samedi 3 mars 2012

Les Esclaves de Michel-Ange

Les captifs, Esclave mourant et Esclave rebelle sont deux sculptures en marbre de Michel-Ange (Caprese, 1475 – Rome 1564) datant de 1513-1515 et exposées dans l'aile Denon, au rez-de-chaussée du musée du Louvre (Département des sculptures italiennes).

A l’origine ces deux esclaves devaient décorer le tombeau du pape Jules II.
Ce dernier les avait commandés à Michel-Ange, qui a mis quarante ans pour les réaliser. Les sculptures ont été modifiées à plusieurs reprises.
C'est le même commanditaire qui a commandé à Michel-Ange, la décoration de la chapelle Sixtine.

Dans le cadre d'un premier projet, Michel-Ange devait réaliser une quarantaine de sculptures.
Il n'en reste que sept à Rome dans l’église Saint-Pierre-aux-liens, où se trouve le mausolée du pape Jules II. Après la mort du pape, ce premier projet était jugé trop cher, du fait du coût du marbre. L'ampleur des oeuvres fut donc revue à la baisse.

Dans le cadre d'un deuxième projet, d'autres esclaves ont été réalisés, dont les deux sculptures du musée du Louvre. Les autres esclaves de cette série se trouvent à Florence.

Les deux esclaves du Louvre n’ayant pas été retenus pour le monument final par le commanditaire,
Michel-Ange les avait offertes à un ami florentin habitant en France, Roberto Strozzi. Celui-ci les offrit au roi de France. Le musée en pris possession en 1794.

Les sculptures de Michel-Ange se trouvent majoritairement en Italie, dans les lieux pour lesquels elles ont été conçues. Les deux esclaves du musée du Louvre sont une exception.

Un artiste de talent devait savoir représenter le corps humain, donc le nu. Pour cela les artistes de l'époque étudiaient l’anatomie par le biais de modèles nus dans les ateliers, ou bien d'après des sculptures de nus de l’Antiquité.

Dans cette réalisation, Michel-Ange, malgré sa célébrité, n'a pas été libre de ses choix.
De nombreuses modifications lui ont été ordonnées par son commanditaire. Le processus de création a été interrompu maintes fois pour la réalisation d’autres commandes.

Michel-Ange n'a pas travaillé les dos des sculptures, qui ne semblent donc pas terminés. En effet, les sculptures étaient destinées à être vues de face uniquement.

Certaines parties des sculptures semblent inachevées, le spectateur perçoit les traces des outils de l’artiste.
Ce sont parfois des lignes nettes sur la pierre, d’autres fois des marques en forme de fourche.
Quelques fois les lignes sont croisées, d’autres fois elles sont parallèles.


Les captifs, Esclave mourant
1513-1515
Marbre
hauteur 2,28 m
Michelangelo Buonarroti dit 
Michel-Ange (Caprese, 1475 – Rome 1564)


L'Esclave mourant semble détendu, il s'abandonne...
Les liens autour du torse symbolisent son statut d'esclave.
Ses bras sont libres mais une courroie est visible au niveau du torse.
Cette sculpture comporte un singe au niveau des pieds. Ce singe est difficile à identifier et semble sortir de la pierre, de par le travail de l'artiste. Il symbolise à la fois la bestialité et l'art du mimétisme.

Les captifs, Esclave rebelle
1513-1515
Marbre
Hauteur 2,09 m
Michelangelo Buonarroti dit 
Michel-Ange (Caprese, 1475 – Rome 1564)


L’Esclave rebelle semble être au combat: son corps est tendu, les muscles sont gonflés.
Le corps semble presque déformé afin d'accentuer l'effort produit par l'esclave.
Les liens autour du torse symbolisent son statut d'esclave.
Ses bras sont attachés dans le dos, une courroie lacère sa chair au niveau d'un coude et du torse.

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8 commentaires:

  1. Merci, ce document me sera bien utile pour un exposé d'histoire de l'art.

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  2. Bonsoir,

    Merci beaucoup pour votre commentaire qui m'encourage.

    Bonne soirée

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  3. supper document j'espere reussir mon éxposer de l'art qui se trouve au muser du Louvre

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  4. Bonsoir,

    Merci pour ce commentaire!

    Bonne soirée

    Isabel

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  5. Merci pour cet article qui etayera davantage mon dossier sur Michel-Ange

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  6. Bonsoir,

    Merci pour votre commentaire et bon courage pour votre dossier.

    Bonne soirée

    Isabel

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  7. Bonjour, j'aimerai savoir dans qu'elles conditions les statues furent intégrées aux collections du Louvre ?
    Merci

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  8. Bonsoir,

    Merci pour cette question.

    Voici un extrait du Dictionnaire amoureux du Louvre de Pierre Rosenberg:

    Destinés au tombeau de Jules II (1443-1513, pape en 1503) commandé en 1505, Les Esclaves, pour reprendre une appellation qui ne remonte guère au-delà du XIXe siècle, L'Esclave mourant, dit aussi endormi, vaincu ou apaisé, et L'esclave rebelle, ou encore L'Esclave tourmenté, furent offerts par Michel-Ange à son ami Roberto Strozzi en 1546. Celui-ci, exilé à Lyon, en fit don à François Ier. À son tour, le roi les offrit au connétable Anne de Montmorency qui les plaça dans deux niches sur l'une des façades de son château d'Ecouen, non pas dans l'axe du portail d'entrée, mais sous un portique qui semble avoir été conçu à leur intention (des copies les remplacent à Ecouen, devenu depuis 1977 musée national de la Renaissance). Son petit-fils, Henri II de Montmorency, condamné à mort pour sa participation à la rébellion de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, les donna à Richelieu qui les fit installer dans deux niches à l'étage noble et au centre de la façade de son château de Richelieu, dans le Poitou. Ils furent achetés en 1792 par Alexandre Lenoir et installés au musée des Petits-Augustins, futur musée des Monuments français (à l'emplacement de l'actuelle Ecole nationale supérieure des beaux-arts). Ils sont au Louvre depuis le 11 fructidor an II (28 août 1794).

    Je vous recommande la lecture de cet ouvrage.

    Excellente soirée

    Isabel

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