dimanche 2 septembre 2012

Paris sans issue de René Char


Paris sans issue

Rue de Sèvres,
Une porte cochère avant le magasin 'Le Tournis',
Midi, et l'été
Sur l'asphalte suspend tous les élans.
Une jeune femme,
La ligne d'ombre de sa jupe nue
Est complice de son corps charmant,
Poursuit un rêve éveillé,
Assise à même la pierre du seuil.
Je la nomme
Liseuse aux douze pavots blancs,
Méridienne,
Encore qu'elle garde les yeux grands ouverts
Et les doigts symétriques.
En feuilletant son livre absent,
Elle demeure, je la perds,
Sans délai, à la rue suivante,
Syllabe d'écho, amante coupable.

René Char
Recherche de la base et du sommet (1941-1948)




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