vendredi 12 avril 2013

La fascination du pire de Florian Zeller

La fascination du pire est un ouvrage de Florian Zeller publié en septembre 2004 aux éditions Flammarion. L’ouvrage a obtenu le prix Interallié cette même année.



Florian Zeller nous raconte le court séjour au Caire de deux écrivains, invités à une conférence par l’Ambassade de France locale.

Les thèmes de La fascination du pire sont variés:
- La religion dont l'islam et le catholicisme
- La place de la femme dans la société (les stéréotypes, le comportement des hommes, …)
- La sexualité et la frustration associée
- Les clivages Orient-Occident
« avec un sourire désarmant, elle me dit qu'il ne fallait pas tout de suite imaginer une catastrophe. C'était selon elle une attitude caractéristique des Occidentaux; elle appelait ça « la fascination du pire » ». 
- La liberté d’expression (radio contrôlée par le gouvernement, sort infligé à Martin Millet)
- Le racisme et la misogynie (comportement de Martin Millet)
- La manipulation psychologique (dernière soirée au Caire orchestrée par Martin Millet)
- La solitude et en particulier, la solitude affective
- La perte de valeurs fondamentales :
« C'est le téléphone, et notamment le portable, qui a définitivement assassiné la pratique de la correspondance. Je pense souvent à ces femmes qui vivaient dans l'espérance, sur le gage d'une seule lettre d'amour, quand l'autre, par exemple, partait à la guerre. Les mots avaient alors une force redoutable puisqu'ils décidaient des vies. On attendait, et on faisait confiance même sans nouvelle de l'autre pendant des périodes infinies. Aujourd'hui, on commence à paniquer dès qu'on ne parvient pas à le joindre sur son portable. Que fait-il? Pourquoi ne répond-elle pas? Avec qui est-il? L'angoisse a gagné du terrain. Nous sommes entrés dans une période sans retour qui signe la fin de l'attente, c'est-à-dire de la confiance et du silence. » 

La fascination du pire interpelle de par sa construction. Tout au long de l’ouvrage, les propos polémiques se multiplient, le malaise du lecteur croît. Puis, comme pour annihiler toute réaction à son roman dans les médias et l’opinion publique, Florian Zeller imagine un dernier chapitre fatal et désarmant.

Ce roman amène notamment à une réflexion du lecteur sur le pouvoir des mots, la censure et le droit au respect de chacun:
« Je me souviens avoir alors pensé à Voltaire et à son Dictionnaire philosophique. La référence était un peu généreuse, mais la situation restait comparable. Le jeu, pour Voltaire, consistait, à partir de 1764, à dénier avec véhémence toute paternité dans cet ouvrage et à le dénoncer parallèlement comme « diabolique », « abominable », « antichrétien », « infernal », « oeuvre de Satan ». Dans certaines lettres, il attribuait le Dictionnaire à un nommé Debu, des Buttes, Desbuttes ou Dubut qui, selon les cas, était un vieillard, un apprenti prêtre ou un jeune huguenot parent d'un ancien jésuite. Dans d'autres lettres, il s'avouait l'auteur des articles non théologiques, attribuant cette fois les plus scabreux à des auteurs divers [...]. C'est ainsi qu'il devint le plus célèbre non-auteur d'Europe. »

Titre: La fascination du pire
Auteur: Florian Zeller
Editeur: Flammarion
Date de parution: septembre 2004
ISBN: 9782080686244

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