samedi 31 mars 2012

Salon de l'artisanat










jeudi 29 mars 2012

Le Baptistère de Saint-Louis


Le Baptistère de Saint-Louis est un bassin daté du XIIIe ou du XIVe siècle réalisé par Muhammad Ibn al-Zayn et exposé au musée du Louvre, dans l'aile Richelieu au sein du Département des arts de l’Islam.

Baptistère de Saint-Louis
Fin du XIIIe siècle - début du XIVe siècle
Laiton avec des incrustations d’argent regravé et d’or
Hauteur 0,23m et largeur 0,50m
Muhammad Ibn al-Zayn (Égypte/Syrie)

Les décorations du Baptistère sont nombreuses.
Sur la partie externe, on aperçoit des cavaliers représentés dans des médaillons, des personnages dans des cartouches rectangulaires, des animaux réels (antilope, dromadaire, sanglier, …) ou encore des animaux imaginaires (sphinx, licorne, griffon, ...).

Dans les médaillons, trois cavaliers chassent, un quatrième cavalier porte une canne de polo. Polo signifie balle en tibétain. Ce sport, d’origine tibétaine, permettait de développer l’habileté, la stratégie et donc les aptitudes militaires.

Les hommes représentés dans les cartouches portent des attributs liés à leurs activités : le maître de la garde de robe a une serviette pliée sur son bras, l’échanson porte une coupe, les maîtres de la chasse tiennent en laisse divers animaux (chiens, faucons ou encore guépards).

Les personnages représentés sont de deux origines différentes :
-       les Mamelouks (peuple du Moyen-Orient à l’origine constitué d’esclaves convertis à l’Islam venant d’Asie centrale) sont reconnaissables à leurs manteaux en forme de trapèze et à leurs pantalons
-       les Mongoles (peuple d’Extrême-Orient)  sont reconnaissables à leur turban et à leurs longs vêtements

A l’intérieur du Baptistère, le visiteur aperçoit des cavaliers livrant bataille. Des princes sont installés sur des trônes portés par des félins. Des dignitaires sont dotés d’une cape et d’une épée.

La décoration globale du Baptistère évoque les victoires guerrières des Mamelouks ainsi que leurs loisirs.

A l’origine ce Baptistère était destiné à contenir de l’eau. La partie intérieure de celui-ci comporte des éléments aquatiques : de nombreux poissons et également des anguilles, des tortues, des crabes, des serpents. Ces éléments sont disposés en rosace ce qui suggère un mouvement tournant, un courant.

Le baptistère est en laiton et comporte des incrustations d’argent et d’or qui rehaussent avec élégance les couleurs de l’ensemble. Une pâte noire visible parfois dans les creux rehausse également par contraste les éléments décoratifs.

Ce Baptistère, attribué à Saint-Louis, a été fabriqué après la mort du roi, il n’a pu donc servir à son baptême. En revanche, il a été utilisé en 1856 pour le baptême du prince impérial, fils de Napoléon III.

Le Baptistère est signé six fois en arabe par son auteur Muhammad ibn al-Zayn.

L’inventaire datant du XVIIIe siècle de la sainte chapelle du château de Vincennes, est le premier document mentionnant le Baptistère de Saint-Louis. Les croisades, le commerce et la présence des Maures dans le sud de l’Europe ont favorisé les échanges entre l’Occident et le monde islamique. Cependant, on ne connaît, ni l’origine, ni la cause de la présence en France de cet objet.

Une vidéo présentant le Baptistère:


mardi 27 mars 2012

L'amour dure trois ans de Frédéric Beigbeder

L’amour dure 3 ans est un roman de Frédéric Beigbeder paru en 1997.

Après Mémoire d’un jeune homme dérangé et Vacances dans le coma, L’amour dure 3 ans est la troisième partie d’une trilogie narrant les aventures de Marc Marronnier.



Marc Marronnier, pseudonyme que Frédéric Beigbeder a choisi d’utiliser dans son roman, est un chroniqueur parisien mondain et un éternel adolescent. Il épouse Anne mais aime Alice. Alors il divorce. Oui mais Alice est mariée !! Que faire ? Marc semble naviguer au gré du vent sans maîtrise de sa vie… mais que peut-on maîtriser dans le registre amoureux ?

Frédéric Beigbeder nous livre sa vision toute personnelle d'un microcosme parisien, qui est loin de donner envie. C’est un Paris nocturne, mondain, vulgaire et écoeurant que nous décrit l’auteur.

L’ironie de l’auteur est permanente, son humour est piquant. Il arrive cependant à prendre assez de recul sur lui-même pour observer ses actions et ses sentiments avec une réelle maturité.

On note dans l’écriture de cet ouvrage de nombreux aphorismes dont le caractère péremptoire reste à démontrer…:
« Quand on mène une double vie la règle de base, c’est de ne pas tomber amoureux. »
« Descartes n’écrirait plus ‘Je pense donc je suis’, il dirait ‘Je suis seul donc je pense’. »
« La première année, on achète des meubles, la deuxième année, on déplace les meubles, la troisième année, on sépare les meubles. »
« Il faut se décider : ou bien on vit avec quelqu'un, ou bien on le désire. On ne peut pas désirer ce qu'on a, c'est contre nature. »
« Tout le problème de l'amour, me semble-t-il, est là : pour être heureux on a besoin de sécurité alors que pour être amoureux on a besoin d'insécurité. »
« Si une histoire de cul peut devenir une histoire d'amour, l'inverse est très rare... »
« Alors elles attendent le prince charmant, ce concept publicitaire débile qui fabrique des déçues, des futures vieilles filles, des aigries en quête d’absolu, alors que seul un homme imparfait peut les rendre heureuses. »

L’écriture est fluide mais peu lyrique, l’auteur écrit souvent comme il parle (je suppose…). Les mots et les séquences décrites sont parfois vulgaires voire crues.

Le roman se termine à Formentera dans une quiétude en contraste absolu avec tout le reste du roman. Le happy end penche beaucoup trop pour le romantisme et la mièvrerie, j’aurais préféré une fin plus rock’n’roll.

Cet ouvrage, de prime abord léger voire superficiel, nous invite en réalité largement à réfléchir sur nos rencontres et nos errances amoureuses…

jeudi 22 mars 2012

L'arrivée du printemps au Palais-Royal







lundi 19 mars 2012

Porte des Lilas de René Clair


Porte des Lilas est une comédie dramatique en noir et blanc de René Clair sortie en salles en 1957.

Porte des Lilas est une adaptation au cinéma d’un roman de René Fallet La grande ceinture.




Juju, ivrogne du quartier de la porte des Lilas, passe son temps entre le domicile de son ami l’Artiste et un bistrot. Un jour, leur microcosme est envahi par la police qui recherche un criminel dénommé Pierre Barbier. Ce dernier se réfugie chez l'Artiste. Juju se prend d’amitié pour Pierre Barbier qui semble incarner ses propres rêves : l’argent, les femmes, les voyages, …


René Clair filme la mélancolie d’une époque révolue, où les enfants jouaient dans les rues, avec des jouets conçus par eux, où les voisins étaient solidaires et se parlaient, …
Cette mélancolie est accentuée par la musique de Georges Brassens, qui renvoie elle aussi à l’amitié:
Au bois de Vincennes
Il y a des petites fleurs
Il y a des copains

En musique:


Le rôle de George Brassens est limité mais ses morceaux à la guitare ponctuent le film délicatement.


L'humanisme de René Clair se ressent dans la délicatesse avec laquelle Pierre Brasseur est filmé.
Le scénario tourne autour de l’engagement en amitié de Pierre Brasseur, il se veut un homme sur lequel on peut compter, un homme de valeurs. Même s’il est capable de commettre un larcin ou de trahir un secret, c’est un homme fidèle en amitié et en amour. C’est au final un personnage complexe que Pierre Brasseur a incarné dans ce rôle.


Le film de René Clair évoque des bonheurs simples comme aller au bal, voyager dans le Midi de la France, écouter un morceau de guitare au bistrot du quartier, …
Le scénario attendrit, avec humour, la scène du crime de Pierre Barbier, en la faisant mimer par les enfants du quartier pendant la lecture du journal narrant les actes commis par celui-ci lors d’un hold-up.



Les plans fixes et le support en noir et blanc, permettent au spectateur de se focaliser sur l’observation et les sentiments des acteurs, ainsi que sur les dialogues pleins de tendresse:
Tous des salauds, sauf toi et moi... et encore moi...
Les décors sont peu élaborés. Les maisons semblent être des taudis et l’on préfère se réchauffer au bar du quartier avec les voisins que de rester chez soi.

Les thèmes évoqués dans Porte des Lilas sont variés :
- La force de l’amitié
- La misère et ce qui l’accompagne, le froid, la faim, l’alcool, …
- L’enfance: le comportement de Juju n’est pas celui d’un homme adulte et responsable. Les enfants jouent dans les rues mais semblent toutefois laissés pour compte, bien que la caméra soit parfaitement bienveillante avec eux
- L’identité: Juju n’est connu que par son surnom, l’Artiste n’a pas de nom
- La méfiance à l’encontre de l’autorité : Juju et l’artiste cachent le criminel recherché par la police

Titre: Porte des Lilas
Mise en scène: René Clair
Scénario: René Clair d'après le roman de René Fallet
Année de sortie : 1957
Comédiens: Georges Brassens - Pierre Brasseur - Henri Vidal - Dany Carrel


Si cet article vous a plu, merci de laisser un commentaire...

dimanche 18 mars 2012

Come together des Beatles




samedi 17 mars 2012

Les classiques au soleil

Le label Naïve a publié en 2009 une belle compilation de classiques ensoleillés. Les morceaux choisis sont variés, avec tout de même une prédominance de Vivaldi.



La compilation propose également à la lecture ce poème de Verlaine La bonne chanson:
Le soleil du matin doucement chauffe et dore
Les seigles et les blés tout humides encore,
Et l'azur a gardé sa fraîcheur de la nuit.
L'an sort sans autre but que de sortir : on suit,
Le long de la rivière aux vagues herbes jaunes,
Un chemin de gazon que bordent de vieux aunes.
L'air est vif. Par moment un oiseau vole avec
Quelque fruit de la haie ou quelque paille au bec,
Et son reflet dans l'eau survit à son passage.
C'est tout.
Mais le songeur aime ce paysage
Dont la claire douceur a soudain caressé
Son rêve de bonheur adorable, et bercé
Le souvenir charmant de cette jeune fille,
Blanche apparition qui chante et qui scintille,
Dont rêve le poète et que l'homme chérit,
Évoquant en ses voeux dont peut-être on sourit
La Compagne qu'enfin il a trouvée, et l'âme
Que son âme depuis toujours pleure et réclame.
Voici les pistes proposées à l'écoute:

1. Johann Sebastian Bach Suite for solo cello No. 1 in G major, BWV 1007 : Prélude
par Anne Gastinel


2. Antonio Vivaldi Violin Concerto, for violin, strings & continuo in G minor ("L'estate," The Four Seasons; "Il cimento" No. 2), Op. 8/2, RV 315 : Allegro non molto
par Fabio Biondi


3. Antonio Vivaldi Double Mandolin Concerto, for 2 mandolins, strings & continuo in G major, RV 532 : Andante
par Rolf Lislevand


4. Federico Moreno Torroba Luisa Fernanda, zarzuela : Romance de Javier
par Placido Domingo, Maria Bayo


5. Joaquín Rodrigo Concierto de Aranjuez, for guitar & orchestra : Adagio


6. Manuel de Falla Ritual Fire Dance, for orchestra (from "El Amor brujo")


7. Giuseppe Verdi Nabucco, opera (Nabucodonosor) : Va, Pensiero, Sull'Ali Dorate
par Daniel Oren


8. Georges Bizet Carmen, opera : Prélude
par Alain Lombard


9. Agustín Barrios-Mangoré Suite Andina, for guitar : Air de Zamba


10. Antonio Vivaldi La Fida ninfa, opera in 3 acts, RV 714 : Trio
par Sandrine Piau, Marie-Nicole Lemieux, Philippe Jaroussky, Jean-Christophe Spinosi


11. Frédéric Chopin Prelude for piano No. 3 in G major, Op. 28/3, CT. 168
par Grigory Sokolov


12. Frédéric Chopin Prelude for piano No. 16 in B flat minor, Op. 28/16, CT. 181
par Grigory Sokolov


13. Heitor Villa-Lobos Bachianas Brasileiras No. 5, for voice & 8 cellos, A. 389 : Aria (Cantilena)


14. Giovanni Paolo Foscarini Passacalles per l'alfabeto falso e per tutte le lettere, for guitar


15. Wolfgang Amadeus Mozart Le nozze di Figaro (The Marriage of Figaro), opera, K. 492 : Overture
par Jean-Claude Malgoire


16. Wolfgang Amadeus Mozart Clarinet Quintet in A major ("Stadler"), K. 581 : Larghetto


17. Gioachino Rossini Overture to Il barbiere di Siviglia (The Barber of Seville) 7:24


18. Antonio Vivaldi Violin Concerto, for violin, strings & continuo in G minor ("L'estate," The Four Seasons; "Il cimento" No. 2), Op. 8/2, RV 315 : Tempo impetuoso d'estate
par Fabio Biondi

mercredi 14 mars 2012

Le voyage dans le passé de Stefan Zweig


Le voyage dans le passé est une nouvelle de Stefan Zweig publiée en 1929 dans le recueil Résistance de la réalité et traduite en français en 2008 par Baptiste Touverey pour Grasset.


Le voyage dans le passé est le récit d’un amour passionné mais ébranlé par des événements politiques exogènes.

Louis, jeune homme d’origine modeste est le secrétaire particulier d’un directeur d’usine de Francfort. Il rencontre la femme de ce dernier et le temps fait son œuvre... Il réalise son amour au moment de son départ au Mexique:

Ce fut une explosion violente, élémentaire, une douleur physique traumatisante, évidente, un ébranlement de tout son être, depuis le sommet du crâne jusqu’au tréfonds du cœur, une déchirure qui illumina tout, comme l’éclair dans le ciel nocturne : et alors, dans cette lumière aveuglante, il eut été vain de ne pas reconnaître que chaque nerf, chaque fibre de lui-même s’épanouissait dans un amour pour elle, la bien-aimée.

En 1914, alors qu’il s’apprête à retourner en Allemagne, la guerre éclate.
Au-delà d’un océan, neuf ans sépareront les deux amants. Les sentiments évanescents de Louis et son besoin de tendresse, le conduisent à un mariage avec une autre. Ce n’est qu’en 1921-22 que Louis peut regagner l’Allemagne et sa bien-aimée. Que reste-t-il de cet amour?

Les thèmes de cette nouvelle sont variés :
- L’expatriation et la nostalgie
- Les différences de niveau social (le début de la nouvelle évoque longuement le malaise de Louis dans les maisons bourgeoises pour lesquelles il travaille)
- La montée du nazisme dans l’Allemagne des années 20 (défilé nazi de Heidelberg)
- L’amour : le premier amour, l’amour platonique, la confusion et la force des sentiments, les interdits
- La recherche d’un bonheur qui semble inaccessible
- L’identité (l’Inaccessible n’est jamais nommée)

L’écriture de Zweig est à la fois puissante et toute en retenue, en tendresse, en subtilité ; elle restitue à merveille les mouvements des sentiments amoureux, laisse au lecteur une agréable sensation de flottement.
L’intérêt de cette nouvelle ne se situe pas dans le rythme, ni dans l’intrigue mais dans la finesse de l’observation et de la description des sentiments, de la psychologie des personnages.

Le soir du 22 février 1942, Stefan Zweig et sa seconde épouse Lotte Altman, mettent fin à leurs jours. Sans conteste, la fin tragique de l’auteur accentue le poids douloureux de la fin de cette nouvelle et l’atmosphère y est assez sombre pour ne pas projeter un Happy End sur cette histoire d’amour…

Titre : Le voyage dans le passé
Auteur : Stefan Zweig
Traduction : Baptiste Touverey
Editeur : Grasset

samedi 10 mars 2012

Les hippocampes de Paris

L’hippocampe est un animal fascinant.
Le mot hippocampe vient du grec hippos (cheval) et kampe (courbure). Les anglais le nomment sea horse.
Il est le symbole de la vie marine, de par l'assortiment de ses caractéristiques, dont la monogamie.

Cheval...
La tête de l'hippocampe rappelle celle du cheval.
La posture de l'hippocampe est particulière car la tête fait un angle droit avec l'axe du corps.

Singe...
L'hippocampe est pourvu d'une queue préhensile.

Caméléon...
L'hippocampe peut changer de couleur et mouvoir chaque oeil indépendamment.

Kangourou...
Le mâle a une poche ventrale dans laquelle la femelle dépose ses oeufs.
Pendant la parturition, le mâle se tord et se retourne pour faciliter la sortie des petits.



Hippocampe sur la façade du Castel Béranger
Hector Guimard
1895-1898
14 rue Jean de la Fontaine
Paris 16e

Deux hippocampes sur une façade arrière
du Castel Béranger
Hector Guimard

Hippocampes de l'Institut Océanographique
1910
195 rue Saint-Jacques
Paris 5e

vendredi 9 mars 2012

Les mangeurs de pommes de terre de Vincent Van Gogh


Les mangeurs de pommes de terre est un tableau de Vincent Van Gogh datant de 1885 et qui est exposé au Kröller-Müller Museum à Otterlo aux Pays-Bas.

Les mangeurs de pommes de terre
Vincent Van Gogh 1885
Huile sur toile 82*114 cm
Kröller-Müller Museum
Otterlo, Pays-Bas


Vincent Van Gogh vit à Nuenen, aux Pays-Bas, lorsqu'il peint ce tableau. La population de la ville le rejette car il est perçu comme un homme hors normes, qu'il est d'ailleurs. Seule la famille de Groot l'accepte dans son foyer et pose pour lui, contre quelque monnaie.

Un soir, de passage chez les Groot, il découvre ceux-ci autour d'un plat de pommes de terre.
Il lui semble tenir là un sujet d'exception et se met dès lors à peindre la scène.

Les Groot sont une famille de paysans, qui se réunit après une dure journée de travail autour d'un plat. Les visages sont marqués, l'épuisement est évident.

Sur la droite une femme sert le café. Au fond un homme regarde la femme qui sert, et boit une tasse de café.
Les trois autres personnages sont focalisés sur le plat, ils découpent la nourriture. Les pommes de terre sont probablement le fruit de leur culture, le seul élément qu'ils aient à consommer.
La petite fille au premier plan est vue de dos. Ce positionnement sombre et au centre permet au spectateur de se concentrer sur les autres personnages, qui sont eux, dans la pénombre.

Vincent Van Gogh exprime dans cette oeuvre sa compassion et sa sensibilité pour de pauvres paysans. Toutefois, il les peint tels qu'ils sont, bien réels, sans artifices, sans apporter une subjectivité qui aurait dénaturé cette scène.
La famille ne pose pas. Le spectateur devient témoin de ce moment intime.

Seule la lampe à huile éclaire, par endroits, la scène. Le jeu des lumières est fondamental dans ce tableau peu coloré. Les contrastes font ressortir tel objet ou telle partie du visage d'un personnage.

Le manque de lumière accentue la tristesse des regards. Les traits sont marqués.

Vincent Van Gogh adorait Jean-François Millet, qui peignait lui-même le monde rural.

Des glaneuses
Jean-François Millet 1857
Musée d'Orsay
Paris


Cependant, nous sommes à la fin du XIXe siècle et ce thème n'est pas apprécié dans les milieux artistiques.
Vincent Van Gogh ne rencontre donc aucun succès.

Vincent Van Gogh aime la littérature et se nourrit des oeuvres de Maupassant (Aux champs), Dickens (Les temps difficiles), Zola (Germinal), Balzac, Michelet, ...
Il retrouve chez certains de ces écrivains la compassion qu'il ressent envers les plus pauvres... étant lui-même dans le plus grand dénuement.

Si cet article vous a plu, merci de laisser un commentaire.

mercredi 7 mars 2012

Sur les traces de ... Léonard de Vinci de Patrick Jusseaux


Sur les traces de ... Léonard de Vinci est un ouvrage de l'historien d'art Patrick Jusseaux publié en 2003 chez Gallimard Jeunesse, en partenariat avec le musée du Louvre.


Sur les traces de ... Léonard de Vinci nous présente la vie et l'oeuvre du génie que fut Léonard de Vinci.

De sa petite enfance jusqu'à ses derniers jours à Amboise auprès de François Ier, en passant par son adolescence dans l'atelier du maître Verrocchio, le lecteur découvre, dans une écriture extrêmement fluide, le parcours mais aussi quelques anecdotes qui ont jalonné la vie du maître du Sfumato.
Le lecteur se représente aussi le quotidien et les difficultés de la vie au XVe et au XVIe siècle, la nécessité pour les artistes de se mettre sous la protection d'un mécène, la rivalité entre les artistes (en l’occurrence avec Michel-Ange), l'itinéraire presque obligé entre les différentes villes italiennes (Milan, Florence, Rome, Mantoue, ...), ...

Le focus sur les relations entre Ludovico Sforza et Léonard de Vinci est trop rapide. La dame à l'hermine est évoquée très vite et la belle Ferronnière n'est pas mentionnée.

Quelques uns de ses tableaux sont présentés, en particulier dans leur contexte de création (commanditaires, histoire, anecdote, ...): L'Annonciation, L'Adoration des Mages, Sainte-Anne (en cours de restauration actuellement par le musée du Louvre et qui donnera bientôt lieu à une exposition dédiée), ...

La Sainte-Anne L'ultime chef d'oeuvre
de Léonard de Vinci
du 29 mars au 25 juin 2012
Musée du Louvre

Tout au long de ce récit d'une vie, l'on découvre un homme aux multi-facettes, curieux de tout et dont le génie s'inscrira dans la peinture, le dessin, la sculpture, la technique et l'architecture.
Léonard de Vinci symbolise à lui seul la Renaissance, tant dans ses productions que dans ses intuitions:
Je dessine parfois des choses dont je sais bien qu'elles ne sont pas réalisables à notre époque. Je sais qu'il manque des connaissances pour les mener à bout. Pourtant je pense qu'un jour d'autres hommes me rendront hommage car eux sauront transformer mes intuitions en machines.

Le document est abondamment illustré et capte l'attention des enfants.

Titre: Sur les traces de…Léonard de Vinci
Auteur : Patrick Jusseaux
Illustrateur : Jean Grosson
Editeur : Gallimard Jeunesse
A partir de 8 ans

samedi 3 mars 2012

Les Esclaves de Michel-Ange

Les captifs, Esclave mourant et Esclave rebelle sont deux sculptures en marbre de Michel-Ange (Caprese, 1475 – Rome 1564) datant de 1513-1515 et exposées dans l'aile Denon, au rez-de-chaussée du musée du Louvre (Département des sculptures italiennes).

A l’origine ces deux esclaves devaient décorer le tombeau du pape Jules II.
Ce dernier les avait commandés à Michel-Ange, qui a mis quarante ans pour les réaliser. Les sculptures ont été modifiées à plusieurs reprises.
C'est le même commanditaire qui a commandé à Michel-Ange, la décoration de la chapelle Sixtine.

Dans le cadre d'un premier projet, Michel-Ange devait réaliser une quarantaine de sculptures.
Il n'en reste que sept à Rome dans l’église Saint-Pierre-aux-liens, où se trouve le mausolée du pape Jules II. Après la mort du pape, ce premier projet était jugé trop cher, du fait du coût du marbre. L'ampleur des oeuvres fut donc revue à la baisse.

Dans le cadre d'un deuxième projet, d'autres esclaves ont été réalisés, dont les deux sculptures du musée du Louvre. Les autres esclaves de cette série se trouvent à Florence.

Les deux esclaves du Louvre n’ayant pas été retenus pour le monument final par le commanditaire,
Michel-Ange les avait offertes à un ami florentin habitant en France, Roberto Strozzi. Celui-ci les offrit au roi de France. Le musée en pris possession en 1794.

Les sculptures de Michel-Ange se trouvent majoritairement en Italie, dans les lieux pour lesquels elles ont été conçues. Les deux esclaves du musée du Louvre sont une exception.

Un artiste de talent devait savoir représenter le corps humain, donc le nu. Pour cela les artistes de l'époque étudiaient l’anatomie par le biais de modèles nus dans les ateliers, ou bien d'après des sculptures de nus de l’Antiquité.

Dans cette réalisation, Michel-Ange, malgré sa célébrité, n'a pas été libre de ses choix.
De nombreuses modifications lui ont été ordonnées par son commanditaire. Le processus de création a été interrompu maintes fois pour la réalisation d’autres commandes.

Michel-Ange n'a pas travaillé les dos des sculptures, qui ne semblent donc pas terminés. En effet, les sculptures étaient destinées à être vues de face uniquement.

Certaines parties des sculptures semblent inachevées, le spectateur perçoit les traces des outils de l’artiste.
Ce sont parfois des lignes nettes sur la pierre, d’autres fois des marques en forme de fourche.
Quelques fois les lignes sont croisées, d’autres fois elles sont parallèles.


Les captifs, Esclave mourant
1513-1515
Marbre
hauteur 2,28 m
Michelangelo Buonarroti dit 
Michel-Ange (Caprese, 1475 – Rome 1564)


L'Esclave mourant semble détendu, il s'abandonne...
Les liens autour du torse symbolisent son statut d'esclave.
Ses bras sont libres mais une courroie est visible au niveau du torse.
Cette sculpture comporte un singe au niveau des pieds. Ce singe est difficile à identifier et semble sortir de la pierre, de par le travail de l'artiste. Il symbolise à la fois la bestialité et l'art du mimétisme.

Les captifs, Esclave rebelle
1513-1515
Marbre
Hauteur 2,09 m
Michelangelo Buonarroti dit 
Michel-Ange (Caprese, 1475 – Rome 1564)


L’Esclave rebelle semble être au combat: son corps est tendu, les muscles sont gonflés.
Le corps semble presque déformé afin d'accentuer l'effort produit par l'esclave.
Les liens autour du torse symbolisent son statut d'esclave.
Ses bras sont attachés dans le dos, une courroie lacère sa chair au niveau d'un coude et du torse.

Si cet article vous a plu, merci de laisser un commentaire...


vendredi 2 mars 2012

Les Rendez-vous de Paris d'Éric Rohmer

Les Rendez-vous de Paris est un film français réalisé par Éric Rohmer et sorti en salles en 1995.

Le film est un triptyque autour de l’amour… et de ses aléas.

Dans la première séquence Le Rendez-vous de sept heures, Esther, amoureuse d’Horace, apprend les infidélités de celui-ci. Par un scénario toutefois peu réaliste, Esther vérifie la trahison de celui-ci.
Cette première partie nous transporte dans le XVe arrondissement (boulevard Edgar Quinet), dans le Ier arrondissement (quartier Beaubourg dont la place Igor Stravinski). 
L'art est présenté à travers les oeuvres de Niki de Saint-Phalle, en arrière plan.

Dans la deuxième séquence Les Bancs de Paris, un professeur de philosophie vit une histoire d’amour avec une jeune fille infidèle et manipulatrice.
Cette deuxième séquence est particulièrement riche, tant au niveau des lieux présentés que des références artistiques.
Le spectateur se voit transporté au jardin du Luxembourg (fontaine Médicis), dans un cimetière, à Belleville, au parc de la Villette, au parc Montsouris, au palais de Chaillot, aux serres d'Auteuil, …
L’art est présent à travers la sculpture de la fontaine Médicis, les célèbres chats de l’illustrateur Steinlen, l’histoire du Bateau-Lavoir et de ses figures (Picasso, Modigliani, Max Jacob).

Affiche d'exposition de Steinlen

Dans la troisième séquence Mère et Enfant 1907 (du nom d’un tableau de Picasso), un peintre accompagne une jeune femme au musée Picasso et fait la connaissance d’une visiteuse. En amour, il a le comportement d’un prédateur.
Cette dernière séquence nous transporte dans le IVe arrondissement au musée Picasso, rue de Thorigny et rue de Turenne puis dans le XVe arrondissement, à la Coupole.
L’art est présent à travers l’œuvre du peintre mais aussi à travers les œuvres du musée Picasso présentées. En particulier, le peintre fait une analyse intéressante du tableau Mère et Enfant de Picasso.

Mère et Enfant
Picasso
1907
Musée Picasso - Paris

Par une caméra légère et une mise en scène dépouillée, les déambulations dans le quartier du Marais, bien que banales et filmées pas à pas, sont captivantes et c’est là toute la magie d’Eric Rohmer.

Le spectateur notera que chacune des séquences se termine par un rendez-vous manqué, voire une séparation lorsque le destin s’en mêle...

Dans le registre amoureux, les thèmes évoqués sont nombreux:
- la séduction amoureuse
- l’infidélité et le mensonge
- la confrontation à la réalité de l’infidélité
- les doutes
- la manipulation
- la jalousie au sein du couple et envers les autres ( « Tous ces couples qui débordent d'amour m'irritent! »)
- l’inconstance des sentiments
- la dissimulation des sentiments



Titre : Les Rendez-vous de Paris
Réalisation : Éric Rohmer
Scénario : Éric Rohmer
Dialogues : Éric Rohmer
Productrice : Françoise Etchegaray
Société de production : La Compagnie Éric Rohmer
Société de distribution : Les Films du Losange
Acteurs première séquence Le Rendez-vous de sept heures : Clara Bellar, Antoine Basler, Mathias Mégard, Judith Chancel, Malcolm Conrath, Cécile Parès, Olivier Poujol
Acteurs deuxième séquence Les Bancs de Paris : Aurore Rauscher, Serge Renko
Acteurs troisième séquence Mère et enfant 1907 : Michael Kraft, Bénédicte Loyen, Veronika Johansson