mercredi 6 mars 2013

Château en Suède de Françoise Sagan

Château en Suède est la première pièce de théâtre de Françoise Sagan publiée en 1960.

La première représentation de la pièce eut lieu au théâtre de l'Atelier en mars 1960 dans une mise en scène d'André Barsacq. La dernière représentation en date a eu lieu au Théâtre Saint-Georges en 1998.



Une famille aristocrate est prisonnière des neiges hivernales dans un château en Suède. Un cousin, venu les rejoindre pour la saison, crée des perturbations au sein de cette famille, à l'équilibre déjà précaire.

Les thèmes de Château en Suède sont nombreux: la séduction et l'adultère, la manipulation psychologique, la folie, la complexité de relations familiales, la décadence de l'aristocratie, ...

Cet ouvrage est absolument savoureux. Bien que les personnages soient assez caricaturaux, l'humour et l'ironie de chaque réplique ravissent. Au fil des pages, un véritable suspens torture le lecteur: qui manipule qui?
Le cynisme transparaît également dans certaines répliques, à moins que ce ne soit le désespoir:
Ophélie: Et ça veut dire quoi?
Sébastien: Quoi?
Ophélie: Aimer? Que tu m'aimes?
Sébastien: Laisse-moi penser... aimer, c'est ce que nous faisons quelquefois le soir. Plus quelques variantes chez les cérébraux.
Ophélie: C'est très bien. Je croyais que c'était bien plus compliqué...
Paris est évoqué à de multiples reprises. Les deux extraits suivants sont plutôt orientés sur les frivolités et festivités de la capitale:
Sébastien: Oui.Eh bien, si nous étions à Paris en ce moment, nous serions prêts à sortir. Nous fourbirions nos armes de chasse.
Éléonore: Nous entrerions bras dessus bras dessous chez Maxim's ou dans une boîte de nuit. On dirait bonjour distraitement à quelques amis... comme ça...
Sébastien: J'aurais l'air très amoureux de toi. On nous regarderait d'un air trouble. "Vous savez, c'est Éléonore von Milhem, celle qui a ruiné ce pauvre Cliquot. Avec son frère. Il paraît qu'ils sont ensemble, ça se fait peut-être en Suède... Et patati et patata..."
Éléonore: On rirait beaucoup... On chercherait un visage, je te conseillerais une jeune femme, tu ferais le dégoûté... Je regarderais pensivement un homme parfois...
Sébastien: Et puis on irait danser... Il y aurait plein de musique et des profils éperdus, et des sourires échangés. J'adore Paris.
Éléonore: Ah, vous parlez de nos nuits? Hélas, on ne vit pas impunément cinq ans à Paris: En même temps que les hommes on y apprend l'ennui et la comédie.

Cet ouvrage a inspiré, entre autres, le film de Josée Dayan diffusé en 2008 sur ARTE:



Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire