du show-business (Carl, adulé pour sa beauté, n'est pas bien malin)
- la manipulation psychologique
- la réputation et les rumeurs

Au final, l'amour triomphe!



« J'ai imaginé la situation dans laquelle se trouvent les deux personnages principaux de ma pièce au troisième acte, et tout de suite j'ai commencé cette scène. Je ne connaissais alors que l'état civil de cet homme et de cette femme. A la première réplique son caractère à lui m'était révélé. A la vingtième réplique leur sentiment réciproque m'était connu. Vers le milieu de la scène, j'avais deviné ce qui avait pu se passer avant, et au second tiers de la scène je savais comment se terminerait la scène.
Et en somme, Quadrille est une scène à deux personnages, précédée de deux actes et prolongée de trois, elle se noue pendant les deux premiers actes, les noeuds sont serrés pendant vingt-cinq minutes et elle se dénoue non sans difficulté pendant les trois derniers. Aux cours des six actes, si ma pièce présente quelques surprises, puis-je me permettre de vous dire que j'en ai été le premier surpris? »
Sacha Guitry 1937

Production : Les Films Modernes (Émile Natan)
Distribution : Les Distributeurs Associés
Scénario original et dialogues : Sacha Guitry d'après sa pièce Quadrille
Réalisation : Sacha Guitry
Acteurs: Sacha Guitry, Jacqueline Delubac, Gaby Morlay, Pauline Carton, Georges Grey, Jacques Vitry, Louis Baldy, Marguerite Templey
Sortie : 25 janvier 1938 au cinéma Marivaux à Paris

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Quadrille de Sacha Guitry - Extraits

Quelques aphorismes de Sacha Guitry, extraits de son oeuvre Quadrille

« Est-ce possible qu'on soit si grande artiste et si petite femme? »

« Il a été convenu que le jour où tu serais lasse de moi tu me préviendrais la veille! »

« Tout nous trahit lorsque nous trahissons. »

« Une femme ne quitte en général un homme que pour un autre homme - tandis qu'un homme peut très bien quitter une femme à cause d'elle. » 

« Il ne faut jamais aller au-devant des choses qu'on redoute. »

« Pourquoi faut-il que nos minutes les plus belles soient souvent considérées comme des crimes? »

« Il n'est pas question de se mentir - mais il ne faut pas non plus t'imaginer que tu me dis la vérité parce que tu me dis ce que tu penses. Ton absolue sincérité n'est pas une garantie. On n'est pas infaillible parce qu'on est sincère. »

« Au début d'une aventure, le cocu y est toujours pour quelque chose. »

« C'est une très grande erreur de croire que, dès qu'on est cocu, on a droit instantanément à toutes les autres femmes ! »

« À force de changer de femme, on finit par changer soi-même! »

« Quand une femme est seule, elle se voit seule au monde! »

« Vous vous rendez compte des ravages qu'un être peut causer par la seule force de sa séduction. »

« Il ne faut jamais rien dire à une femme! »

« Quand on a vingt ans de plus qu'une femme, c'est elle qui vous épouse. »

samedi 28 janvier 2012

Les gens de Philippe Labro

Les gens est un roman de Philippe Labro paru en 2009.

Les gens.
Derrière ce titre, en apparence banal, Philippe Labro nous livre un roman captivant!

La première interrogation du lecteur porte sur le titre de l'ouvrage. Généralisation par provocation? Analyse du particulier pour accéder à l’universel? Positionnement social? De quels gens nous parle Philippe Labro?
De nos jours, la réfutation de la généralisation est une norme... avec l'habituel laïus: Il ne faut pas généraliser!
Probablement est-ce le souhait de Philippe Labro de nous inciter à nous interroger sur notre conception de la société et des gens, à la fois semblables et différents les uns des autres...

Philippe Labro nous raconte l'histoire de la belle Maria qui a fuit ses parents adoptifs et trouve pas hasard un travail de fille au pair en Californie...
A Paris, l'élégante Caroline Soglio subit une rupture amoureuse cruelle et Marcus Marcus, l'animateur télé ne pense qu'à son audimat. Le décor est planté.
Contre toute attente, les vies de ces trois personnages vont se croiser et s'entremêler.

L'écriture est fluide et l'intrigue captivante, cependant les personnage sont caricaturaux: les femmes sont trop belles, les hommes sont trop charismatiques, la vie est pleine d'opportunités dignes d'un conte de fées.
Bien que Philippe Labro précise que « Les gens c'était tout le monde et c'était n'importe qui » , objectivement les personnages du roman ne reflètent pas la société.

Philippe Labro nous propose une perception de Paris par l'américaine Maria:
« C'est peut-être aussi cette ville : Paris, leur ville, qui fait que c’est difficile de se faire une opinion définitive.
Paris, c’est une ville salle, polluée, bruyante, absolument pas organisée. Il y a des deux-roues partout, vélos, scooters. Ils font n’importe quoi, ils montent sur les trottoirs, ils prennent les sens interdits, les voitures brûlent les feux-rouges. (...) Ils et elles ont tous un téléphone portable collé à l’oreille. La première fois que tu vois ça, c’est comme si une ville entière avait mal à l’oreille gauche mais alors là tu les vois sourire. Ils minaudent, ils bisoutent, ils gloussent. On dirait qu’ils passent leur vie à se dire qu’ils vont se retrouver et que cet appareil leur tient lieu d’instrument de bonheur, de certitude, de réassurance.
Mais tout ça c’est pas très important parce qu’en même temps, elle est tellement belle cette ville que tu oublies ces détails superficiels, ces fausses apparences. Tu oublies tes préjugés, tu oublies les travaux partout, les embouteillages pas plus sérieux que chez nous d’ailleurs, tu oublies la grossièreté de certains flics, la morosité de certains visages et tu ne vois alors que l’élégance des pierres, l’intelligent dessin d’une ville qui a pas été découpée en carrés et en rectangles monotones comme la plupart des nôtres en Amérique. Tu sens bien qu’il y a une Histoire»



Philippe Labro aborde de nombreux thèmes, dans cet ouvrage :
  • la psychologie (l’Ego, la manipulation, la mégalomanie, la recherche de l'identité, ...)
  • l'amour (les Stadler) et à l’inverse la solitude amoureuse
  • la solitude et à l'inverse l'amitié et l'entraide
  • la critique des médias et la course à l’audimat (« Le Président René Pervillard qui a une crise cardiaque, à mon avis une rupture d’anévrisme, allez savoir -au beau milieu d’une chaîne télé, la nôtre, et vous n’avez pas pensé au scoop ? A l’image ?… » )
  • le microcosme parisien qui génère une réelle aversion (les dîners mondains, les buzzeurs professionnels armés de blogs qui « ont une journée d’avance sur toutes les officines de ragots, rumeurs et potins, scoops bidons et désinformation organisée »…)
  • la superficialité, la primauté de l’apparence (début de calvitie de Marcus Marcus)
  • la jalousie, les mesquineries, l'ambition, l'arrivisme
  • l'argent, le pouvoir et la domination
  • la violence (le drame de l'inceste)




Broché: 413 pages
Editeur: Editions Gallimard
Date de parution: 3 juin 2010
Collection: Folio
ISBN: 978-2070421428

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vendredi 27 janvier 2012

Doisneau Druillet Paris de fous

Doisneau Druillet Paris de fous est une bande dessinée de science-fiction basée sur les photographies de Robert Doisneau, les dessins de Philippe Druillet et les textes de Stan Barets. Cet ouvrage est paru en 1995 chez Dargaud.

Doisneau Druillet Paris de fous est avant tout un ouvrage qui rend un vibrant hommage posthume à Robert Doisneau, l’ami de Philippe Druillet.

Sur la base de magnifiques photographies noir et blanc de Robert Doisneau, Philippe Druillet a produit des illustrations fascinantes tant dans les traits que dans le choix des couleurs.
L’ouvrage présente un Paris à la fois réel et fantastique.

Philippe Druillet est un dessinateur de Bande Dessinée, illustrateur, scénariste qui a marqué la Science-fiction française. Les planches de Druillet diffèrent de la Bande Dessinée traditionnelle: la mise en page des planches a une construction insolite, inhabituelle dans le monde de la Bande Dessinée.
En 1966, le premier livre de Philippe Druillet, Le Mystère des abîmes met déjà en scène le héros Lone Sloane dans un univers de science-fiction.
En 1969, René Goscinny fait paraître huit planches de Philippe Druillet dans le journal Pilote.
En 1974, il fonde avec Jean Giraud, Jean-Pierre Dionnet, et Bernard Farkas Métal Hurlant et la maison d’édition des Humanoïdes Associés.
En 1980, il produit Salammbô, une trilogie inspirée par le roman éponyme de Gustave Flaubert.
Il s’est aussi intéressé à l’Opéra Rock (La nuit est une œuvre culte de Hard Rock), la peinture, la sculpture, l’architecture et l’infographie.
Il a créé des décors pour le cinéma et pour des séries telles que Les rois maudits, ainsi que les affiches des films La guerre du feu et Le nom de la rose.

Les aventures de Lone Sloane, aventurier solitaire futuriste et interstellaire, contenues dans des planches parfaitement abouties, aux couleurs de braise, aux cadres démesurés, aux univers géométriques, à la démesure des illustrations, ... bouleversent la vision traditionnelle de la Bande Dessinée.
La subtile déconstruction de l’ouvrage souligne les errances dans Paris de Lone Sloane.
Les textes se mêlent et nous racontent de multiples histoires.

Ce magnifique voyage dans le temps reprend quelques uns des moments historiques que connut Paris:
« Les Normands prennent pied au Châtelet. La foule massacre les gardes de la Bastille. La Saint-Barthélémy laisse une traînée de sang dans les rues de Paris. La Terreur règne. La Fronde gronde. Les Goths ont mis le siège. Les Cosaques campent sur les Champs-Elysées. Les Armagnac massacrent les Bourguignon. La guillotine ruisselle, le tocsin sonne, les balles sifflent, le canon tonne, le pavé se hérisse de barricades. Gavroche tombe le fusil à la main. Les derniers Fédérés préfèrent mourir sur place contre un mur du Père-Lachaise... »

Dans cet ouvrage, les monuments parisiens sont démultipliés, déformés, colorés, redimensionnés, personnifiés (yeux rouges, bleus)... le regard du lecteur sur ces symboles parisiens est changé!

Paris semble pourtant vide : une ville composée de monuments mais quasiment vidée de sa population au point que Lone Sloane rencontre par hasard et à plusieurs reprises sa conquête Lola.

Ce voyage cosmique s’articule autour de différents thèmes:
  • Paris, bien sûr
  • l’art (le Penseur de Rodin à Meudon, l'Opéra, le Louvre, le Centre Pompidou) 
  • et en particulier, la photographie (nombreuses planches de Robert Doisneau)
  • le mal-être et le désespoir (« Y a-t-il un bonheur ici bas? »)
  • l’amour (Lone Sloane et la belle Lola, Béatrice et son amant) 
  • les conflits (les rivières de sang qui coulent du Sacré-Cœur) 

Au-delà des photographies de Robert Doisneau, cet ouvrage évoque les circonstances de la parution du premier livre La banlieue de Paris du photographe, qui a bénéficié de l'appui de Blaise Cendrars, particulièrement intéressé par la ville de Gentilly, où Robert Doisneau est né.




Cartonné: 125 pages
Editeur : Dargaud
Date de parution: 1995
ISBN: 978-2205042719

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mercredi 25 janvier 2012

Nogent Eldorado du dimanche de Marcel Carné


Nogent Eldorado du dimanche est le premier film de Marcel Carné. Il s'agit d'un film muet réalisé en 1929.

Dans ce document particulièrement émouvant, Marcel Carné nous présente en partie la vie des parisiens pendant l’entre-deux-guerres.

Le plan sur l’ange de la Bastille nous rappelle le point de départ d’une ligne de chemin de fer construite en 1859.
Cette ligne, au départ de la Bastille et allant vers la banlieue, desservait Nogent-sur-Marne et a rendu les berges de la Marne facilement accessibles aux parisiens pour leur temps de repos dominical.

Si l’on ne peut plus reconnaître la campagne filmée pendant le trajet, on devine aisément l’arrivée à la gare de Nogent-sur-Marne, aujourd’hui gare de RER.
Les parisiens descendaient ensuite l’avenue Victor Hugo, qui permet aujourd’hui d’accéder au pavillon Baltard, et atteignaient les berges de la Marne.
Des barques transportaient éventuellement les promeneurs vers d’autres sites des bords de Marne (Champigny, Saint-Maur, Le Perreux, …).

C’est l’époque des guinguettes, des baignades, des compétitions d’aviron, des fêtes nautiques, …
C’est aussi dans ces années que les parisiens les plus fortunés font construire à Nogent de somptueux hôtels particuliers.

… et finalement le dimanche soir tout ce petit monde remontait l’avenue Victor Hugo pour prendre le train du retour. La mélancolie du retour est soulignée par l’alternance du violon et de l'accordéon.

Le générique de Nogent Eldorado du dimanche signale que ce film a été perdu pendant près de quarante ans et que l’on doit à Marcel Carné, qui en avait conservé un exemplaire, le plaisir de le voir aujourd’hui.




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lundi 23 janvier 2012

Autoportrait à la robe de velours de Frida Kahlo

Dans son ouvrage Frida Kahlo La beauté terrible, Gérard de Cortanze nous explique le contexte dans lequel le tableau Autoportrait à la robe de velours a été réalisé:

« En réalité, le premier autoportrait véritable date de la fin de l’été 1926, époque à laquelle elle a le sentiment d’avoir perdu à jamais l’être qu’elle aime le plus au monde : Alex. Cette petite huile sur toile, de 78,7*58,4 cm intitulée Autoportrait à la robe de velours, est comme un cadeau d’adieu offert au fiancé afin qu’il ne l’oublie jamais : Frida y porte une robe de velours au décolleté profond, ce qui constitue pour une jeune fille mexicaine de dix-neuf ans, surtout à cette époque, une tenue des plus osées.
Le don est précédé d’une lettre :
« D’accord, j’ai dit des tas de « je t’aime », j’ai eu des rendez-vous et j’en ai embrassé certains, mais dans le fond, je n’ai aimé que toi. […] Le portrait sera chez toi dans quelques jours. Excuse-moi de te le donner sans cadre. Je te supplie de ne pas l’accrocher trop haut, pour que tu puisses le regarder comme si c’était moi… ».
Frida Kahlo fera suivre cet autoportrait initial de quelque cinquante-cinq autres – soit presque un tiers de son œuvre. »

Elle peignit donc ce premier tableau pour son fiancé Alejandro Gómez Arias qui l'avait quittée.

Autoportrait à la robe de velours
Frida Kahlo 1926
Huile sur toile
Collection privée

Dans cette peinture, Frida se présente dignement, son regard est fier.
Les traits étirés rappellent l'oeuvre de Modigliani.
Elle tend une main vers le spectateur à la façon de la Vénus de Boticelli.




Broché: 206 pages
Editeur: Editions Albin Michel
Date de parution: 31 août 2011
ISBN: 978-2226230591

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samedi 21 janvier 2012

L’écume des jours de Boris Vian

L’Écume des jours est un roman de Boris Vian publié en 1947.

Dès l'avant-propos, Boris Vian annonce l'atmosphère du roman: « Il y a seulement deux choses : c’est l’amour, de toutes les façons, avec des jolies filles, et la musique de la Nouvelle-Orléans ou de Duke Ellington. Le reste devrait disparaître, car le reste est laid, et les quelques pages de démonstration qui suivent tirent toute leur force du fait que l’histoire est entièrement vraie, puisque je l'ai imaginée d'un bout à l'autre. »



Avec humour, Boris Vian nous livre une puissante satire de notre société.

Boris Vian dépeint une histoire absurde en jouant avec les inversions:
  • L’eau, symbole de vie, devient mortelle: Chloé ne doit pas boire d'eau au risque de permettre au nénuphar de grandir 
  • Le froid est bénéfique « Tu vas prendre froid ! s'écria Alise. Couvre-toi ! — Non, murmura Chloé, il le faut, c'est le traitement » 
  • Les personnages passent d'une vie insouciante aux plus graves difficultés
  • Le mariage a lieu en hiver alors que la mort de Chloé survient au printemps 
  • Les fleurs, symbole d'amour, deviennent mortelles 
  • Le travail, facteur de socialisation, devient aliénant 
  • Les forces de l'ordre tuent plutôt que de protéger la population 
  • L'inversion des catégories sociales: « Votre père est agrégé de mathématiques ? – Oui, il est professeur au Collège de France et membre de l’Institut (...) c’est lamentable… à trente-huit ans. Il aurait pu faire un effort. » 
  • Les erreurs de jugement deviennent la règle « Dans la vie, l'essentiel est de porter sur tout des jugements a priori. Il apparait en effet que les masses ont tort, et les individus toujours raison. Il faut se garder d'en déduire des règles de conduite: elles ne doivent pas avoir besoin d'être formulées pour qu'on les suive. » 
  • Nicolas passe d'un discours châtié (« Je n'ai pas l'avantage de connaître Monsieur Chick ») à un langage vulgaire (« C'est dégueulasse de ta part (...) J'ai l'air de foutre le camp comme un rat »). 
L'irréalisme de L'écume des jours semble extrait d'un conte: les anguilles arrivent par les canalisations, les comédons se cachent, la souris se suicide, le chat a une conversation métaphysique avec la souris, les voleurs ont des horaires réguliers, ...

Les inventions lexicales audacieuses sont récurrentes: pianocktail, doublezon, zonzonner, antiquitaire, les pompeurs, le chuiche, le biglemoi, le bedon, un cépédéiste, ...

 Les thèmes sont variés:
  • La religion (Vian présente une Église avide d’argent : le Christ interpelle Colin sur son manque de moyens pour la cérémonie.) 
  • Le monde du travail (« Ce n'est pas tellement bien de travailler - En général, on trouve ça bien. En fait personne ne le pense, on le fait par habitude » « c'est idiot de faire un travail que des machines pourraient faire ») 
  • L’amitié 
  • La mort et le suicide 
  • L’amour (l'amour fou, l'amour impossible et l'amour physique) 
  • La maladie (le nénuphar est une métaphore pour un cancer ou peut-être une tuberculose…) 
  • La violence (lapidation de Colin, meurtre de Chick, ...) 
  • Le culte de la personnalité avec le personnage Jean-Sol Partre (l’exposition de vomi empaillé est une référence à La Nausée de Jean-Paul Sartre). 
  • Le temps (« Tu as vieilli de dix ans depuis huit jours. — De sept ans, rectifia Nicolas. » « le plus clair de mon temps, je le passe à l'obscurcir car la lumière me gène. »)
  • L'espace (l'appartement de Colin devient marécage, l'appartement rapetisse, l'humidité s'installe et la lumière diminue) 
  • La discrimination (les pauvres ont droit à un enterrement sans respect) 
  • L’hypocrisie (Colin est généreux pour conserver son cercle d’amis, Chick est intéressé par la fortune de colin). 
  • La guerre et le commerce des armes 
Le thème du jazz est omniprésent tout au long du roman:
  • Les lieux d'écriture imaginés de l'oeuvre: La Nouvelle-Orléans, Memphis et Davenport 
  • Les artistes de jazz ou d'autres courants (« La pièce, de quatre mètres sur cinq environ, prenait jour sur l'avenue Louis-Armstrong », « C'était Chloé, dans l'arrangement de Duke Ellington. » , « - Allô ? La maison Gershwin ? », « ... c'était la rue Jimmy-Noone>, « Ils tournèrent dans la rue Sidney-Bechet » « ... les notes s'envolaient, aussi aériennes que les perles de clarinette de Barney Bigard dans la version de Duke. » 
  • Les styles de jazz (« J'ai obtenu à partir de la Black and Tan Fantasy un mélange vraiment ahurissant. » , « Je conseille à Monsieur un tempo d'atmosphère, dans le style de Chloé, arrangé par Duke Ellington, ou du Concerto pour Johnny Hodges ... dit Nicolas. Ce qu'outre-Atlantique on désigne par moody ou sultry tune. » 
  • Les morceaux de jazz (le prénom Chloé est le titre d'une chanson de Duke Ellington, « - C'était The Mood to be Wooed ... dit Colin » « Vous connaissez Slap Happy ? » « Je vais vous jouer le Blues du Vagabond » « - Si je jouais Misty Mornin' ? Proposa l'antiquitaire. » « ... il joua encore Blue Bubbles ... » 

L'histoire se déroule à Paris.
Colin emprunte le métro pour rejoindre ses amis à la patinoire Molitor dans le XVIe arrondissement.
Plus tard, lorsque Colin a rendez-vous avec Chloé, il hésite sur leur destination:
« Colin (...) ne savait pas que faire avec Chloé. (...) Pas au députodrome, elle n’aimera pas ça. Pas aux courses de veaux, elle aura peur. Pas à l’hôpital Saint-Louis, c’est défendu. Pas au musée du Louvre, il y a des satyres derrière les chérubins assyriens. Pas à la gare Saint-Lazare, il n’y a plus que des brouettes et pas un seul train. »

L'un des emplois de Colin consiste à surveiller une réserve d'or mais il n'est pas précisé dans quelle banque cette réserve se trouve... :
« Colin (...) marchait, depuis le matin, dans la cave de la Réserve d’Or. Sa tâche consistait à crier quand il voyait des hommes venir voler l’or. La cave était très grande. Il fallait un jour, en allant vite, pour en faire le tour. Au centre, se trouvait la chambre blindée où l’or mûrissait lentement dans une atmosphère de gaz mortels.  »

Pour appréhender cette oeuvre, le lecteur devra accepter de perdre ses repères et ainsi immerger dans cet univers absurde. Absurde, en apparence, car le réquisitoire délicatement dissimulé par Boris Vian porte bien sur la société qui nous entoure.


Boris Vian avait 25 ans
lorsqu'il écrivit  L'écume des jours

Broché: 317 pages
Editeur : Christian Bourgois
Date de parution (réédition): 13 mai 1994
ISBN: 978-2267011784

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mercredi 18 janvier 2012

Mythe et Mystères de la Joconde

La Joconde est l’œuvre du musée du Louvre qui attire le plus les visiteurs. Le documentaire Mythe et mystères de la Joconde nous présente l'histoire de cette oeuvre unique.

A l’âge de soixante ans, Léonard de Vinci traverse les Alpes pour rejoindre François Ier. Il emporte avec lui ses tableaux fétiches parmi lesquels figure Mona Lisa. Après la mort de Léonard de Vinci, le tableau circule du château de Fontainebleau jusqu’à Versailles en passant par les Tuileries. On le retrouve dans la chambre de Joséphine de Beauharnais avant qu’il ne soit exposé au musée Napoléon, futur musée du Louvre.

Un portait énigmatique…

Jean-Pierre Guillerm dans son ouvrage Tombeau de Léonard de Vinci souligne l'évocation de la Joconde par Michelet:
« La Joconde trouble le spectateur, Michelet se met en scène lui-même dans ce risque mortel suscité par la représentation féminine moderne:
Cette toile m'attire, m'appelle, m'envahit, m'absorbe; je vais à elle malgré moi, comme l'oiseau au serpent. »

Giorgio Vasari dans son ouvrage Les vies des plus excellents peintres, sculpteurs et architectes fait l’éloge de la Joconde sans jamais l'avoir vue. Il précise que la Joconde est le portrait de Lisa Gherardini (1479 - 1542 ou 1551) qui épousa Francesco del Giocondo, d’où son nom.

Différents aspects de la Joconde en font, encore de nos jours, un portrait unique : son sourire énigmatique, son expression sereine, ses mains qui expriment un bien-être, une maturité paisible, …
Était-elle enceinte?

Bien qu’elle ait la réputation de suivre le regard du spectateur, son attention est posée derrière celui-ci sur la droite.
Les personnes interviewées dans le documentaire proposent différentes interprétations : le spectateur devient le tableau de la Joconde, la Joconde regarde le passé du spectateur ou bien elle regarde l’enfant qu’était le spectateur... En définitive, chaque visiteur a sa propre interprétation.

Le paysage, lointain et fantastique, donne une touche d'éternité à la scène.

Le XXe siècle est pour la Joconde un siècle d’aventures…

En 1911, la Joconde est dérobée au musée du Louvre. Un peintre en bâtiment la conserve deux ans sous son lit dans un hôtel de Florence. Il souhaitait la rendre à l'Italie…
Avant son retour à Paris, elle parcourt les plus grandes villes italiennes.

En 1939, la Joconde est envoyée au château Montcalm en attendant la fin de la seconde guerre mondiale. Elle restera sept ans sous le lit du conservateur du musée du Louvre.

En 1956, un homme lui lance un caillou qui provoque une éraflure à son coude gauche. Elle est heureusement parfaitement restaurée par Jean-Gabriel Goulinat.

En 1963, elle part aux Etats-Unis, suite à une négociation entre John Kennedy et André Malraux, pour une exposition à la National Gallery of Art à Washington.


En 1974, elle part au Japon, suite à l’intervention de Georges Pompidou et se trouve exposée à Tokyo, au musée national d'Ouéno. A son retour, les russes ayant été avertis de son passage dans l’espace aérien soviétique, exigent un arrêt à Moscou.

La Joconde, matière première d’autres oeuvres...

Les variateurs, tels qu’Andy Warhol l'utilisent comme base de travail, pour des sérigraphies, collages, déformations graphiques, …
Marcel Duchamp la parodie en 1919 dans une œuvre célèbre titrée LHOOQ (à dire à haute voix !).



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lundi 16 janvier 2012

Enquête sur la vie, l'oeuvre et le destin de Modigliani

Enquête sur la vie, l'oeuvre et le destin de Modigliani est le troisième chapitre de la série Les heures chaudes de Montparnasse.


Jean-Marie Drot analyse, dans ce document, l'oeuvre de Modigliani à travers les dernières années de sa vie.

Blaise Cendrars se souvient de sa première rencontre rue Lauriston avec Modigliani. Il garde l'image d'un très bel homme.
André Salmon nous rappelle que Modigliani dépensait, comme un défi à sa misère première, à la pauvreté de son enfance.
Pierre Bertin, au delà de la beauté, présente Modigliani comme un homme fier, en particulier losqu'il vient de terminer le portrait de Jean Cocteau. Il réalise alors le portrait de la plupart de ses amis.

Jean Cocteau
Amedeo Modigliani
1916

Jacques Lipshitz raconte dans son ouvrage paru en 1954: « Mon prix, avait dit Modigliani, est de 10 francs la séance plus un peu d’alcool. » En une séance, Modigliani réalisait les esquisses et le jour suivant il exécutait les portraits. Il travaillait très rapidement.
Jeanne Survage raconte à quelle vitesse Modigliani a executé son portrait et le cite « Je ne reprends jamais un portrait ».

Sa fille, Jeanne Modigliani, a consigné dans l'ouvrage Modigliani sa légende l'histoire d'un père qu'elle n'a pas connu. Jeanne propose une interprétation à la rapidité du travail de son père: Modigliani avait conscience du fait que sa vie serait courte...

En 1907, arrivé à Paris, Modigliani s'installe à Montmartre, au Bateau Lavoir. Il y rencontre Maurice Utrillo.
D'abord influencé par Toulouse-Lautrec et Steinlen, il s'inspire ensuite de Paul Cézanne.
Il se considère alors plus comme un sculpteur que comme un peintre. Il est adepte de Constantin Brancusi.

En 1909, il installe son atelier Cité Falguière à Montparnasse.
Les portraits de Modigliani se caractérisent par des yeux vides et des formes étirées.
Claude roy précise dans son livre que « Les nus de Modigliani expriment une sensualité dont nous avons peu d'équivalents dans l'Art »...

En 1917, Chana Orloff présente Jeanne Hébuterne à Modigliani et exprime ses regrets quant à cette rencontre.
Modigliani décède le 25 janvier 1920 à l'âge de 36 ans. Le lendemain Jeanne se suicide, enceinte de huit mois... laissant la petite Jeanne âgée d'un an.

 Le documentaire mis à disposition par l'INA:

 

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dimanche 15 janvier 2012

Sur les quais du Vieux Paris

Sur les quais du vieux Paris est une chanson écrite par Louis Poterat (paroles) et Ralph Erwin (musique) en 1939.
Une des toutes premières interprétations par Lucienne Delyle:



Quand doucement tu te penches
En murmurant "C'est dimanche,
Si nous allions en banlieue faire un tour
Sous le ciel bleu des beaux jours ? "
Mille projets nous attirent,
Mais, dans un même sourire,
Nous refaisons le trajet simple et doux
De nos premiers rendez-vous

[Refrain]
Sur les quais du vieux Paris,
Le long de la Seine
Le bonheur sourit,
Sur les quais du vieux Paris,
L'amour se promène
En cherchant un nid.
Vieux bouquiniste,
Belle fleuriste
Comme on vous aime,
Vivant poème !
Sur les quais du vieux Paris,
De l'amour bohème
C'est le paradis

Tous les vieux ponts nous connaissent,
Témoins des folles promesses,
Qu'au fil de l'eau leur écho va conter
Aux gais moineaux effrontés
Et, dans tes bras qui m'enchaînent,
En écoutant les sirènes,
Je laisse battre, éperdu de bonheur,
Mon coeur auprès de ton coeur

Rue Quincampoix, le coup de maître de Cartouche

La rue Quincampoix est située dans le IIIe et le IVe arrondissement de Paris.

Dès 1690, une spéculation illicite est faite sur les billets d'État. On parle d'agiotage. Cette spéculation s'enflamme de mai 1719 à mai 1720, en particulier sur les actions de la Compagnie des Indes. Les spéculateurs sont nombreux et de tous milieux sociaux: gens de la Cour, bourgeois, hommes d'affaires, marginaux, ...

C'est rue Quincampoix que John Law installe sa Banque Générale au n°65.

L'agiotage pratiqué autour de la Banque Générale est inhérent à la théorie de John Law: l'abondance de monnaie est source de prospérité pour l'État et peut être augmentée encore par le crédit. Dans le même temps, la Banque Générale procure au papier la valeur de l'argent et se charge de la perception des impôts et des emprunts publics.

Mais la valeur des actions n'est pas basée sur la réalité, John Law se voit dans l'incapacité de verser des dividendes. L'abondance de papier-monnaie a favorisé la spéculation et les billets ne peuvent être convertis en métal.
C'est la banqueroute du système de John Law.

Les complices de Cartouche profitent de la tension des spéculateurs pour se glisser dans cette foule et volent aux nantis leurs objets de valeur. Langlade, un des complices de Cartouche, remarque le jeu d'un anglais, Mac Dermott, qui possède d'importants paquets d'actions qu'il retire d'un volumineux portefeuille de cuir.
Langlade le suit, profite d'une bousculade pour lui dérober son portefeuille. Celui-ci passe de main en main et parvient rue de la Huchette, dans un repère de Cartouche.

Cartouche fait compter les billets par ses complices. Le butin est estimé à un million trois cent mille livres.
Ce coup de maître marquera la réputation de Cartouche.

Cartouche Masque mortuaire

On notera que la rue de la Reynie (premier lieutenant de police de l'Histoire) se termine au niveau de la rue Quincampoix...

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vendredi 13 janvier 2012

Modigliani de Mick Davis

Modigliani est un film britannique de Mick Davis sorti en 2004. Ce film est librement inspiré de la vie d’Amedeo Modigliani.

Nous sommes à Paris en 1919.
Le café La Rotonde, dans le XIVe arrondissement de Paris, est un des lieux de rendez-vous des artistes venus du monde entier et installés à Montparnasse… Un homme se distingue parmi ses artistes : Amedeo Modigliani.

Le film met en scène quelques moments de la vie de Modigliani, et plus particulièrement les derniers mois de sa vie. Modigliani, jeune peintre juif, est amoureux de Jeanne Hébuterne, jeune femme catholique. Ils ont une première fille Giovanna qui est envoyée au couvent en bas âge.
Démuni, Modigliani a pourtant besoin d’argent pour récupérer son enfant ainsi que pour sa vie dispendieuse (alcool, drogues, …). Il décide alors de s’inscrire à un concours d’artistes peintres, avec ses amis Chaïm Soutine, Maurice Utrillo, Diego Rivera … et Pablo Picasso.



Ce film exacerbe certains aspects rock'n'roll de la vie de Modigliani (amour, drogues, rivalités, violence, …) et met, hélas, ses activités artistiques au second plan.
En définitive, peu d’œuvres sont présentées, elles se situent majoritairement lors de l’exposition de Modigliani à la Galerie Berthe Weill et lors de la réception de Gertrude Stein.

Le film se caractérise par des anachronismes (la radio diffuse La Vie en rose d'Édith Piaf (1942), un accordéon joue Johnny tu n'es pas un ange (1937), Frida Kahlo, la femme de Diego Rivera est représentée adulte alors qu’elle était adolescente, …) et par de pures fictions (les tableaux présentés au concours n’existent pas tous, la rivalité entre Modigliani et Picasso, …)..

Hélas, de Paris, le spectateur ne perçoit rien car les décors ont été recréés en Roumanie.

La séquence de préparation des toiles par les peintres en vue du concours est accompagnée, trop facilement, d’un Ave Maria modernisé afin que le spectateur comprenne la dimension mystique de la scène qui confère à ces artistes le statut de demi-dieux. On notera que les artistes sont en transe comme si leur art était une drogue.

La scène de rencontre des trois figures que sont Renoir, Picasso et Modigliani est, à mon sens, la plus apaisée et la plus belle.

Les thèmes de Modigliani sont variés: les milieux artistiques parisiens au début du XXe siècle, la création artistique, les paradis artificiels dans ces milieux, l’amour, la folie, la mixité sociale et religieuse, l’irresponsabilité parentale, le mythe de l’artiste maudit, ...



Titre : Modigliani
Réalisation et scénario: Mick Davis
Musique : Guy Farley
Acteurs: Andy Garcia (Amedeo Modigliani), Elsa Zylberstein (Jeanne Hébuterne), Omid Djalili (Pablo Picasso), Hippolyte Girardot (Maurice Utrillo), Eva Herzigova (Olga Picasso), Udo Kier (Max Jacob), Susie Amy (Beatrice Hastings), Peter Capaldi (Jean Cocteau), Louis Hilyer (Zborowski), Stevan Rimkus (Soutine), Dan Astileanu (Diego Rivera), George Ivascu (Moise Kisling), Michelle Newell (Eudoxie Hébuterne), Frederico Ambrosino, Miriam Margolyes (Gertrude Stein), Irina Dinescu, Theodor Danetti (Renoir), Ion Siminie (Claude Monet), Béatrice Chiriac (Frida Kahlo), ...

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mercredi 11 janvier 2012

Paris vu par le label Putumayo

Le label Putumayo World Music a produit en 2006 une compilation titrée Paris.


L'album reprend quelques artistes de la nouvelle scène française cependant l'auditeur peut légitimement s'interroger sur le choix des artistes et des morceaux. Seules les chansons Au café de la Paix et Lettre à P... évoquent Paris.

01 - Au Café de la Paix - Thomas Fersen


02 - Samba de mon coeur qui bat - Coralie Clement

03 - Dites moi tu - Karpatt


04 - Quelqu'un m'a dit - Carla Bruni


05 - Je reste au lit - Pascal Parisot


06 - Jardin d'Hiver - Keren Ann


07 - Serre-moi - Tryo

08 - Lettre à P... - Paris Combo


09 - L'ongle - Presque Oui


10 - Ta p'tite flamme - amelie-les-crayons

11 - Les pages - Myrtille


12 - Carpe diem - Aldebert

mardi 10 janvier 2012

Un voyage à Cythère de Baudelaire

Un voyage à Cythère

Mon coeur, comme un oiseau, voltigeait tout joyeux
Et planait librement à l'entour des cordages ;
Le navire roulait sous un ciel sans nuages,
Comme un ange enivré d'un soleil radieux.

Quelle est cette île triste et noire ? - C'est Cythère,
Nous dit-on, un pays fameux dans les chansons,
Eldorado banal de tous les vieux garçons.
Regardez, après tout, c'est une pauvre terre.

- Ile des doux secrets et des fêtes du coeur !
De l'antique Vénus le superbe fantôme
Au-dessus de tes mers plane comme un arôme,
Et charge les esprits d'amour et de langueur.

Belle île aux myrtes verts, pleine de fleurs écloses,
Vénérée à jamais par toute nation,
Où les soupirs des coeurs en adoration
Roulent comme l'encens sur un jardin de roses

Ou le roucoulement éternel d'un ramier !
- Cythère n'était plus qu'un terrain des plus maigres,
Un désert rocailleux troublé par des cris aigres.
J'entrevoyais pourtant un objet singulier !

Ce n'était pas un temple aux ombres bocagères,
Où la jeune prêtresse, amoureuse des fleurs,
Allait, le corps brûlé de secrètes chaleurs,
Entre-bâillant sa robe aux brises passagères ;

Mais voilà qu'en rasant la côte d'assez près
Pour troubler les oiseaux avec nos voiles blanches,
Nous vîmes que c'était un gibet à trois branches,
Du ciel se détachant en noir, comme un cyprès.

De féroces oiseaux perchés sur leur pâture
Détruisaient avec rage un pendu déjà mûr,
Chacun plantant, comme un outil, son bec impur
Dans tous les coins saignants de cette pourriture ;

Les yeux étaient deux trous, et du ventre effondré
Les intestins pesants lui coulaient sur les cuisses,
Et ses bourreaux, gorgés de hideuses délices,
L'avaient à coups de bec absolument châtré.

Sous les pieds, un troupeau de jaloux quadrupèdes,
Le museau relevé, tournoyait et rôdait ;
Une plus grande bête au milieu s'agitait
Comme un exécuteur entouré de ses aides.

Habitant de Cythère, enfant d'un ciel si beau,
Silencieusement tu souffrais ces insultes
En expiation de tes infâmes cultes
Et des péchés qui t'ont interdit le tombeau.

Ridicule pendu, tes douleurs sont les miennes !
Je sentis, à l'aspect de tes membres flottants,
Comme un vomissement, remonter vers mes dents
Le long fleuve de fiel des douleurs anciennes ;

Devant toi, pauvre diable au souvenir si cher,
J'ai senti tous les becs et toutes les mâchoires
Des corbeaux lancinants et des panthères noires
Qui jadis aimaient tant à triturer ma chair.

- Le ciel était charmant, la mer était unie ;
Pour moi tout était noir et sanglant désormais,
Hélas ! et j'avais, comme en un suaire épais,
Le coeur enseveli dans cette allégorie.

Dans ton île, ô Vénus ! je n'ai trouvé debout
Qu'un gibet symbolique où pendait mon image...
- Ah ! Seigneur ! donnez-moi la force et le courage
De contempler mon coeur et mon corps sans dégoût !

Charles Baudelaire


Le pélerinage à Cythère
Antoine Watteau
Musée du Louvre

Le pèlerinage à l'île de Cythère d'Antoine Watteau

Le pèlerinage à l'île de Cythère est une peinture d'Antoine Watteau (1684 Valenciennes - 1721 Nogent-sur-Marne) datant de 1717 et exposée au musée du Louvre dans l'aile Sully.

Le pèlerinage à l'île de Cythère
Antoine Watteau 1717
1,29m*1,94m

La peinture représente une partie de campagne de la noblesse. Les personnages sont nombreux. L'ambiance est légère. Certains habits sont clairs et soyeux.

D'après la mythologie, c'est lors de la naissance de Vénus, la déesse de l'amour, que s'est formée l'île de Cythère en Grèce. A l'époque, dire que l'on allait à Cythère, signifiait que l'on cherchait un amoureux.

La statue à droite sous l'arbre représente Vénus.
Un bateau sur la gauche du tableau et d'aspect irréel semble attendre les convives. De petits anges virevoltant en ronde au dessus du bateau, renforcent l'aspect irréel de cette scène.
Le paysage est conçu comme un décor de théâtre, tout aussi important que les personnages. Antoine Watteau a d'ailleurs beaucoup oeuvré pour le théâtre: réalisation de décors, portraits de comédiens, ...

Dans cette peinture, Antoine Watteau a travaillé les effets de brume, les reflets du ciel, les reflets de la montagne dans l'eau parfois jusqu'au flou...

Au premier plan, trois couples flirtent. Ils sont à différents stades de séduction. Le premier homme chuchotte à l'oreille de sa promise, tel un amour en devenir. Le deuxième homme, galant, affiche sa complicité en aidant sa promise à se relever. Le troisième homme, tient sa femme dans ses bras mais celle-ci regarde ailleurs comme pour exprimer un ennui, une passion terminée. A droite du tableau, un enfant avec un carquois, représente un Cupidon. Son arc est accroché à la statue derrière lui.

En dépit de l'importance qu'il donne au paysage, Watteau fait ressortir les personnages en les plaçant sur les diagonales du tableau.

Une courte présentation du tableau extraite de la série Palettes: ArteVod

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dimanche 8 janvier 2012

Ils s'en venaient de l'Oural et du Mississippi

Ils s'en venaient de l'Oural et du Mississippi est le premier chapitre de la série Les heures chaudes de Montparnasse.



A travers ce document, Jean-Marie Drot analyse les raisons qui ont amené les premiers artistes à s'installer à Montparnasse au début du XXe siècle.

Jean-Marie Drot fait se succéder des interviews de différents artistes qui ont côtoyé ceux qui sont déjà partis: Anatole Jakovsky, Leopold Levy, Serge Charchoune, Jeanne Severini, Foujita, ... Ces personnages que Jean-Marie Drot a pu filmer dans les années 60 ont cela de commun qu'ils ont connu ces heures chaudes de Montparnasse. Chacun évoque son cercle et comme une évidence pour ces hommes et femmes, ils nous parlent de Kissling, de Fernand Léger, du Douanier Rousseau, de Picasso, de Matisse, de Chagall, de Modigliani ou encore de Braque.

En 1903, Paul Fort, le prince des poètes, s'installe à Montparnasse et organise des lectures de poésie à la Closerie des Lilas à l'angle de l'avenue de l'Observatoire et du boulevard Montparnasse.
Il fédère et favorise les rencontres. Cependant, ce Montparnasse littéraire évolue progressivement vers un Montparnasse ouvert à tous les arts...

Au fur et à mesure des arrivées, la renommée de Montparnasse à travers le monde s'amplifie et crée un appel d'air pour les artistes américains, européens, russes, ... L'émulation artistique de Montparnasse est liée notamment aux cafés, lieux de vie et de rencontres.

Pour certains, cette époque bénie se termina en 1914 avec la Grande Guerre, pour d'autres le krach boursier américain de 1929 sonna le glas de cette parenthèse enchantée.

Jean-Marie Drot évoque l'influence des salons où sont organisées des rétrospectives de Gauguin, Cézanne, Renoir, ... et qui influencent l'ensemble des artistes alors installés à Montparnasse.
Bourdelle (La grande chaumière), Matisse et Julian (Académie Julian) enseignent leur art à Montparnasse.

Ce documentaire souligne en particulier la nostalgie d'une époque révolue...

Voici un extrait du document:
« Il est temps de se demander ce que ces artistes arrivés "de l'Oural et du Mississippi" venaient chercher à Montparnasse. Attirés par l'exemple d'un Van Gogh, par le paganisme d'un Gauguin, la rigueur d'un Cézanne, ils consacraient leurs premières heures parisiennes à dénicher un atelier (ce qui à l'époque était plus facile qu'aujourd'hui...) et en particulier à la Ruche, cette villa Médicis pour artistes pauvres, à l'extrême frontière du quartier Montparnasse. La nuit, parfois, ils étaient réveillés par les cris terribles des chevaux qu'on abattait tout près, à Vaugirard. »

Le documentaire mis à disposition par l'INA:



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Les heures chaudes de Montparnasse

« C'est là que tout est arrivé... Pendant près d'un demi-siècle, artistes, écrivains, poètes et musiciens s'y sont rencontrés, et parlé. Pourquoi, un beau jour, sont-ils descendus de Montmartre vers le carrefour Vavin? Pourquoi ces rois-mages de la peinture, pauvres pour la plupart, guidés par on ne sait quelle étoile, ont-ils élu ce quartier populaire? Partageant entre eux leurs folles espérances, peu à peu ces Montparnos ont créé l'Ecole de Paris. Mieux, ensemble, dans ce XIVe arrondissement de Paris, ils ont ouvert une sorte de phalanstère chaleureux, amical, cosmopolite, probablement unique dans l'histoire de l'art occidental » ainsi débute la présentation de cet ensemble de 14 films tournés par Jean-Marie Drot pour la télévision en 1961 et remastérisés en 1980.

Jean-Marie Drot nous propose quelques clés de cet épisode unique de l'histoire artistique mondiale.
Nous sommes au début du XXe siècle, Montparnasse est à la limite de la ville et de la campagne, quelques figures fédératrices fréquentent le quartier, la vie s'organise autour des cafés, l'influence de quelques femmes, véritables muses... Jean-Marie Drot évoque la Victoire de la femme. Elles sont, malgré tout, peu représentées parmi les artistes.

Le melting-pot d'artistes du monde entier a permis de créer une saine émulation dénuée de rivalité.

Jean-Marie Drot recueille dans cette mémoire audiovisuelle de Montparnasse du début du XXe siècle les témoignages des grandes figures de ces temps bénis des dieux, qui ont permis la création des mouvements cubistes, dadaïstes, surréalistes, ...



Les heures chaudes de Montparnasse
1. Ils s’en venaient de l’Oural et du Mississippi
2. Petite chronique du Montparnasse pendant la guerre 1914-18
3. Enquête sur la vie, l’oeuvre et le destin de Modigliani
4. La bande à Man Ray
5. La fureur de vivre des années vingt
6. Pacsin, l’oublié
7. La voix des poètes
8. Des valses 1900 aux canons de la Grande Guerre
9. A la recherche de Guillaume Apollinaire
10. A la recherche de Chaïm Soutine
11. La rue de la Gaîté
12. Léon-Paul Fargue, le piéton de Paris
13. Le groupe des Six
14. Giacometti, un homme parmi les hommes

Réalisation, Scénario, Intervenant: Jean-Marie Drot
Photographie: Jean Limousin, Jacques De Vasselot, Louis Chrétien, Claude Butteau, Gilbert Mammès
Prise de son: Alain Gauthier, Jean Millet, Jean-Claude Dumoulin
Montage: Guy Neyrac, Jean-Pierre Segal, Jeanine Christin
Production: ANTENNE 2, I.N.A., TF1, La Sept
Voix: Nadine Alari, Fernand Ledoux, François Chaumette, Roger Blin, Daniel Ivernel
Intervenants: Foujita, Kees Van Dongen, Ossip Zadkine, Pierre Brasseur, Mouloudji, Marcel Duchamp, Jean Cocteau, Louis Aragon, Silvia Beach, Blaise Cendras, Pierre Bertin, Jeanne Modigliani, Man Ray, Max Ernst, Meret Oppenheim, Philippe Soupault, Brassaï, Juan Miro, Jacques Prévert, Georges Hugnet, Youki Desnos, Alberto Giacometti, Joseph Kessel, André Masson, Elsa Triolet, Tristan Tzara, Antonin Artaud, André Salmon, François Maistre, Roger Vailland, Jean-Louis Barrault, ...

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samedi 7 janvier 2012

Le drapeau tricolore, emblème national

En février 1848,  Louis-Philippe Ier est au pouvoir et Paris est secoué par de nombreuses émeutes.
Un éventuel changement de régime fait craindre le retour de sombres heures de l’Histoire, telles qu’en a connu le pays un demi-siècle plus tôt.

Lorsque le 24 février 1848, la duchesse d'Orléans, belle-fille de Louis Philippe Ier et veuve du prince royal Ferdinand-Philippe, demande la régence au nom de son fils Louis-Philippe II, le jeune comte de Paris, la majorité de la chambre accepte la proposition.

Intervient alors le député Alphonse de Lamartine, qui souhaite, quant à lui, une république basée sur l'Évangile et dénuée de violence. Les émeutes se multiplient mais Lamartine reste sur sa position exprimée le 13 juillet 1830, deux semaines avant les trois glorieuses « aveuglement, non-sens, jalousie, cruelle de toute supériorité sociale, lâcheté et cruauté je parle des masses prolétaires et non éclairées ».

Lamartine rejette donc cette classe ouvrière ainsi que ses emblèmes.

Le drapeau rouge a longtemps annoncé une violence extrême sur les champs de bataille.
En 1789, il signifiait une dernière sommation avant l'intervention des troupes.
Jusqu'en 1830, les gouvernements hésitent entre le drapeau tricolore (le blanc symbolise la couleur du roi, le bleu et le rouge sont les couleurs de Paris) et le drapeau blanc à fleur de lys, symbole de la monarchie. Louis-Philippe opte alors pour le drapeau tricolore et le peuple choisit alors, comme alternative, le drapeau rouge, couleur de sang. Hissé brièvement, le 5 juin 1832, pour les obsèques du général Lamarque, il fut le prétexte à l'insurrection décrite par Victor Hugo dans les Misérables.

Le 25 février 1848, une insurrection, place de l'Hôtel de Ville, brandit le drapeau rouge et demande le remplacement du drapeau tricolore.
Lamartine souhaite alors organiser des élections présidentielles pour lesquelles il serait candidat. Veillant à son électorat conservateur, il improvise un discours dont cet extrait :
« Citoyens, vous pouvez faire violence au gouvernement, vous pouvez lui commander de changer le drapeau de la nation et le nom de la France. Si vous êtes assez mal inspirés et assez obstinés dans votre erreur pour lui imposer une République de parti et un pavillon de terreur, le gouvernement, je le sais, est aussi décidé que moi-même à mourir plutôt que de se déshonorer en vous obéissant. Quant à moi, jamais ma main ne signera ce décret. Je repousserai jusqu'à la mort ce drapeau de sang, et vous devez le répudier plus que moi, car le drapeau rouge que vous rapportez n’a jamais fait que le tour du Champs-de-Mars, traîné dans le sang du peuple en 91 et en 93, et le drapeau tricolore a fait le tour du monde, avec le nom, la gloire et la liberté de la patrie. »
Source: Wikisource

Lamartine continue son discours dans la salle du trône de l'Hôtel de Ville:
« Je vous ai parlé en citoyen tout à l’heure, eh bien ! Maintenant écoutez en moi votre ministre des affaires étrangères. Si vous m’enlevez le drapeau tricolore, sachez-le bien, vous m’enlèverez la moitié de la force extérieure de la France ! Car l’Europe ne connait que le drapeau de ses défaites et de nos victoires dans le drapeau de la République et de l’Empire. En voyant le drapeau rouge, elle ne croira voir que le drapeau d’un parti ! C’est le drapeau de la France, c’est le drapeau de nos armées victorieuses ; c’est le drapeau de nos triomphes qu’il faut relever devant l’Europe. La France et le drapeau tricolore c’est une même pensée, un même prestige, une même terreur, au besoin, pour nos ennemis !
Songez combien de sang il vous faudrait pour faire la renommée d’un autre drapeau !
Citoyens pour ma part, le drapeau rouge, je ne l’adopterai jamais, et je vais vous dire pourquoi je m’y oppose de toute la force de mon patriotisme : c’est que le drapeau tricolore a fait le tour du monde avec la République et l’Empire, avec vos libertés et vos gloires, et que le drapeau rouge n’a fait que le tour du Champ de Mars, traîné dans le sang du peuple. »
Source : Assemblée Nationale

L’insurrection n’est plus.


Lamartine repoussant le drapeau rouge à l’Hôtel de Ville
le 25 février 1848
Félix Philippoteaux
Musée Carnavalet   Paris


Le 26 février 1848, un décret instaure le drapeau tricolore en tant qu’emblème national.

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jeudi 5 janvier 2012

La princesse de Mantoue de Marie Ferranti

La princesse de Mantoue est un roman historique de Marie Ferranti publié en 2002. Marie Ferranti a reçu la même année le Grand Prix du roman de l'Académie Française pour cet ouvrage.

Le roman nous raconte l'histoire de Barbara de Brandebourg, mariée à Louis III Gonzague de Mantoue. Ils ont onze enfants aux destins divers :
Frédéric (marquis de Mantoue), Francesco (cardinal), Jean-François (seigneur de Sabbioneta et de Bozzolo), Cecilia (nonne), Susanna (nonne) , Dorothée (épouse Galléas Sforza, duc de Milan), Rodolphe (seigneur de Castiglione delle Stiviere, de Solférino, de Luzzara, de Poviglio et de Castel Goffredo), Barbara (épouse Eberhard Ier, duc de Wurtemberg), Lodovico (évêque de Mantoue), Paolina (épouse Léonard Gustave Ier de Görz), Gabriella (épouse Corrado Fogliano).
Louis de Gonzague devient marquis de Mantoue en 1444 à la disparition de son père Francesco de Gonzague.

L’ouvrage évoque notamment:
- Les conflits qui opposent les grandes figures italiennes pour l’obtention du règne sur les grandes villes du pays.
- Le goût pour les arts de quelques familles italiennes
- Les liens entre les artistes et les familles au pouvoir
- Quelques grandes familles italiennes : Sforzas, d’Estes, Malatestas, Médicis, Gonzague, ...
- Les mariages d'intérêt

La princesse de Mantoue débute et se termine sur l'oeuvre d’Andrea Mantegna, la Camera depicta degli Sposi du château San Giorgio de Mantoue.
« Mantegna restera attaché près de cinquante ans à la maison des Gonzague. Il aimait tant Mantoue, nous dit Vasari, qu'il s'y fit construire une merveilleuse maison, qui pouvait rivaliser en beauté avec celle des grands seigneurs ».

Quelques passages de l’ouvrage permettent d’éclairer le lecteur sur cette œuvre d’Andrea Mantegna :

« Sur un mur, il peindra l'annonce, à la cour de Mantoue, de la nomination de Francesco, le fils de Louis et de Barbara de Gonzague, au rang de cardinal... »


Camera depicta (L'annonce)
Andrea Mantegna, 1474
Château San Giorgio
Mantoue

« ... sur l'autre mur, son arrivée et la rencontre avec son père et ses frères, venus l'accueillir aux portes de la ville »



Camera depicta (La rencontre)
Andrea Mantegna, 1474
Château San Giorgio
Mantoue


« Mantegna a dessiné le motif géométrique de la plinthe qui court tout le long du mur : de simples médaillons ovales dont le centre et les décoinçons sont incrustés de marbre rose et vert. Les pilastres, qui surmontent la plinthe sont décorés de feuilles d’acanthe dorées. Des encorbellements placés en haut des pilastres peints sur les murs et dans les angles partent de grandes nervures qui divisent le plafond, près de l’oculus, en huit caissons losangés et dessinent des lunettes semi-circulaires le long de la partie supérieure des murs. Chaque lunette s’orne d’un emblème peint sur un bouclier suspendu à une guirlande (...). Les armoiries des Gonzague sont représentées au-dessus de la porte percée dans la paroi sud. Dans les médaillons entourés d’une couronne de laurier, placés dans les caissons losangés, se trouvent les bustes des huit premiers empereurs romains, soutenus par des putti, qui se détachent sur une imitation de mosaïques d’or. »


Camera depicta (La chambre peinte des époux)
Andrea Mantegna, 1474
Château San Giorgio

« Dans la lucarne, sous un ciel dont un gros nuage mousse comme de la crème de lait, des jeunes femmes, entourées d'anges, d'une Maure et d'un paon, se penchent au-dessus d'une balustrade. (...) L'une d'entre elles se coiffe, une seule a la tête couverte, la Maure, suivant la coutume de son pays, a la tête enturbannée d'un tissu de couleur. Encore qu'elle ne soit qu'une servante, elle donne une impression de grande familiarité avec ses maîtresses. J'oublie un panier de fruits merveilleux (...) il côtoie le paon, dont le plumage rivalise en beauté avec les ailes des anges »


Camera depicta (Oculus)
Andrea Mantegna, 1474
Château San Giorgio
Mantoue

Il est difficile d’en dire plus sur les références historiques décrites dans ce livre… cependant comme l’annonce la quatrième de couverture, la postface est épatante...


Marie Ferranti
La princesse de Mantoue

Broché: 144 pages
Editeur : Gallimard
Date de parution: 2002
Collection : Folio
ISBN: 978-2070313877

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