mardi 27 décembre 2011

John Law à Paris

John Law (1671 Édimbourg, 1729 Venise) est un banquier et économiste écossais. Ses qualités de joueur compulsif et de criminel (dans le cadre d’un duel, toutefois) l’obligent à s’enfuir en Hollande en 1694.

La Hollande est alors un pays pionnier.
C’est là que sont créés pour la première fois une loterie nationale, une banque centrale nationale et une entreprise. En effet, l’année 1602 voit la création de la United Dutch East India Company, un monopole de commerce d'épices dont le périmètre s'étend du Cap de Bonne Espérance jusqu'au détroit de Magellan.
Les citoyens hollandais sont invités à prendre des parts de cette compagnie. Trois ans après, ceux qui souhaitent récupérer leurs parts sont invités à les revendre à d'autres épargnants car le remboursement est impossible. Ainsi fut créée la bourse des valeurs.

John Law analyse le système hollandais et envisage de reproduire ce système dans un autre pays...
Il arrive à Paris en 1715. A cette époque, la France est submergée par les dettes liées aux guerres de Louis XIV. Le duc d'Orléans, régent de Louis XV, accepte de suivre les théories de John Law pour traiter le problème de la dette.

Le système de John Law est basé sur trois principes :
- La création de la Banque générale pour l’émission de papier-monnaie contre de l’or
- La possibilité pour le roi de faire imprimer autant de papier-monnaie qu’il le souhaite
- La souscription par la population de parts de la Banque générale, comblant ainsi les dettes de l’État.

En 1717, John Law crée la Compagnie d'Occident, monopole d’État et reçoit du régent des parts de la Compagnie du Mississippi. Les français, confiants, se pressent rue de Quincampoix, bastion de John Law pour acheter des parts de la Compagnie du Mississipi. Le prix des parts ne cesse de grimper.

En 1718, la Banque générale devient Banque Royale et en 1719, la Compagnie d'Occident devient la Compagnie perpétuelle des Indes. En 1720, la Banque royale et la Compagnie perpétuelle des Indes fusionnent.
John Law est alors nommé Contrôleur général des finances puis surintendant général des Finances.

John  Law


Il est alors à la tête d’une immense fortune : le palais Mazarin (Bibliothèque nationale rue de Richelieu), un tiers des bâtiments de la place Vendôme, une douzaine de riches propriétés en province, des plantations en Louisiane, des parts de la Compagnie du Mississipi, …

Le système pyramidal n’étant basé que sur la confiance des épargnants (chaîne de Ponzi dans le documentaire), le prix des parts chute lorsqu’on apprend que les quelques colons allemands partis s’installer en Louisiane sont morts de faim et de maladies dans les nombreux marécages de la colonie française. La Louisiane n’est pas un nouvel Eldorado! Les parisiens attaquent violemment le palais Mazarin pour récupérer leurs deniers. John Law s’enfuit à Venise où il passe le reste de sa vie à jouer à des jeux d'argent et à écrire des lettres dans lesquelles il tente de se justifier.

Cet épisode marque donc le premier krach boursier de l’Histoire. Il permit, pour un temps, de régler la dette de la France en appauvrissant, toutefois, la population.

The ascent of money est un documentaire de référence de Niall Ferguson qui nous raconte l'histoire de la finance internationale.
L'épisode ci-dessous traite en particulier de l'influence de John Law dans l'économie française:


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