mercredi 29 février 2012

Amelia d'Edouard Lock

Amelia est une chorégraphie du québécois Edouard Lock, réalisée en 2003. Dans les années 80, il crée la compagnie Lock Danseurs, renommée ensuite La La La Human Steps.


Musique: David Lang
Paroles: Lou Reed

dimanche 19 février 2012

Marie-Antoinette à Versailles - Secrets d'Histoire

Suite à la restauration du Petit Trianon, Stéphane Bern nous présente le lieu construit en 1779 pour Marie-Antoinette.

Devenu roi, Louis XVI offre à Marie-Antoinette le Petit Trianon et l'aménagement du parc qui l'entoure.
Marie-Antoinette fait aménager un jardin à l'anglaise composé d'un hameau d'agrément ainsi que de différents monuments décoratifs: le Belvédère, le Temple de l'amour conçu par Richard Mique, une grotte qu'un bruit de cascade isole phoniquement, ...
Le hameau de la reine est composé de divers éléments dont un boudoir, la maison de la reine, un moulin, la tour de Marlborough, une laiterie, la petite chaumière de Mme de Lamballe, ...

Ce hameau offre à Marie-Antoinette une vision idéalisée et aseptisée de la vie à la campagne.
Marie-Antoinette aime tant le lait que Louis XVI lui fait construire à Rambouillet une deuxième laiterie à la gloire d'Amaltée, la chèvre qui nourrit Jupiter pendant son enfance.

Autre lieu notable, le jardin Balbi est présenté comme le plus haut lieu de libertinage du XVIIIe siècle. En 1785, le comte de Provence, frère de Louis XVI, fait concevoir à Versailles ce jardin par son architecte Jean-François-Thérèse Chalgrin. De tradition sino-anglaise, l'ensemble comprend des étangs, des grottes, un cours d'eau artificiel. Le comte de Provence offre ce jardin à la comtesse de Balbi, sa maîtresse, qui l'aidera à fuir en Belgique en 1791.

On apprend qu'Axel de Fersen, l'ami intime de Marie-Antoinette, échange avec celle-ci une correspondance utilisant des méthodes élémentaires de cryptage ou bien des méthodes chimiques.

Stéphane Bern nous rappelle cette anecdote: Louis XVI demande au botaniste de la cour de trouver un substitut au pain face à la hausse du prix du blé. Antoine Parmentier lui présente la pomme de terre mais celle-ci suscite la méfiance du peuple. Le document ne le précise pas mais cette méfiance était peut-être légitime du fait de l'arsenic que les épluchures de pommes de terre contiennent naturellement.

Marie-Antoinette crée la charge de chocolatier à Versailles. Le chocolat était considéré comme un médicament. La recette consommée par Marie-Antoinette est présentée et absolument impossible à réaliser. Les ingrédients sont de l'eau, du sucre, de la vanille, de la poudre d'ambre de cachalot (cachalot fossilisé) et du chocolat...


Marie-Antoinette


Marie-Antoinette


Marie-Antoinette


Marie-Antoinette


Marie-Antoinette


Marie-Antoinette

vendredi 17 février 2012

Paris Périph de Richard Copans


Paris Periph est un film documentaire de 2004 de Richard Copans.



Ce documentaire présente le boulevard périphérique sous différents angles. Le périphérique est un lieu de transition, une frontière entre Paris et sa banlieue, une formalisation de la circonférence de la capitale, ... et aussi un lieu dominé par le bruit!

Le fil conducteur du documentaire est un chanteur au sens de l'humour affirmé:
Un boulevard qui tourne en rond
Il ne porte le nom ni d'un député, ni d'un général
Non! Son nom c'est sa fonction
Le boulevard périphérique de Paris
Le documentaire rappelle que la mairie de Paris considère le périphérique comme un boulevard bien qu'il soit réservé aux voitures.

Le périphérique est d'abord une frontière difficile à franchir.
A Gentilly, l'église est séparée de la Cité Universitaire par le périphérique mais la création d'une passerelle a redonné quelque peu vie à l'Eglise.
A Saint-Mandé, le spectateur découvre à quel point le franchissement du périphérique est une difficulté pour la circulation locale. Les souterrains piétons permettent parfois de pallier à ce problème.
A Montrouge, les immenses et austères murs anti-bruit absorbent les nuisances sonores tout en enlaidissant le paysage et en réduisant la luminosité dans les habitations.

On apprend que, sur la base d'un parking dont l'objectif premier visait à dissuader les banlieusards d'entrer à Paris en voiture, s'est construit le centre commercial de la porte de Bagnolet.

Et sur un rythme d'essuie-glace, notre chanteur égraine le nom de quelques portes du périphérique:
Quai d'Issy, Sèvres, Brancion, Vanves, Châtillon
Porte d'Orléans, de Gentilly, d'Italie, d'Ivry
Quai d'Ivry, Bercy, Charenton, porte Dorée
Saint-mandé, bois de Vincennes, Saint-Gervais
Bagnolet, Aubervilliers, Pantin, La chapelle, Saint-Ouen
Clichy, Asnières, Champerret, Maillot
Dauphine, La muette, Passy, Auteuil, Saint-Cloud
et on recommence!

Le périphérique est aussi vu à travers les nombreux HLM construits bien trop près du boulevard et dont les les toits sont ornés d'hideuses enseignes commerciales.
Un cameraman recherche, quant à lui, l'esthétique d'une bretelle d'accès au périphérique, une esthétique visuelle et sonore en contradiction, comme il l'avoue, avec la nature du lieu...
Le périphérique, c'est aussi la souffrance du travail de nuit, des métiers de l'ombre, des travailleurs qui réparent les routes, les tunnels, ...

Notre chanteur rappelle les grands jalons de la construction du boulevard périphérique:
Pensé en 1937
Nommé en 1943
Dessiné en 1954
Commencé en 57
Puis inauguré en 73

et revient sur quelques bâtiments qui ornent le boulevard périphérique:
C'est la plus belle avenue de Paris...quelle promenade d'architecture!
Roger Taillibert, aux arches de béton d'un stade sur le périphérique! Parc des princes, porte de Saint-Cloud
Alexandre Chemetoff d'une nouvelle muraille rouge rendit hommage aux HBM, porte de Pantin
Pierre Riboulet combina la courbe et la pente pour offrir du calme aux enfants de l'Hôpital Robert Debré
Architecture studio protège les étudiants par un double mur de béton, résidence universitaire Francis de Croisset paris 18e
Pierre Dufau de plastique habilla le bâtiment de la SNECMA, l'atelier de Montrouge et construisit de beaux volumes de tours à Issy-les-Moulineaux, Bâtiment EDF
Chrisian Hauvette qui de coursives et de doubles fenêtres habilla le logement des fonctionnaires
Claude Parent suspendit son bâtiment à de grandes poutres d'acier, maison de l'Iran, porte de Gentilly
Christian de Portzamparc en d'audacieux volumes abrita toute une cité, cité de la musique, porte de Pantin
Henri et Bruno Gaudin firent onduler leur stade dans la courbe de Gentilly, stade Charléty
Renzo Piano inventa une bulle d'aluminium pour protéger les marchands des nuisances du périph, Bercy 2, Charenton
Dominique Perrault posa son volume de verre à cinq mètres des voitures, hôtel industriel Berlier Porte d'Ivry

Le documentaire revient plus particulièrement sur l'architecture de l'hôtel industriel Berlier, à travers l'analyse de son concepteur Dominique Perrault.

Un extrait du documentaire Paris périph ici.

Production: Forum des images, Arte France, Films d'ici

samedi 11 février 2012

La fée Electricité

Raoul Dufy reçoit pour l'Exposition internationale de 1937 à Paris une commande de fresque destinée au mur légèrement courbe du hall du Palais de la Lumière et de l'Electricité. Ce Palais se trouve, à l'époque, sur le Champ-de-Mars et est l'oeuvre de Robert Mallet-Stevens.

Raoul Dufy se plie au thème du commanditaire, la Compagnie Parisienne de Distribution d’Electricité, pour représenter La fée Electricité: « Mettre en valeur le rôle de l'électricité dans la vie nationale et dégager notamment le rôle social de premier plan joué par la lumière électrique ».

Offerte au musée d'Art Moderne (Palais de Tokyo) en 1964 par Electricité De France, cette fresque monumentale est installée dans une salle concave.

De 10 mètres de haut par 60 mètres de large (250 panneaux de 2 mètres par 1,2 mètres) La fée Electricité présente l'histoire de l'électricité et de ses applications, depuis les premières observations jusqu'aux réalisations techniques connues à l'époque.
En 1937, La fée Electricité est la plus grande peinture au monde sur support indépendant.

Dans la partie inférieure, Raoul Dufy a disposé les portraits de cent neuf savants et inventeurs ayant contribué au développement de l’électricité, allant de la Grèce antique avec Archimède, Aristote et Thalès jusqu'au XXe siècle avec Pierre et Marie Curie, en passant par Léonard de Vinci, Isaac Newton, Alessandro Volta, Goethe, André-Marie Ampère, Michael Faraday, James Watt, Siemens, Thomas Edison, Graham Bell, Benjamin Franklin, ...
En particulier, Thalès a étudié les propriétés d’une pierre dite ambre jaune ou elecktron en grec et qui est à l'origine du mot « électricité ».


La fée Electricité
Partie droite

Dans la partie supérieure, Raoul Dufy a présenté différents paysages sur des thèmes variés: voiliers, nuées d'oiseaux, batteuse, bal du 14 juillet...

La fée Electricité
Bal du 14 juillet, notamment

ou bien encore la nature et le climat ...

La fée Electricité
Le climat, sur la partie supérieure

Au milieu de la fresque, les dieux de l'Olympe (Zeus, Apollon, Athéna, Eole, Hermès, ...) surplombent la centrale électrique de Vitry-sur-Seine, choisie parce qu'elle est alors à la pointe de la technologie. Dieux et centrale sont reliés par la foudre de Zeus.


La fée Electricité
Les Dieux de l'Olympe

Sur la gauche, Iris, messagère des dieux et fille de la déesse grecque Electra, vole dans la lumière, au-dessus d'un orchestre.

La fée Electricité
Iris, fille d'Electra

Raoul Dufy fait clairement ressortir le contraste d'une histoire de l'électricité basée sur la technologie en regard de la mythologie et d'allégories diverses.

Raoul Dufy a réalisé cette composition, avec son équipe, en quatre mois.
Ce délai a pu être tenu notamment grâce aux recherches de Jacques Maroger, restaurateur et peintre, qui a consacré sa vie à la reconstitution d'un médium utilisé par Rubens: vivantes sous la lumière, les couleurs s'évanouissent dans l'ombre... et qui a conçu les panneaux indéformables de la fresque.
L'artiste a aussi réalisé un travail minutieux de report de dessins au calque pour des projections à la lanterne magique.
L'atelier de création de la fresque était installé dans une ancienne centrale électrique à Saint-Ouen. L'équipe fut formée par Raoul Dufy, son frère Jean et deux assistants.

Auparavant, Raoul Dufy réalisa pendant un an de nombreuses recherches documentaires:
« Aidé de son frère Jean, le peintre normand commença par rassembler une énorme documentation: sur la science, sur les dieux de l'Olympe, sur la centrale électrique de Vitry-sur-Seine, ultramoderne pour l'époque! Raoul étudia également ses illustres prédécesseurs en gigantisme. Par exemple, il s'inspira de la méthode employée par David pour peindre son Serment du jeu de paume: il dessina chacun de ses personnages nus et les habilla ensuite »
Source: D'art d'art de Frédéric Taddéi et Marie-Isabelle Taddéi aux éditions Chêne
« Le décorateur conçoit un immense panorama historique et thématique d'après un poème de Lucrèce: les chercheurs de tous les temps se dirigent vers les sources vierges à la recherche de fleurs inconnues. Il visite l'arsenal de Brest pour ses grues, les aciéries d'Imphy pour leur ancien four électrique, la centrale thermique de Vitry, etc. Il amasse de solides connaissances sur l'histoire de l'électricité, résumée en 109 inventeurs plus ou moins célèbres. (...) Après quatre mois de travail, à l'heure dite, l'oeuvre est prête. »
Source: Alain Beltran  Vingtième Siècle - Revue d'histoire 1987 Vol 16 Num 16

La composition et ses magnifiques couleurs, est absolument fascinante, tant dans son ampleur que dans ses détails.
Les formes parfois naïves rappellent les dessins d’enfants. Les lignes créent un rythme, un cheminement tout au long de l'oeuvre et incitent le spectateur à circuler sans que le regard de celui-ci ne se fixe.


La fée Electricité

Une vidéo présentant la rétrospective Raoul Dufy au musée d'Art Moderne en 2009:


Pour aller plus loin...

Dufy : La Fée Electricité de Jean-Claude Le Gouic
Editeur : Editions de La Différence (2 octobre 2008)
Collection : H.COL.BEAUX ART
ISBN: 978-2729117788

Dufy - Zigzag parmi les personnages de La Fée électricité de André Berne Joffroy
Editeur : Musée d'art moderne de la Ville de Paris (1983)
ISBN: 978-2904497049

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vendredi 10 février 2012

Frida Kahlo La beauté terrible de Gérard de Cortanze

Gérard de Cortanze, auteur notamment d'Assam (Prix Renaudot en 2002) a publié en 2011 une biographie de Frida Kahlo ou plutôt comme le précise l'auteur « un parcours dans les méandres d'une œuvre et d'une vie ».

Le style de l'écriture est très fluide. Le récit est documenté par des citations, des lettres ou bien encore des extraits du journal intime de Frida Kahlo.


L'ouvrage débute pertinemment par l'agitation révolutionnaire du Mexique au début du XXe siècle. Frida Kahlo, de par son engagement politique, s'inscrit dans l'Histoire du pays.
Féministe et communiste, les convictions politiques de Frida Kahlo lui font haïr le système américain. Son mari, Diego Rivera, peintre muraliste, est adhérent de la Ligue communiste internationale et secrétaire général du parti communiste mexicain.

L'ouvrage met cependant une distance entre l'œuvre de Frida Kahlo et le contexte artistique et politique de l'époque, car c'est avant tout sa vie qui a influencé son art.

Gérard de Cortanze démontre que chacune des œuvres de Frida Kahlo est liée à un moment clé de son existence. Le parallèle entre les peintures et les événements qui touchent Frida Kahlo est systématiquement fait.
Ses nombreux autoportraits, dans un univers sensuel et coloré, soulignent son exubérance et son caractère passionné. Un tiers de son œuvre est composée d'autoportraits car elle peint souvent, allongée dans son lit, avec un miroir et un chevalet suspendu, du fait de ses souffrances.
« Je me peins parce que je suis seule. Je suis le sujet que je connais le mieux.»

La souffrance physique et morale est omniprésente dans l'ouvrage: maladies, accident, fausses couches... jusqu'à l'envie de suicide!
« Frida Kahlo peintre ne se contente pas d'envoyer des messages de souffrance. Son art est un exorcisme qui ne gomme pas la réalité: il la transcende, il la fait advenir. Voici un art qui crée à côté du réel. »

Gérard de Cortanze met en parallèle, à plusieurs reprises, sa propre vision de l'artiste avec la biographie de Jean-Marie Le CLézio intitulée « Diego et Frida ». Diego Rivera était un homme obèse, de vingt ans l'aîné de Frida, mais est-ce réellement important? En revanche, Diego Rivera multiplia les aventures extraconjugales et par dépit Frida Kahlo fit de même. Elle fut notamment la maîtresse de Léon Trotsky.
« Dans ma vie, j'ai été victime de deux graves accidents. Le premier, c'est quand un bus m'a renversé. L'autre, c'est Diego ».

Frida Kahlo fit de nombreux séjours aux Etats-Unis « Gringolandia » et un séjour en France.
Après avoir reçu au Mexique André Breton « le pape du surréalisme », elle se rendit à Paris à sa demande pour une exposition. Cependant à Paris, André Breton ne géra pas l'organisation de l'exposition et leurs relations devinrent haineuses.
La lettre de Frida Kahlo à son amant Nickolas Muray en 1939, témoigne de son appréciation du microcosme artistique parisien de l'époque:
« Ces gens sont des putes. Ils me font vomir. Ils sont si foutrement « intellectuels » et si pourris que je ne les supporte plus. C'est vraiment trop pour mon caractère. J'aimerais mieux rester assise par terre à vendre des tortillas sur le marché de Toluca, que d'avoir à faire avec ces salopes « artistiques » de Paris. Ils s'assoient des heures dans les « cafés » à réchauffer leur précieux derrière, et parlent sans arrêt de « culture » et d' « art », de « révolution » et ainsi de suite et patin et couffin, ils se prennent pour les dieux du monde (...). Je mettrais ma tête à couper que je haïrai cet endroit et ses habitants tant que je vivrai. Il y a quelque chose de si faux et de si irréel chez eux qu'ils me rendent marteau. »

Elle mourut trop tôt, à l'âge de quarante-sept ans, dans une souffrance indescriptible...
« Sa dernière toile, Viva la Vida, est un hymne à la joie de vivre et à la lumière. »

Viva la Vida
Frida Kahlo 1954

Broché: 206 pages
Editeur: Editions Albin Michel
Date de parution: 31 août 2011
ISBN: 978-2226230591

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jeudi 9 février 2012

Une vie de chat

Une vie de chat est un film d'animation franco-belge de 2010 réalisé par Alain Gagnol et Jean Louis Felicioli.
Il a été nominé aux Césars du cinéma 2011 dans la catégorie Meilleur film d'animation et il concourt aussi aux Oscars 2012 dans la même catégorie Meilleur Film d'Animation (la cérémonie des Oscars aura lieu le 26 février prochain à Hollywood).

Un chat mène une double vie entre une petite fille mutique qui vient de perdre son père policier et un sympathique voleur qui tient plutôt d'un acrobate.
Les réalisateurs ont volontairement donner vie à des truands tout droit sortis des Tontons-flingueurs.



Les ambiances musicales varient: ambiance Montmartre à l'accordéon, ambiance jazz lorsque le chat mène sa vie nocturne (I wished on the moon de Billie Holiday), ambiance classique pour le final, ...

C'est notamment, dans les courses-poursuites nocturnes sur les toits de Paris que le spectateur découvre les sublimes décors de la capitale.

Vue de Paris depuis Montmartre

Dans la poursuite finale sur les toits de Notre-Dame, les gargouilles prennent subtilement part à l'action.

Bien que le film traite de sujets sombres (criminalité, décès, sournoiserie, kidnapping,  ...), la tendresse de la petite fille et du chat ainsi que les nombreux silences du film laissent au spectateur une impression de douceur très agréable...

La version DVD présente de façon pédagogique l'élaboration du scénario, le story-board, le travail des dessinateurs, l'apport des comédiens pour les voix, ...

Le trailer d'Une vie de chat:



Titre : Une vie de chat
Réalisation : Alain Gagnol et Jean-Loup Felicioli
Scénario : Alain Gagnol
Graphisme / Décors : Jean-Loup Felicioli
Production : Studio Folimage - Jacques-Rémy Girerd
Voix: Dominique Blanc, Bruno Salomone, Jean Benguigui, Bernadette Lafont, Bernard Bouillon, Jacques Ramade, Patrick Descamps, Patrick Ridremont, Jean-Pierre Yvars, Oriane Zani

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dimanche 5 février 2012

Messe de mariage d'Henri IV et de Marie de Médicis

Après l'annulation de son mariage avec Marguerite de Valois « la Reine Margot », Henri IV épouse, à l'âge de 47 ans, Marie de Médicis, âgée de 25 ans.
Le mariage a lieu le 5 octobre 1600 à Florence par procuration. Henri IV y est représenté par le duc de Bellegarde, grand écuyer de France.

Mariage par procuration de Marie de Médicis et Henri IV
le 5 octobre 1600
Pierre Paul Rubens 1625
Musée du Louvre

Marie de Médicis atteint Lyon le 3 décembre 1600. Henri IV la rejoint le 9 décembre.
Le 17 décembre, le légat pontifical, le cardinal Aldobrandini, célèbre une messe de mariage des époux en la cathédrale Saint-Jean de Lyon.

Les chants de ces deux messes de mariages ont été joués et enregistrés en l'an 2000 sous la direction de Denis Raisin-Dadre en la chapelle Saint-Pierre Notre-Dame de France à Abbeville.

Voici quelques extraits de l'album:

01 - Pavane fait au mariage de Mr. de Vandosme
 

02 - Au Roy, victorieux guerrier (Musique d'Eustache du Caurroy (1549-1609), texte de Nicolas Rapin)

03 - Sinfonia a 8 [Exultavit cor meum in Domino] (Stefano Bernardi (1575-1636))

04 - A la Royne, ninfe qui tient tant d'heur (Musique d'Eustache du Caurroy (1549-1609), texte de Nicolas Rapin)

05 - Sinfonia a 6 [Sinfonia terza concertata] (Stefano Bernardi (1575-1636))

06 - Epithalame à deux choeurs (Claude Le Jeune (1528-1600))

07 - Muse honorons de ta chanson

08 - Pavane faite pour le mariage de Henri le Grand en 1600

09 - Messe à double choeur : Introit: Deus in loco sancto [plain chant] (Marco da Gagliano(1582-1643))


10 - Messe à double choeur : Kyrie (Marco da Gagliano(1582-1643))


11 - Messe à double choeur : Gloria (Marco da Gagliano(1582-1643))

12 - Messe à double choeur : Credo (Marco da Gagliano(1582-1643))

13 - Messe à double choeur : Offertoire (Gioseffo (Giuseppe) Guami (1540-1611))

14 - Messe à double choeur : Sanctus

15 -  Elevatione (a 4 voci) (Luca Bati(1550-1608))

16 - Messe à double choeur : Agnus Dei (Marco da Gagliano(1582-1643))


17 - Sinfonia a 8 [Fili ego Salomon] (Stefano Bernardi (1575-1636))


18 - Claude Le Jeune Te Deum (Claude Le Jeune (1528-1600))




« Le concert commence par deux pièces écrites par Nicolas Rapin, le poète attaché à la cour et mises en musique par Eustache de Caurroy, maître de Chapelle d'Henri IV. Valeureux guerrier dédiée au roi et Nymphes qui tient tant d'heur dédiée à la reine ont été composés spécialement pour le mariage , les textes faisant d'ailleurs référence très précisément aux événements contemporains: pour le roi, sa guerre avec la maison de Savoie (Montmélian, l'orgueil de savoye et d'italie le rempart, indomptable de force en te voyant te reçoit); pour la reine, son voyage vers la France (Quel paresseux démon te retient à Florence si longtemps). Du Caurroy abandonne dans ces pièces le style ancien contrapuntique dont il était pourtant le maître incontesté, pour adopter le style moderne de la musique mesurée à l'antique.

Son rival Claude lejeune, maître de la Chambre du roi, va donner un témoignage éclatant de cette musique mesurée à l'antique dans son grand épithalame à deux choeurs. Cette oeuvre ambitieuse par son effectif et sa longueur est rythmée par un refrain, O hymen hyménée, hymen, qui revient treize fois avec la volonté de reproduire l'effet incantatoire d'un choeur antique. les indications comme: prologue, hyménée seul, les interventions de voix solo sans aucun accompagnement, les oppositions rapides entre choeur grave et aigu, la double conclusion accentuent son aspect théâtral au service d'une rhétorique officielle qui trouve son apogée dans le souhait de voir promptement un héritier donné à la France: Donc entr'aimez vous... foisonnez de bref en enfants. (...)
La dernière pièce du programme nous ramène en France avec le Te Deum en trois parties de Claude lejeune sur un texte en français et en vers mesurés attribué à Agrippa d'Aubigné. Comme l'épithalame le Te Deum est rythmé par un refrain qui revient sept fois en tutti. Dans le reste de l'oeuvre, Lejeune utilise les six voix avec infiniment de souplesse, duo, trio, groupes de voix aigües répondant aux voix graves dans une recherche permanente de variété et de clarté de la diction. »
Denis Raisin-Dadre, 2000


Direction: Denis Raisin-Dadre
Collection: Doulce Mémoire


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mercredi 1 février 2012

Milon de Crotone de Pierre Puget

La sculpture Milon de Crotone est une oeuvre de Pierre Puget datant de 1682 et se trouvant au musée du Louvre dans l'aile Richelieu.

Milon de Crotone
Pierre Puget
Hauteur 2,70m
Source: Portail Joconde

Le visage de l'homme est crispé.
Il semble avoir mal mais la forme de sa bouche ouverte exprime plus la torpeur que les hurlements.
Le lion qui mord Milon a les griffes enfoncées dans la cuisse de l'athlète.
La main de Milon est coincée dans la fente d'un tronc d'arbre, il ne peut donc s'enfuir.
La musculature du corps de Milon est finement sculptée. Les muscles tendus soulignent son effort pour se dégager à la fois du tronc d'arbre et du lion. Ses orteils crispés agrippent le sol.
La coupe sculptée près des pieds de Milon représente ses victoires aux jeux olympiques.
La position du lion ne semble pas naturelle car le lion semble soutenir l'athlète.

Milon de Crotone était un athlète célèbre de l'Antiquité, il avait remporté les jeux olympiques à plusieurs reprises. La ville de Crotone en Italie et dont il était originaire, le célébrait comme un héros.
Milon, qui avait pris sa retraite, avait fait un pari avec des bûcherons. Il prétendait pouvoir fendre le tronc d'un arbre à la seule force de son bras. Sa main s'est coincée dans la fente du tronc d'arbre. La nuit venue, un loup l'a dévoré.

Le sculpteur a préféré représenter un lion, dont le symbolisme est plus fort que celui du loup. Pierre Puget a aussi exprimé, dans cette sculpture, la puissance vaincue par le temps qui passe...
Milon, âgé, n'est plus capable de mesurer ses forces et se laisse ainsi prendre au piège.

Louis XIV a commandé plusieurs sculptures à Pierre Puget en lui laissant parfois et c'est le cas ici, le libre choix du thème représenté. Elle aurait pu viser Louis XIV dans le fait qu'elle exprime le caractère éphémère de la puissance...

Le musée de Rennes conserve un croquis de préparation de cette oeuvre:

Croquis Milon de Crotone
Pierre Puget
Musée de Rennes
Source: Portail Joconde

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