lundi 15 octobre 2012

Violettes impériales de Richard Pottier

Violettes impériales est un film de Richard Pottier datant de 1952 avec Luis Mariano, Carmen Sevilla, Simone Valère et Louis Arbessier.


Le film débute à Grenade, en Espagne. Nous sommes au milieu du XIXe siècle, lorsqu’une jolie bohémienne lit dans les mains d’Eugénie de Montijo de Guzman. Elle lui prédit qu’elle portera une couronne. Sa mère ne prend pas la prédiction au sérieux, la plupart des monarques européens étant mariés et la France étant sous le régime d’une république.
Cependant dès que Prosper Mérimée lui apprend que Louis Napoléon Bonaparte envisage d’instaurer à nouveau l’Empire, à la faveur d’un coup d’Etat, elle organise très vite un voyage vers Paris. Eugénie est conviée au bal des Tuileries par Louis Napoléon Bonaparte devenu Napoléon III et empereur de France. Le charme joue et Eugénie devient très vite impératrice...

Richard Pottier a réalisé ce film en 1952, pour célébrer le centenaire de l’avènement de Napoléon III.
Si les décors sont somptueux, le spectateur ne découvre cependant rien de Paris, ni du contexte historique de l’avènement de Napoléon III.



Revenons donc à ce contexte historique...
Le 10 décembre 1848, Louis Napoléon Bonaparte est le premier président de la République française, élu au suffrage universel masculin.
S’il entend défendre les principes de la Révolution française, il souhaite toutefois un pouvoir politique fort, capable d’accompagner la population tant dans la modernité industrielle que dans la pauvreté engendrée par celle-ci.
Ses projets sont contraints par la Constitution de 1848 qui prévoit, notamment, que le chef de l’Etat ne peut être réélu et l’Assemblée refuse de réviser cette Constitution. Le recours à la force semble alors inévitable.

Un coup d’Etat est préparé à partir du 20 août 1851 à Saint-Cloud par quelques fidèles dont le duc de Morny, demi-frère de Louis Napoléon Bonaparte. La date est fixée au 2 décembre suivant, jour anniversaire du sacre de Napoléon Ier en 1804 et de la victoire d’Austerlitz en 1805.
L’opération est baptisée Rubicon, en référence à Jules César.
Le général de Saint-Arnaud, ministre de la guerre et Charlemagne Emile de Maupas, préfet de police, mobilisent les troupes. La garde nationale est neutralisée.

Le 2 décembre au matin, les troupes du général de Saint-Arnaud occupent les différents points stratégiques parisiens. Soixante mille hommes tiennent la capitale. L’information est contrôlée par la mise sous tutelle des imprimeries. Les cafés et les écuries sont fermés. Les chefs de l’opposition républicains et monarchistes sont arrêtés. L’état de siège est décrété. L’Assemblée nationale est dissoute.

Le 14 janvier 1852, une nouvelle Constitution est proclamée : le chef de l’Etat, élu pour dix ans, a seul l’initiative des lois.
Le 7 novembre 1852, un sénatus-consulte rétablit la dignité impériale, officialisée deux semaines plus tard, lors d’un plébiscite, par 7 824 129 voix contre 253 149. Louis Napoléon Bonaparte devient officiellement « Napoléon III, Empereur des Français » à compter du 2 décembre 1852.

Différentes légendes associent Napoléon Ier aux violettes cependant cette fleur apparaît le 1er mars 1815, lorsque Napoléon Ier est de retour de l’île d’Elbe. La violette est alors le signe de ralliement des bonapartistes. Lors de son chemin de retour sur Paris, la foule lui offre des violettes.
Son neveu a donc conservé, entre autres, ce symbole.

A voir également : Violettes impériales d’Henry Roussel (1924) avec Georges Péclet, Raquel Melles, Emile Drain et Suzanne Bianchetti.

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