dimanche 31 mai 2015

Ecole du Breuil - Bois de Vincennes
























lundi 25 mai 2015

Check-Point de Jean-Christophe Rufin

Check-Point est un roman de Jean-Christophe Rufin publié aux éditions Gallimard en avril 2015.



A la lecture de cet ouvrage, j'ai souvent fait un rapprochement avec Le Salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot et sorti en salles en 1953: le convoi de deux camions, le "huis clos roulant" que mentionne l'auteur, les conditions géographiques difficiles, le transport de matières dangereuses, les conflits entre les protagonistes, ...

Check-Point se déroule toutefois dans un environnement plus récent, le conflit serbo-croate.

Jean-Christophe Rufin excelle dans l'art de décrire les sentiments de ses personnages comme les paysages de montagne.

Les thèmes de Check-Point sont variés et l'on retrouve entre autres:
- l'amour, la déception amoureuse:
"C'était la première fois, sans doute, que Maud observait l'amour d'aussi près, un amour qui faisait prendre des risques, traverser les mondes, oublier sa propre personne. C'était à cet amour-là qu'elle avait cru longtemps. Elle avait fini par penser qu'il n'existait pas."
- les associations humanitaires et leurs bénévoles:
"Elle détestait l'injustice du monde mais n'en voulait à personne en particulier. L'humanitaire lui avait donné le moyen de répondre à cette indignation diffuse. Ce n'était pas satisfaisant et elle avait été peu à peu conduite à s'engager plus directement, à renier le sacro-saint principe de neutralité."
- l'enfance parfois difficile qui bouleverse la vie adulte:
"Les tatouages redoutables, les gros muscles, l'air farouche de Marc n'étaient que la panoplie dérisoire dont s'était revêtu un enfant seul et vulnérable, pour se protéger."

Le conflit serbo-croate est un décor et l'auteur y fait assez peu référence, ce qui est plutôt un soulagement, pour ma part. J'espérais, bien entendu, une lecture aussi belle que l'Abyssin ou Immortelle Randonnée mais il n'y a aucune déception avec des passages aussi beaux que:
"Il se pencha vers elle et l'embrassa. Ses lèvres s'irritèrent contre la barbe rugueuse qui entourait sa bouche. C'était une petite douleur qu'elle aimait et qui, un instant, lui fit oublier les autres. Elle s'en voulait d'avoir les yeux pleins de larmes."

Titre: Check-Point
Auteur: Jean-Christophe Rufin
Editeur : Gallimard
Date de parution: 10 avril 2015
Collection : Blanche
ISBN: 978-2070146413

samedi 23 mai 2015

La Petite Danseuse de quatorze ans d'Edgar Degas

La Petite Danseuse de quatorze ans est une sculpture d'Edgar Degas réalisée en cire entre 1875 et 1881 et présentée en 1881 lors de la sixième exposition impressionniste.

Petite danseuse de quatorze ans
ou grande danseuse habillée

Bronze avec patine, tulle, satin, bois socle
98 cm * 35,2 cm * 24,5 cm
Musée d'Orsay


La sculpture qui se trouve au musée d'Orsay est en bronze. Elle n'a jamais été vue par Edgar Degas qui avait accessoirisé son original en cire (jupon en tarlatane, ruban de soie vert, corsage ajouré, bas, ballerines en satin, tour de cou et perruque). Après sa mort, en 1917, ses héritiers ont décidé de faire tirer en bronze les cires sculptées créées par l'artiste. La Petite danseuse était en mauvais état, les bras presque détachés du buste. La sculpture en cire est conservée à la National Gallery of Art de Washington.

Si la taille de la sculpture est très inférieure à la taille habituelle des fillettes de quatorze ans, la statue est assez grande par rapport aux oeuvres de l'époque. On notera dans la salle adjacente du musée, différentes statues préparatoires de très petite taille.
La tenue de la fillette est celle des petits rats de l'Opéra de Paris: jupon en tulle, corsage bustier, ruban de satin dans la chevelure, bas sur les jambes, ballerines. Edgar Degas admire le travail et la discipline de ce corps de métier qu'il représente également en peinture (L'Orchestre de l'Opéra et L'Etoile).

La position des jambes correspond à la quatrième position de danse classique.
Les pointes de pied sont fortement orientées vers l'extérieur pour travailler la souplesse du bassin, des hanches et des cuisses. La silhouette de la fillette semble déformée par les exercices quotidiens.
Les bras sont au repos, dans le dos. La tête est relevée mais la jeune fille semble rêver, ses yeux mi-clos. Au delà de la position des pieds, la cambrure souple du dos, les épaules basses et le menton redressé témoignent d'exercices quotidiens intenses et également d'une fine observation anatomique de la part d'Edgar Degas. Différentes patines permettent de bien distinguer la tenue, du corps de la danseuse: la peau, les bas et les cheveux sont patinés de brun, le corsage est patiné de blanc crème, les lèvres et les chaussons sont patinés d'un brun rosé.

Edgar Degas a pris pour modèle Marie Van Goethem (née en 1865) dans une humble famille du IXe arrondissement de Paris. La mère blanchisseuse est seule pour s'occuper de ses trois filles qu'elle place à l'Opéra de Paris. Marie devient, contre rémunération, un modèle de Degas en 1879 à l'âge de quatorze ans. Elle pose pour des dessins préparatoires de sculptures ou de toiles (La Classe de ballet 1880). En 1881, elle est engagée dans le corps de ballet puis renvoyée en 1882 pour indiscipline.

Lors de la sixième exposition impressionniste, en 1881, la Petite danseuse stupéfait le public. Les critiques dénoncent l'effronterie et la laideur de la représentation. L'ajout d'accessoires révèle une volonté de réalisme de la part de l'artiste, plus qu'une volonté de choquer.

Petite danseuse de quatorze ans
ou grande danseuse habillée
Bronze avec patine, tulle, satin, bois socle
98 cm * 35,2 cm * 24,5 cm
Musée d'Orsay

jeudi 21 mai 2015

La Promenade dans le port, Le Pouliguen 1908



dimanche 10 mai 2015

Héloïse, ouille de Jean Teulé


Héloïse, ouille est un ouvrage de Jean Teulé publié aux éditions Julliard en mars 2015.



Les récents ouvrages érotiques à succès (Cinquante nuances de Grey, Beautiful Bastard, ...) auraient-ils influencé la plume de Jean Teulé?
Variant de l'érotisme au sexe brut, les mots sont efficaces, percutants. Chacun appréciera cet ouvrage selon son ouverture d'esprit mais il est fort à parier que les critiques seront nombreuses.
Il n'est pas opportun de reporter des extraits 'piquants' qui pourraient paraître racoleurs et inadaptés à ce blog.

Si le Très sage Héloïse de Jeanne Bourin présentait une femme soumise et naïve, cette version de Jean Teulé est autrement plus rock'n'roll.
Héloïse, féministe avant l'heure, recherche le plaisir des sens auprès de multiples conquêtes, enfante en dehors du mariage et n'hésite pas à reprocher à Pierre Abelard son indifférence les vingt dernières années ("Évalue l'étendue de ton ingratitude").
Sa seule soumission, son entrée dans les ordres, Héloïse ne l'accepte que par cet amour ineffable envers Pierre Abélard.

L'ouvrage, porté par l'humour habituel de Jean Teulé, est aussi l'occasion de plonger dans l'obscurantisme du Moyen-Age: "Le raisonnement par la logique est une usurpation de l'autorité divine et donc un blasphème!" ou encore "Les Bretons ont la réputation d'être sauvages."

Seule remarque à charge, la plume de Jean Teulé est parfois trop ordinaire: "Allez, on y croit","mal fichu", "Ce n'est pas gagné", ... Dommage!







Titre: Héloïse, ouille
Auteur: Jean teulé
Editeur : Julliard
Date de parution: 5 mars 2015
ISBN: 978-2260022107

lundi 4 mai 2015

Les copains d'abord de Georges Brassens



Non, ce n'était pas le radeau
De la Méduse, ce bateau,
Qu'on se le dise au fond des ports,
Dise au fond des ports,
Il naviguait en père peinard
Sur la grand mare des canards,
Et s'appelait les Copains d'abord
Les Copains d'abord.

Ce fluctuat nec mergitur *
C'était pas d'la litterature,
N'en déplaise aux jeteurs de sort,
Aux jeteurs de sort,
Son capitaine et ses mat'lots
N'étaient pas des enfants d'salauds,
Mais des amis franco de port,
Des copains d'abord.

C'étaient pas des amis de luxe,
Des petits Castor et Pollux,
Des gens de Sodome et Gomorrhe,
Sodome et Gomorrhe,
C'étaient pas des amis choisis
Par Montaigne et La Boetie,
Sur le ventre ils se tapaient fort,
Les copains d'abord.

C'étaient pas des anges non plus,
L'Evangile, ils l'avaient pas lu,
Mais ils s'aimaient toutes voiles dehors,
Toutes voiles dehors,

Jean, Pierre, Paul et compagnie,
C'était leur seule litanie
Leur Credo, leur Confitéor,
Aux copains d'abord.

Au moindre coup de Trafalgar,
C'est l'amitié qui prenait l'quart,
C'est elle qui leur montrait le nord,
Leur montrait le nord.
Et quand ils étaient en détresse,
Qu'leur bras lancaient des S.O.S.,
On aurait dit des sémaphores,
Les copains d'abord.

Au rendez-vous des bons copains,
Y'avait pas souvent de lapins,
Quand l'un d'entre eux manquait a bord,
C'est qu'il était mort.
Oui, mais jamais, au grand jamais,
Son trou dans l'eau n'se refermait,
Cent ans après, coquin de sort !
Il manquait encor.

Des bateaux j'en ai pris beaucoup,
Mais le seul qui ait tenu le coup,
Qui n'ai jamais viré de bord,
Mais viré de bord,
Naviguait en père peinard
Sur la grand mare des canards,
Et s'app'lait les Copains d'abord
Les Copains d'abord.

* Fluctuat nec mergitur est une locution latine qui signifie "Il flotte mais il ne sombre pas", c'est la devise de Paris.