mercredi 14 novembre 2012

L’extraordinaire histoire de Fatima Mansour de Joanne et Gerry Dryansky


L’extraordinaire histoire de Fatima Mansour est un roman de Joanne et Gerry Dryansky publié le 15 janvier 2009 aux éditions Héloïse d'Ormesson.


L’extraordinaire histoire de Fatima Mansour nous raconte les aventures de Fatima, une tunisienne qui, suite à un drame, se retrouve dans le XVIe arrondissement parisien, en tant que domestique d’une étonnante comtesse Merveil du Roc.
Malgré une vie ponctuée d’échecs et de drames, Fatima conserve des valeurs de générosité, de sagesse, d’optimisme et d’humilité, qui vont lui permettre de reconstruire sa vie.
Au-delà de l’histoire qui est suffisamment invraisemblable pour être la base d’un bon film hollywoodien, les portraits caricaturaux des personnages de différentes origines et classes sociales, sont teintés d’humour : 
« Ces gens, qui ne comprenaient rien à l’argent, aimaient se rassurer par de petites économies minables […]. Elle ouvrait son courrier à la vapeur pour pouvoir retourner les enveloppes et s’en resservir. ». 
L’ouvrage est donc divertissant.
Cependant la multitude de personnages engendre de la confusion et un intérêt plutôt réduit pour le lecteur. En particulier, les clients du café Jean Valjean, que les auteurs présentent comme un microcosme et un refuge de la vie parisienne stressante, ne jouent parfois aucun rôle dans le déroulement de l’histoire.
On notera que même les auteurs se noient dans leur confusion en attribuant une origine portugaise aux sœurs Maria Luisa et Imelda, puis une origine philippine.
Les thèmes de L’extraordinaire histoire de Fatima Mansour sont variés :
- Le déracinement et la nostalgie du pays d’origine : Fatima conserve de l’halva pour les coups durs, elle fait rapatrier le corps de sa sœur à Djerba.
- Les relations familiales : lien entre les sœurs Rachida et Fatima, conflit entre la comtesse et sa fille, Fatima a été répudiée par son mari, la fille d’Hippolyte est élevée par sa grand-mère, sa mère ayant disparu, …
- L’amitié : c’est un imposant réseau amical que se tisse Fatima tant à Djerba qu’à Paris
- Les clivages sociaux : les domestiques ne peuvent emprunter l’ascenseur et vivent parfois dans des conditions difficiles
- Le racisme et le dédain d’autrui: « si l’autre n’avait pas triché, comme il savait qu’elle le faisait toujours, l’arrogante, si elle n’avait pas été plantée là à attendre l’ascenseur, elle n’aurait pas eu l’accident. » L’ « autre » a ici un caractère péjoratif.
- Les nombreux clichés : les personnes aisées sont radines, la vie est forcément meilleure à Paris, Fatima porte une djellaba, …
L’ouvrage se déroule en grande partie à Paris et c’est une ville maussade que l’on découvre dans le prologue :
« C’était le 17 août et depuis plusieurs jours il pleuvait sur Paris. Comme en plein hiver, la tour Eiffel était amputée au-dessus des reins par le brouillard. La Seine en crue léchait les bottes du Zouave de pierre sous le pont de l’Alma et recouvrait les passerelles des péniches soulevées par le flot. Dans la ville embrumée, où l’odeur des feux de bois allumés dans les salons aux fenêtres jaunes imprégnait les rues, seuls les pavés luisaient. »

Le lecteur découvre ensuite un Paris angoissant (voir l’incipit du premier chapitre):
« Lorsque le train de l'aéroport l'eut déposée à la gare du Nord, Fatima se retrouva dans un labyrinthe angoissant. Des tunnels partaient dans toutes les directions. Les gens passaient vite, lançant parfois des regards désobligeants sur sa djellaba orangée et son mince bagage nord-africain en plastique avant de s'engouffrer dans des escaliers. Ils savaient tous où ils allaient. Ce métro, ce royaume souterrain, faisait partie de leur vie, tandis qu'elle était aussi étrangère et perdue que si elle eût échoué sur une côte sauvage. »


Et au fil des rencontres de Fatima et d'Hippolyte Suget, c’est la ville et sa culture qui transparaît:
« Ils étaient devant la statue de Jean de la Fontaine, à la lisière des jardins du Ranelagh. […] Suget contempla le personnage de bronze en costume du XVIIe siècle, avec, à ses pieds, le corbeau et le renard bien connus. Les fables écrites par ce vieil écrivain malicieux l’avaient à jamais rendu cher à tous les écoliers de France. Ainsi qu’à tous les adultes instruits, qui prenaient plaisir à décoder dans ce bestiaire les personnages de la cour de Louis XIV. »
Titre : L’extraordinaire histoire de Fatima Mansour
Auteurs : Joanne et Gerry Dryansky
Édition : Héloïse d’Ormesson
Date de parution : 15 janvier 2009.

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