vendredi 15 mars 2013

La rêveuse d'Ostende d’Eric-Emmanuel Schmitt

La rêveuse d'Ostende est un recueil de nouvelles d’Eric-Emmanuel Schmitt publié en octobre 2007 aux éditions Albin Michel.


Les nouvelles sont bien différentes les unes des autres… Les lecteurs de Stefan Zweig pourront être interpellés par les ressemblances entre La rêveuse d'Ostende et 24 heures dans la vie d'une femme. Hélas, la profondeur de l’ouvrage de Zweig est incomparable.

Dans la nouvelle La guérison, Eric-Emmanuel Schmitt nous dépeint avec subtilité l’évolution psychologique de Stéphanie, une jeune infirmière parisienne mal dans sa peau. Au fil des pages, elle devient femme. Son lent parcours vers un renouveau emprunt de sensualité place cette nouvelle comme la plus marquante du recueil, à mon sens.

Au détour des pages, le lecteur peut découvrir ce découpage de Paris:
« Depuis des années, elle habitait derrière l'hôpital. Un étranger à Paris ne comprendrait pas cette expression derrière l'hôpital car la Salpêtrière comprenait deux entrées d'importance équivalente sur les deux boulevards qui longeaient son domaine. En quoi l'une serait-elle devant et l'autre derrière? Pour le saisir, il fallait avoir assimilé la singulière géométrie de Paris, ville construite dans un cercle mais qui comporte cependant un avant et un arrière.
Est à l'avant, ce qui se tourne vers le centre, la cathédrale Notre-Dame. Est à l'arrière, ce qui regarde la ceinture périphérique. Logeant dans Chinatown, un studio en haut d'une tour non loin de la banlieue, Stéphanie habitait donc derrière. » 

Doit-on voir de l’autodérision dans ce passage de la nouvelle Mauvaises lectures ?
« Se procurer un livre dans un supermarché! [...] Un livre, c'était un objet sacré, précieux, dont on découvrait d'abord l'existence au sein d'une liste bibliographique, sur lequel on se renseignait, et puis le cas échéant qu'on convoitait, dont on écrivait les références sur un papier, qu'on allait chercher ou commandait chez un libraire digne de ce nom. En aucun cas un livre ne se cueillait au milieu des saucisses, des légumes et des lessives. Triste époque! [...] D'un regard rapide, Maurice constata qu'il n'y avait là naturellement que des romans. » 

Titre : La rêveuse d'Ostende
Auteur : Eric-Emmanuel Schmitt
Editeur : Albin Michel
ISBN: 9782226181077

2 commentaires:

  1. Á OSTENDE

    Á Ostende l'onde est un songe, la lumière une vague, l'écume une bière âcre.

    Là-bas les mouettes se lamentent et les hommes ont l'âme lourde, ce qui est hautement réjouissant car à Ostende tout ce qui gémit est béni.

    On vient à Ostende non pour y mourir mais pour voir mourir : dans cette ville en perpétuel automne la mélancolie est un spectacle intime. Les nuées y sont sombres, les âmes brumeuses, les flots lumineux.

    Á Ostende au casino face à la mer on joue, on perd, on pleure : on est heureux.

    Dans cette capitale de la nostalgie l'amour est lunaire, la mort intermédiaire, la vie un interminable regret.

    L'existence y est pâle, sereine, quasi funèbre. C'est la chose la plus délicieuse d'Ostende.

    Á Ostende il y a plein de vieilles en rouge à lèvres qui traînent leurs secrets d'amour glorieux et désuets : dans la ville flamande une tendre poussière recouvre les coeurs séniles.

    Ostende est une ville égarée entre la mer et les étoiles, figée dans un siècle de naphtaline.

    VOIR LA VIDÉO :

    http://www.dailymotion.com/video/x10c68a_a-ostende-raphael-zacharie-de-izarra#.UaaJvbUWolE

    Raphaël Zacharie de IZARRA

    RépondreSupprimer
  2. Bonsoir Raphaël,

    Merci pour ce joli poème.
    J'ai également apprécié la vidéo. La nostalgie du poème est opportunément rehaussée par la musique de Satie.

    Excellente soirée

    Isabel

    RépondreSupprimer