samedi 5 janvier 2019

Exposé Tamara de Lempicka

Écrit par EliasMJ : 


TAMARA DANS LA BUGATTI VERTE (1929)

BIOGRAPHIE

Tamara de Lempicka est née le 16 mai 1898 à Varsovie en Pologne et décédée le 18 mars 1980 à Cuernavaca au Mexique.
Elle est une peintre polonaise du mouvement Art déco.
Elle grandit dans un milieu aisé entre la Russie, la Pologne et la Suisse.
En 1914, elle s'inscrit à l'Académie des Beaux-Arts à Paris. Elle épouse en 1916 Tadeusz Lempicki, un avocat polonais.
Elle quitte la Russie pour Paris en octobre 1917 lors de la révolution russe.
Tamara de Lempicka commence alors une carrière de peintre.
A l'académie Ranson et à l'académie de la Grande Chaumière, elle crée son propre style dans le courant Art déco.
Sa carrière démarre lors de sa première exposition à Milan en 1925.
Impliquée dans la vie artistique et mondaine parisienne, elle rencontre des industriels et l'aristocratie européenne.
En 1928, elle s'installe dans le 14e arrondissement de Paris puis en 1929, elle part aux USA pour exécuter la commande d'un riche industriel et s'y installe définitivement. Elle se remarie en 1933 aux États-Unis.

PRÉSENTATION DE L’ENSEMBLE DE L’ŒUVRE ET DE SON CONTEXTE

Son œuvre est définie par les spécialistes comme néo-cubiste et dans le courant Art Déco.
Ses tableaux sont principalement des portraits avec des couleurs vives sur des fonds sombres. Son œuvre est relativement réduite avec uniquement 150 tableaux. En effet, son parcours artistique a été troublé par son divorce et l’instabilité politique (révolution russe, première et seconde guerre mondiale).
Dans l’œuvre de Tamara de Lempicka, les formes des femmes sont souvent généreuses.

Après la seconde guerre mondiale, son œuvre est oubliée jusque dans les années 1970.
La chanteuse Madonna a rendu hommage à Tamara de Lempicka à deux reprises : dans son clip Vogue (1990) et dans son clip Open Your Heart (1986). Elle y fait apparaître des toiles de la peintre.

ANALYSE DE AUTOPORTRAIT

1)      CONTEXTE DE L’AUTOPORTRAIT

En 1978, le New York Times nommait Tamara de Lempicka la "divinité aux yeux d'acier de l'air automobile". Son plus célèbre tableau, un autoportrait intitulé "Tamara dans la Bugatti verte" démontrait les rapports entre la peintre et les mécaniques. 
Elle roulait cependant dans une petite Renault jaune vif.
Habituellement dans la publicité, la femme était présentée comme un objet et l'automobile était l'expression du pouvoir de l’homme.
Cet autoportrait a fait basculer les codes. Mais ici l'automobile était un moyen pour Tamara de Lempicka pour accéder à la liberté. Elle pouvait dominer la machine, lui imposer sa volonté donc la conduire.

Il n'était pas rare qu'une femme lui dise : "vous avez l'air si merveilleuse en voiture que j'aimerais faire votre connaissance".
C'est notamment dans ce contexte qu'elle avait rencontré la directrice du journal de mode allemand Die Dame qui lui avait commandé cet autoportrait pour orner une couverture de son magazine. L'œuvre fut immédiatement connue et saluée comme un témoignage de l'image de la femme moderne.

À Hollywood l'autoportrait fit l'affiche d'une pièce de théâtre.
Le magazine " L'art et l'automobile" reprit cet autoportrait en 1973 en affirmant : "Elle porte des gants et un casque. Elle est inaccessible : beauté froide et troublante derrière laquelle on devine un être formidable - cette femme est libre !"
Dans un ouvrage récent, Tatiana de Rosnay écrit d'elle en la tutoyant: "cette image d'une femme libre et puissante au volant d'un bolide, féminine, élégante et maîtresse de son destin, te propulse encore plus haut".

2)      COMMENTAIRE DE L’AUTOPORTRAIT

Le tableau présente deux grandes parties : la moitié supérieure de couleur dominante grise et la partie inférieure de couleur dominante verte. La sobriété des tons gris utilisés pour la représenter est en contraste avec cette couleur verte extrêmement forte. L'œuvre présente plutôt des couleurs froides: gris, vert. Les deux autres couleurs chaudes sont les gants beiges et le visage couleur chair.

L'artiste porte un casque et des gants qui accentuent son allure sportive. Ce côté sportif est rehaussé par le choix d'une voiture décapotable. Les vêtements et le casque sont gris ce qui permet de laisser ressortir le maquillage de son visage.
Le spectateur ressent le contraste de ce visage maquillé très féminin et cependant d'une grande froideur. Cette froideur est accentuée par ses yeux gris.
Le casque laisse apparaître deux mèches de cheveux blonds. 
L'étole qui lui couvre le cou largement, permet de cacher son physique. 

Au final, elle ne livre dans cette œuvre que les traits de son visage.
La poignée de la portière est située à l'avant ce qui permettait à l'époque d'ouvrir la portière vers l'arrière.
Les jeux de lumière font ressortir le visage de Tamara de Lempicka.
Le tableau présente une vue de nuit et est éclairé par la gauche du modèle par une lumière forte qui pourrait être les phares d'une autre voiture ou un éclairage en ville.
L'ombre portée du visage est bizarrement droite.

Autoportrait (Tamara dans la Bugatti verte)
1929
Huile sur bois, 35 x 27 cm
Collection privée


CONCLUSION

Cette œuvre féministe s’intègre totalement dans l’actualité des mouvements féministes qui demandent encore aujourd’hui la liberté des femmes. Cet autoportrait était exceptionnel pour l’époque car en 1929, la liberté des femmes était limitée, elles n’avaient même pas le droit de vote en France.
Tamara de Lempicka nous donne donc l’image d’une femme extraordinaire pour son époque et précurseur dans son mode de vie.

EliasMJ

samedi 8 décembre 2018

Lumières de Guerande




samedi 27 octobre 2018

Moulin de la falaise à Batz



samedi 14 janvier 2017

La légende de l'âne et du puits

Un jour, l'âne d'un fermier tombe dans un puits. L'animal gémit pitoyablement pendant des heures et le fermier ne sait que faire.
Finalement, au regard de l’âge avancé de l'animal et de l’état du puits, le fermier décide d’inviter ses voisins à venir l'aider à condamner le puits. Tous commencent alors à lancer des pelletées au fond du puits. Réalisant ce qui se produit, l’âne se met à crier terriblement. Puis, à la stupéfaction de chacun, il se tait.
Quelques pelletées plus tard, le fermier regarde dans le fond du puits et est étonné de ce qu'il a voit : à chaque pelletée de terre qui tombe sur lui l'âne se secoue pour enlever la terre de son dos et monte dessus.
Bientôt, chacun est stupéfié de voir l'âne sortir du puits et trotter.

dimanche 31 mai 2015

Ecole du Breuil - Bois de Vincennes
























lundi 25 mai 2015

Check-Point de Jean-Christophe Rufin

Check-Point est un roman de Jean-Christophe Rufin publié aux éditions Gallimard en avril 2015.



A la lecture de cet ouvrage, j'ai souvent fait un rapprochement avec Le Salaire de la peur de Henri-Georges Clouzot et sorti en salles en 1953: le convoi de deux camions, le "huis clos roulant" que mentionne l'auteur, les conditions géographiques difficiles, le transport de matières dangereuses, les conflits entre les protagonistes, ...

Check-Point se déroule toutefois dans un environnement plus récent, le conflit serbo-croate.

Jean-Christophe Rufin excelle dans l'art de décrire les sentiments de ses personnages comme les paysages de montagne.

Les thèmes de Check-Point sont variés et l'on retrouve entre autres:
- l'amour, la déception amoureuse:
"C'était la première fois, sans doute, que Maud observait l'amour d'aussi près, un amour qui faisait prendre des risques, traverser les mondes, oublier sa propre personne. C'était à cet amour-là qu'elle avait cru longtemps. Elle avait fini par penser qu'il n'existait pas."
- les associations humanitaires et leurs bénévoles:
"Elle détestait l'injustice du monde mais n'en voulait à personne en particulier. L'humanitaire lui avait donné le moyen de répondre à cette indignation diffuse. Ce n'était pas satisfaisant et elle avait été peu à peu conduite à s'engager plus directement, à renier le sacro-saint principe de neutralité."
- l'enfance parfois difficile qui bouleverse la vie adulte:
"Les tatouages redoutables, les gros muscles, l'air farouche de Marc n'étaient que la panoplie dérisoire dont s'était revêtu un enfant seul et vulnérable, pour se protéger."

Le conflit serbo-croate est un décor et l'auteur y fait assez peu référence, ce qui est plutôt un soulagement, pour ma part. J'espérais, bien entendu, une lecture aussi belle que l'Abyssin ou Immortelle Randonnée mais il n'y a aucune déception avec des passages aussi beaux que:
"Il se pencha vers elle et l'embrassa. Ses lèvres s'irritèrent contre la barbe rugueuse qui entourait sa bouche. C'était une petite douleur qu'elle aimait et qui, un instant, lui fit oublier les autres. Elle s'en voulait d'avoir les yeux pleins de larmes."

Titre: Check-Point
Auteur: Jean-Christophe Rufin
Editeur : Gallimard
Date de parution: 10 avril 2015
Collection : Blanche
ISBN: 978-2070146413

samedi 23 mai 2015

La Petite Danseuse de quatorze ans d'Edgar Degas

La Petite Danseuse de quatorze ans est une sculpture d'Edgar Degas réalisée en cire entre 1875 et 1881 et présentée en 1881 lors de la sixième exposition impressionniste.

Petite danseuse de quatorze ans
ou grande danseuse habillée

Bronze avec patine, tulle, satin, bois socle
98 cm * 35,2 cm * 24,5 cm
Musée d'Orsay


La sculpture qui se trouve au musée d'Orsay est en bronze. Elle n'a jamais été vue par Edgar Degas qui avait accessoirisé son original en cire (jupon en tarlatane, ruban de soie vert, corsage ajouré, bas, ballerines en satin, tour de cou et perruque). Après sa mort, en 1917, ses héritiers ont décidé de faire tirer en bronze les cires sculptées créées par l'artiste. La Petite danseuse était en mauvais état, les bras presque détachés du buste. La sculpture en cire est conservée à la National Gallery of Art de Washington.

Si la taille de la sculpture est très inférieure à la taille habituelle des fillettes de quatorze ans, la statue est assez grande par rapport aux oeuvres de l'époque. On notera dans la salle adjacente du musée, différentes statues préparatoires de très petite taille.
La tenue de la fillette est celle des petits rats de l'Opéra de Paris: jupon en tulle, corsage bustier, ruban de satin dans la chevelure, bas sur les jambes, ballerines. Edgar Degas admire le travail et la discipline de ce corps de métier qu'il représente également en peinture (L'Orchestre de l'Opéra et L'Etoile).

La position des jambes correspond à la quatrième position de danse classique.
Les pointes de pied sont fortement orientées vers l'extérieur pour travailler la souplesse du bassin, des hanches et des cuisses. La silhouette de la fillette semble déformée par les exercices quotidiens.
Les bras sont au repos, dans le dos. La tête est relevée mais la jeune fille semble rêver, ses yeux mi-clos. Au delà de la position des pieds, la cambrure souple du dos, les épaules basses et le menton redressé témoignent d'exercices quotidiens intenses et également d'une fine observation anatomique de la part d'Edgar Degas. Différentes patines permettent de bien distinguer la tenue, du corps de la danseuse: la peau, les bas et les cheveux sont patinés de brun, le corsage est patiné de blanc crème, les lèvres et les chaussons sont patinés d'un brun rosé.

Edgar Degas a pris pour modèle Marie Van Goethem (née en 1865) dans une humble famille du IXe arrondissement de Paris. La mère blanchisseuse est seule pour s'occuper de ses trois filles qu'elle place à l'Opéra de Paris. Marie devient, contre rémunération, un modèle de Degas en 1879 à l'âge de quatorze ans. Elle pose pour des dessins préparatoires de sculptures ou de toiles (La Classe de ballet 1880). En 1881, elle est engagée dans le corps de ballet puis renvoyée en 1882 pour indiscipline.

Lors de la sixième exposition impressionniste, en 1881, la Petite danseuse stupéfait le public. Les critiques dénoncent l'effronterie et la laideur de la représentation. L'ajout d'accessoires révèle une volonté de réalisme de la part de l'artiste, plus qu'une volonté de choquer.

Petite danseuse de quatorze ans
ou grande danseuse habillée
Bronze avec patine, tulle, satin, bois socle
98 cm * 35,2 cm * 24,5 cm
Musée d'Orsay

jeudi 21 mai 2015

La Promenade dans le port, Le Pouliguen 1908