dimanche 10 février 2013

Le livre de chevet de François Bellec


A l’occasion de la publication de L’arbre de nuit (JC Lattès), François Bellec, consultant pour l’histoire de la navigation et de l’exploration du monde, membre du Groupe des écrivains de marine, nous fait quelques confidences de lecteur. Une ode à la gloire des Portugais.
Où plutôt, à leur épopée maritime. L’œuvre poétique écrite en ottava rima (strophe de huit décasyllabes), célèbre Vasco de Gama (1469-1524), figure tutélaire, qui ouvre la route des Indes orientales en doublant le cap des Tempêtes (devenu le cap de Bonne-Espérance) en 1497. L’épisode est raconté avec verve et ardeur. Le génial auteur de ce monument national de la littérature portugaise imite Homère et Virgile, mais il vante, lui, des exploits véridiques, contrairement aux deux autres. Dieux et muses font leurs apparitions, certes, pour aussitôt retourner à leurs univers rhétoriques.«  Lorsque l’on m’a demandé de remplacer le directeur du musée de la Marine au pied levé à la fin des années 1970, je n’étais pas un spécialiste de l’histoire de la navigation, loin de là. Ma nomination et ma promotion en tant que capitaine de vaisseau pour intégrer le poste m’ont obligé à me plonger corps et âme dans le sujet. Pour parfaire mes connaissances, un ami portugais m’a conseillé de lire attentivement Les Lusiades.
Et ce fut une révélation ! Pourtant, la lecture de ce long poème a été laborieuse. J’ai dû m’accrocher aux branches pour suivre toutes les périlleuses aventures des marins de Vasco de Gama, tant les discours, les digressions et les envolées lyriques rendent la compréhension encore plus difficile qu’elle ne l’est vraiment. », explique l’amiral Bellec, l’auteur de L’arbre de nuit. Un premier roman (réussi) qui relate le destin de trois personnages pris dans la tourmente des mers et des sentiments au XVIIe siècle. « J’ai voulu rendre hommage à l’œuvre de Camoes dans mon livre. L’un des personnages, Sébastien Carvalho, moine défroqué, a pour vocation de réciter des vers du poème portugais pendant les longues traversées. Une passion pour le lyrisme pas forcément du goût de tout le monde », conclut l’écrivain avant de regarder son exemplaire des Lusiades avec délectation.
Victor Battaggion
Historia
Août 2012

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