dimanche 24 juin 2012

Shakespeare n’a jamais fait ça de Charles Bukowski

Shakespeare n’a jamais fait ça est un carnet de voyages de Charles Bukowski publié aux 13E Note Editions en 2012.



Dans cet ouvrage, Charles Bukowski raconte son voyage en Europe en 1978.

Le lecteur découvre, sans fard, la vie de ce romancier et poète décédé en 1994.

C’est un ouvrage qui ne laisse pas indifférent, il plaît ou pas… et pourtant il se lit d’une seule traite en laissant des impressions mitigées.

L’auteur est parfaitement conscient de pouvoir inciter la haine:
« Pendant qu’il continuait à me hurler dessus, je l’ai regardé en vidant un autre verre de vin. Je l’ai toujours dit, si on arrive à se faire haïr, on sait que le boulot est bien fait. »
et se permet même d’insulter une religion. Vaste débat…

Le décor est planté dès le début de l’ouvrage:
« Pas grand-chose pendant le voyage en avion. Linda Lee et moi avons été accusés de fumer de l’herbe. Une bonne dizaine ou vingtaine de minutes plus tard, on réussissait à convaincre le capitaine ou je ne sais qui que ce n’était pas de l’herbe qu’on fumait. On a bu tout le vin blanc qu’il y avait à bord, puis tout le vin rouge. Linda s’est endormie et j’ai bu toute la bière. »
… et le détail des consommations alcooliques de l’auteur est quelque peu lassant.

L’ouvrage est ponctué de photographies de son ami Michael Monfort, qui l’a accompagné dans ses déambulations en France et en Allemagne.

Au-delà du quotidien de son voyage, Charles Bukowski nous fait parfois partager ses réflexions sur la vie et la façon dont nous la traversons:
« Les gens s’excitent parce que le b.a-ba leur échappe, ils se laissent bouffer par le train-train et, le soir, refusent de baiser leur partenaire, dérouillent leurs gamins, se choppent une indigestion, […] ils en veulent à la situation économique, aux dirigeants, au gouvernement, aux autoroutes, - autant de haines aussi sensées qu’inutiles ils ont les orteils crispés, le dos spasmé et leur insomnie vire au cauchemar. Tout ça pour avoir gardé les yeux ouverts toute la putain de journée, et en avoir trop vu. »
Charles Bukowski nous livre sa vision de Paris où il ne fait que deux courts passages :
« En attendant, Paris nous arrivait droit dessus … même les modernes admettent que Paris n’est plus ce qu’elle était »
« Ce jour-là Barbet a voulu nous montrer le musée d’Art moderne. On voyait les gens passer d’un étage à l’autre dans des tubes. »
« Barbet nous a entraînés jusqu’à une maison où avait créché Balzac »
« Les parisiens passent leur nuit à boire et à manger »

Charles Bukowski parvient parfois à être touchant bien que ses mots soient, à mon sens, dénués de poésie:
« Il m’a fallu cinquante-six ans pour trouver Linda Lee et ça valait la peine d’attendre. »

La célèbre séquence du passage de Charles Bukowski en 1978 dans l'émission Apostrophes:



Note pour l’éditeur:
P181
Après lui a avoir fait nos adieux.
Merci de corriger.

Titre: Shakespeare n'a jamais fait ça
Auteur: Charles Bukowski
Editeur: 13eme Note
Parution: 7 mars 2012
ISBN: 2363740246

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