samedi 23 février 2013

Des aigles et des hommes, sur les traces de la Grande Armée

Exposition à voir de toute urgence puisqu'elle se termine demain...






La grande armée: naissance et baptême du feu

Après le coup d'Etat du 18 brumaire (9 novembre 1799), Bonaparte hérite de l'armée révolutionnaire.
Le Premier Consul assoit sa prise de pouvoir ave la victoire de Marengo qui clôt la seconde campagne d'Italie. La paix s'installe pour un court moment mais, dès 1803, Bonaparte envisage d'envahir l'Angleterre.
Le camp de Boulogne, organisé dans ce but, sera le creuset d'une armée appelée à remporter dès sa première campagne des succès éclatants.

Source: Service Historique de la Défense





Aigle du 10e régiment d'infanterie de ligne

L'aigle est choisi comme emblème impérial par Napoléon Ier à la suite de la séance du Conseil d'Etat tenue le 12 juin 1804. Sa forme officielle est alors dessinée par le peintre Jean-Baptiste Isabey, au naturel et les ailes éployées.
L'Empereur décide, à l'image des légions romaines, de le faire figurer à l'extrêmité de la hampe des drapeaux, reportant ainsi du tablier à la pique le caractère sacré de l'emblème.
Il en a défini l'apparence dans une lettre adressée au maréchal Berthier depuis son quartier général de Pont-de-Briques au camp de Boulogne, où il effectue une première distribution le 5 décembre 1804.
L'aigle présenté ici est le premier modèle, appelé 1804, créé par le sculpteur Antoine-Camus et fondu par Pierre-Philippe Lhomaine.
Un deuxième modèle, version simplifiée du précédent diffusée en plus petit nombre, est produit en 1811, puis un troisième, dans l'urgence en 1815. L'aigle du 10e régiment d'infanterie de ligne fut prise par les Prussines au Dépôt central de l'artillerie de Saint-Thomas-d'Aquin, à Paris, en 1875, négligeant la valeur symbolique accordée à ces objets. Conservée à Berlin, elle ne sera restituée à la France qu'après la Seconde Guerre Mondiale.

Source: Service Historique de la Défense




Campagne de 1805
L'onction de la Victoire

En août 1805, menacé sur le Rhin par une nouvelle coalition, Napoléon ordonne une volte-face du dispositif conçu contre l'Angleterre, avec l'objectif de prendre de vitesse les armées austro-russes.
Sont alors formés sept corps d'armée (les "sept torrents"), Bernadotte venant du camp d'Utrecht, prend la tête du 1er corps d'armée.
Le camp de droite sous les ordres de Davout devient le 3eme corps d'armée, le camp du centre sous le commandement de Soult prend le nom de 4eme corps, le camp de gauche sous les ordres de Ney le 6eme, le corps d'avant garde sous les ordres de Lannes devient le 5eme corps, le 1er corps détaché sous les ordres de Marmont devient le 2eme corps et le 2eme corps détaché sous les ordres d'Augereau le 7eme corps. Le 29 août, cette masse prend officiellement le nom de Grande Armée et s'ébranle sous le commandement de l'Empereur en direction des frontières de l'est. Trois mois plus tard, après la capitulation des Autrichiens du général Mack à Ulm et l'entrée dans Vienne, la victoire d'Austerlitz vient couronner une campagne magistrale, admirablement mise en scène par la propagande impériale: dès 1805, la légende de la Grande Armée est en marche.


Source: Service Historique de la Défense






Formée en août 1805, la première Grande Armée cesse officiellement d'exister en octobre 1808. L'Empereur commande ainsi une "armée d'Espagne" puis une "armée d'Allemagne" en 1808-1809. Reconstituée en 1811 en préparation de la campagne de Russie, la Grande Armée ne survivra pas au régime qu'elle a incarné en France et en Europe.

Source: Service Historique de la Défense




















Les hommes et la vie militaire

Malgré le clinquant des uniformes et l'éclat des victoires, le quotidien du soldat même la routine de la vie des camps, les privations et les épreuves des marches. Coupé de la société civile, le conscrit doit s'intégrer à un univers dont il lui faut suivre les règles et les usages.
La Grande Armée est une machine militaire dévoreuse d'hommes, qu'il faut sans cesse alimenter en recrues et maintenir en état de combattre.


Recrutement et carrière

L'Empire hérite des soldats de la Révolution.
Anciens volontaires et requis côtoient désormais les nouveaux conscrits apparus avec la loi Jourdan-Delbrel
votée en 1798. Un tirage au sort désigne les hommes qui rejoindront l'armée, les plus fortunés pouvant payer des remplaçants. La conscription est acceptée par une majorité de la population,
au moins jusqu'en 1812, avant que les levées ne se multiplient à un rythme accéléré en 1813-1814, accréditant l'image de l'ogre impérial.
La gendarmerie est chargée de réprimer réfractaires et déserteurs. Les soldats et officiers de la Grande Armée peuvent cependant espérer connaître une carrière accélérée, du fait de la disparition du monopole nobiliaire sur les principaux grades, de l'état de guerre permanent et de l'importance des pertes. L'Ecole spéciale impériale militaire, déplacée de Fontainebleau à Saint-Cyr en 1808, ne suffit pas à répondre à des besoins croissants. Si l'armée impériale n'entraîne pas un grand mouvement de promotion sociale, elle génère cependant un rajeunissement des cadres et offre à des hommes issus du rang des promotions inimaginables sous l'Ancien Régime.


Source: Service Historique de la Défense









Proclamation aux habitants de la ville de Vienne, 22 mai 1809




















Voir sur le site du Ministère de la Défense:
http://www.defense.gouv.fr/actualites/articles/sur-les-traces-de-la-grande-armee

Voir également le poème de Victor Hugo, L'Expiation extrait des Châtiments.

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire